
Service de Politologie Générale
Maîtrise en Relations Politiques Internationales
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Avec la prise du pouvoir par le Général A. Pinochet en
septembre 1973 au Chili, des dictatures d'un type nouveau se sont instaurées
en Amérique Latine, avec le soutien direct des Etats-Unis. C'est aussi le
cas, par exemple, des dictatures argentine (mars 1976-octobre 1983) et uruguayenne
(1976-1985).
Durant la période 1970-1985, presque la totalité des Etats d'Amérique
Latine sont gouvernés par des dictatures sanglantes : persécution,
torture, arrestations arbitraires, disparitions forcées sont devenues une
réalité quotidienne.
Le personnalisme du “Caudillo” se trouve remplacé par une bureaucratie composée
de militaires, de technocrates et des fractions les plus modernes des bourgeoisies
locales, liée étroitement au capital transnational. Près de
90 000 prisonniers politiques portés disparus — dont 30 000
seulement au Guatemala — sont le solde tragique de cette période.
L'institution militaire cesse de rester confinée au rôle d'arbitre des
conflits qui surgissent entre les diverses fractions ou à la mission de défendre
le territoire contre l'agression extérieure. Les forces armées prennent
en main l'ensemble de l'appareil de l'Etat qu'elles s'efforcent de mouler à
leur image : l'institution militaire arrive au pouvoir et des valeurs militaires
se substituent aux principes civils d'organisation de la société.
Les nouvelles normes qui président à cette structuration ont été
codifiées dans une doctrine : la “doctrine de la sécurité
nationale”, une doctrine de guerre qui a pour premier effet d'identifier le camp
des amis et le camp des ennemis, élaborant vis-à-vis des uns et des
autres des modes d'approche stratégiques.
Cette doctrine fonde le nouvel état, l'État militaire, et consacre
les changements intervenus dans le rapport que les forces armées entretiennent
avec le reste de la société.
Brésil: le précurseur
Pour être tout à
fait exact, il faut dire qu'une dictature latinoaméricaine a joué un
rôle précurseur dans l'application de la doctrine de la sécurité
nationale.
Joao GOULART devient président du Brésil en octobre 1961. Il entreprend
une politique de tendance progressiste et annonce un projet de réforme agraire
en mars 1964. Un soulèvement militaire renverse GOULART en avril de cette
année. Une série de gouvernements dictatoriaux se succèdent
de 1964 à 1985. Le soutien des Etats-Unis est direct, et s'exprime sur le
plan économique et celui de l'assistance militaire. Devenu une sous-puissance
continentale, le Brésil est considéré par les USA comme leur
principal allié dans la région. Il est aussi un lieu d'expérimentation
des politiques du FMI.
Dans un rapport secret contenant des propositions de politique inter-américaine
pour la future administration REAGAN, le “Comité de Santa-Fé” a proposé
pour les années 80 que “Les Etats-Unis doivent s'abstenir de tout commentaire
public sur les droits de l'homme au Brésil”.
Et NIXON déclarait en 1972 : “Jusqu'où s'inclinera le Brésil
ira le reste du continent”.
Si l'institution militaire brésilienne a pu pousser aussi loin la militarisation
c'est qu'elle a su adapter dès le départ ce qui restait de son “intérêt
national” aux nouvelles exigences des multinationales.
Mais les brésiliens exporteront aussi leur savoir-faire en matière
de dictatures militaires, répression, torture, ainsi qu’en matière
idéologique.
“Geopolítica do Brasil”.— Celui
qui a le plus contribué à l'élaboration de cette “doctrine de
la sécurité nationale” est sans nul doute le Général
Golbery do COUTO e SILVA, fondateur du service national de renseignements du Brésil.
Dès les premières pages de son traité de géopolitique :
Geopolítica do Brasil, publié en 1967 à Río de Janeiro,
mais conçu sous forme d'articles dès la fin des années 50, il
précise la nouvelle notion de la guerre : “guerre totale”.
“De strictement militaire, la guerre est devenue une guerre totale, une guerre tout
autant économique, financière, politique, psychologique et scientifique,
qu'une guerre d'armée, de flotte, d'aviation ; de la guerre totale à
la guerre globale et de la guerre globale à la guerre indivisible et pourquoi
ne pas le reconnaître, à la guerre permanente”.
