Monsieur Rudy DEMOTTE,
Ministère des Affaires Sociales et de la Santé Publique

     La réglementation de la psychothérapie est inscrite dans vos projets prioritaires. Nous nous réjouissons de votre initiative qui devrait permettre, dans l'intérêt du public et des usagers, de définir les conditions d'accès et d'exercice de cette activité professionnelle.

     Depuis sa fondation en 1973, notre Association est soucieuse d'une formation scientifique et clinique rigoureuse de ses membres aux thérapies cognitivo-comportementales. Celle-ci est réservée aux détenteurs d'un titre de licencié en psychologie et de docteur en médecine. Elle est assumée principalement par des institutions universitaires (notamment dans le cadre du 3ème cycle en Intervention Clinique de l'UCL).

     Récemment, notre Conseil d'Administration a précisé ses positions sur la définition de la psychothérapie et sur les critères de formation (cfr annexe). Il estime qu'une formation préalable de niveau universitaire en psychopathologie est incontournable. Il considère qu'une formation professionnelle, rigoureuse, transparente et contrôlable doit être assumée (partiellement ou totalement) par des institutions publiques reconnues. Ces choix ne relèvent pas de considérations théoriques, épistémologiques ou métapsychologiques sur la psychothérapie. Ils répondent à l'exigence de fixer des critères minimaux de connaissance et de compétence dans l'intérêt exclusif des bénéficiaires / clients / patients. Enfin, le Conseil constate que les évolutions scientifiques contemporaines justifient amplement l'inscription de la psychothérapie parmi les professions de santé au sein du chapitre 1 de l'arrêté royal n° 78 du 10 novembre 1967.

     Le Conseil d'Administration attend que le législateur exerce pleinement son rôle de contrôle et de régulation sur les conditions de formation, d'agrément et d'exercice de la psychothérapie. Il s'inquiète de certaines revendications visant à privatiser la formation en la confiant exclusivement à des groupes ou à des associations professionnelles. Les bénéficiaires / clients / patients en assumeraient les conséquences au niveau du coût ou de la qualité du service. Nous ne doutons pas, Monsieur le Ministre, que vos projets législatifs seront sensibles aux facteurs socio-économiques inhérents à toute offre de service en matière de santé. La psychothérapie n'y échappe pas même si certains les scotomisent ou les diluent dans des discours «théoriques».

     Nous sommes à votre disposition pour vous expliciter nos positions et pour apporter notre contribution à la réglementation légale de la psychothérapie.

     En vous remerciant pour l'attention et la suite que vous voudrez bien accorder à notre demande, nous vous prions d'agréer, Monsieur le Ministre, l'assurance de nos sentiments de haute considération.

 

Lettre au Ministre