Cette guerre est totale parce qu'elle concerne “les hommes de toutes latitudes, de
tous âges, de toutes professions et de toutes croyances”. Parce qu'elle efface
la vieille distinction entre civil et militaire : dans ce champs de bataille
que devient la société, tout individu se trouve dans un des deux camps
en présence.
Les armes sont de toute nature :
politiques, économiques, psychosociales, militaires.
Pour sa part, le Maréchal
CASTELLO BRANCO avance le concept d'agression intérieure.
“Le concept traditionnel de défense nationale met l'accent sur les aspects
militaires de la sécurité et, par conséquent, insiste sur les
problèmes d'agression extérieure. La notion de sécurité
nationale est plus totalisante. Elle comprend la défense globale des institutions,
considère les aspects psycho-sociaux, la préservation du développement
et de la stabilité politique interne... Beaucoup plus explicite que celui
de défense, le concept de sécurité tient compte de l'agression
intérieure, matérialisée dans l'infiltration et la subversion
idéologique, et aussi dans les mouvements de guerrilla...”. Apparaît
ainsi le concept d'“ennemi intérieur”.
Dépendance
La colonisation de tous les
secteurs de la société par cette politique finit par établir
une équivalence entre les notions de développement et de sécurité.
Mais cette équivalence s'inscrit dans le cadre d'une conception géopolitique
néocoloniale bien précise, que redéfinit le concept de souveraineté
nationale en le situant dans le jeu d'alliances nécessaires et naturelles,
comme celle, par exemple, fondamentale, qui lie ces pays aux Etats-Unis. La notion
d'inter-dépendance vient ainsi pondérer la rhétorique nationaliste.
Coût social
L'abandon de la notion d'indépendance
nationale n'est pas le seul sacrifice requis pour vaincre l'ennemi. Les Etats militaires
du cône sud ont consacré l'expression de “coût social” et en ont
imposé la nécessité.
Permanence de l'État d'exception
Cette doctrine qui préside
l'éclatement de l'Etat démocratique et républicain renversant
l'équilibre des pouvoirs établis par la constitution, s'exprime dans
la réalité par l'hégémonie qui prend l'appareil militaro-policier
dans l'ensemble de l'appareil d'Etat. Le pouvoir exécutif passe aux mains
d'un Conseil de sécurité nationale dont dépendent directement
les services de renseignements, ces polices politiques qui ne répondent qu'au
chef de l'Etat. Le pouvoir législatif est aux mains d'une junte militaire
et le pouvoir judiciaire ne peut plus se saisir que dans des cas sans importance,
puisque les juridictions d'exception veillent sur l'ordre de la sécurité
nationale. Cette législation supra-constitutionnelle, qui rend permanent l'état
d'exception, élimine ou contrôle les partis, la presse, les syndicats,
annule les droits sociaux, politiques et civils fondamentaux. Elle permet également
de réorganiser l'éducation.
Cet État tout-puissant se fonde sur l'idée que l'homme vit en guerre,
que l'agressivité destructrice est inhérente à l'être
humain. Erich FROMM a dédié l'un de ses ouvrages à rebattre
cette conception vulgaire de l'homme (Voir FROMM, Erich, La passion de détruire,
Editions Robert Laffont, 1975).
De l'armée prussienne
à l'École des Amériques
PINOCHET n'est pas uniquement
l'aboutissement des enseignements du Pentagone. Il suffit de parcourir le cours qu'il
dictait à l'Académie de guerre de Santiago et qui fut publié
par la suite sous forme de livre (Geopolítica) pour se persuader des influences
directes nazies.
Ce n'est qu'à la veille de la seconde guerre mondiale que les Etats-Unis s'approchèrent
de leurs voisins du Sud pour constituer un système multinational de défense.
Avant cette date, les forces armées US ne maintenaient des relations continues
qu'avec les marines du Brésil et du Pérou. La première mission
militaire sera installée en Colombie en 1938. La zone des Caraïbes et
du Canal de Panamá aura le triste privilège d'être intégrée
dès le début du siècle au système de défense de
la “métropole”. En l'absence des militaires nord-américains, se seront
leurs collègues européens qui assureront les missions d'entraînement
et de formation des officiers et soldats latino-américains.
Le Chili fut le premier pays de l'hémisphère (1890) à moderniser
et professionnaliser son armée en faisant appel aux services de l'armée
prussienne, et en particulier à ceux du héros de la guerre franco-prussienne,
Emil KORNER. Dans les mêmes années, l'Argentine, la Bolivie et l'Uruguay
firent de même ; ces deux derniers pays faisant appel aux services de
l'armée française.
Le rythme de ces missions connaîtra une recrudescence après la première
guerre mondiale. La France se trouvera au Pérou, au Guatemala et au Brésil ;
les Italiens de Mussolini formèrent l'armée de l'air du Vénézuela,
et les Allemands celles du Paraguay, de l'Equateur et de la Colombie. Les Chiliens
exporteront à leur tour l'idéologie et l'organisation de l'armée
prussienne, en devenant instructeurs au Nicaragua et au Salvador ; leur Académie
de guerre de Santiago, fondée par KORNER, ouvrira ses portes aux officiers
de tout le continent.
L'heure de la stratégie
La lutte contre les puissances
de l'axe remet en question ces alliances. La Seconde Guerre Mondiale consacre l'heure
de la stratégie.
Dès 1938, un Comité de liaison permanent est créé entre
la métropole des Etats-Unis et les républiques Latino-américaines.
Ses objectifs précis : éliminer les menaces de subversion nazie
dans l'hémisphère occidental, utiliser le potentiel militaire du sous-continent
à des fins défensives, utiliser les bases navales et aériennes
comme relais contre l'ennemi, permettre aux Etats-Unis un accès direct aux
matières premières nécessaires à la guerre et enfin,
veiller à la stabilité de chaque pays pour éviter qu'il ne devienne
terrain de subversion.
En 1941, des missions militaires sont installées dans toutes les capitales
latino-américaines où elles assurent la liaison permanente entre les
forces armées locales et celles des Etats-Unis, et la formation de certains
officiers. D'autre part, du matériel américain est envoyé dans
l'hémisphère sud.
En 1942 est fondé le premier maillon d'une structure inter-américaine
— la Junte Inter-Américaine de Défense. Elle est composée de
militaires de haut rang de chacune des vingt et une républiques d'Amérique.
Entre les années 1943 et 1945, les premiers militaires latino-américains
viennent suivre les cours de l'école établie dans la zone du canal
de Panamá. 423 élèves, venant de 11 pays, défileront
durant ces années.
Doctrine Truman et “maccarthysme”
A la fin du second conflit mondial,
la guerre froide renforce l'alliance permanente. Le maintien de la sécurité
de l'hémisphère devient une affaire de responsabilité partagée
face à la peur du communisme.
C'était la victoire du principe de l'“endiguement”. Deux lois votées
aux USA scelleront le pacte militaire Etats-Unis/Amérique Latine : La
Loi d'Aide réciproque pour la défense (1949) et celle de la sécurité
mutuelle (1951). C'est par ce biais, grâce à des accords bilatéraux,
qu'afflueront experts et matériel, et que pourront se familiariser avec une
armée “moderne” les officiers et sous-officiers latins.
Pour apprendre l'“american way
of war”
Les mécanismes de la
dépendance idéologique et matérielle s'affirment au fil des
années. Les organismes inter-américains découvriront des formules
de plus en plus souples pour intégrer les armées latino-américaines
à la défense du continent. En 1949 est établie dans la zone
du Canal de Panama l'école de Fort Gulick (“U.S. Army Carribbean School”)
qui à ses débuts forme surtout des militaires américains en
partance vers les territoires où sont engagés les USA. Pendant la première
année, cette école formera 743 nord-américains contre 95 latino-américains.
Quatre ans à peine après, la majorité des étudiants viennent
d'Amérique Latine et en 1956 toute l'instruction en langue anglaise est éliminée.
Ceci n'empêche pas que certains pays latino-américains installent à
demeure des centres d'études supérieures où commencent à
s'élaborer les rudiments d'une doctrine militaire apparemment autochtone.
L'Argentine crée en 1943 le “Centro de Altos Estudios del Ejército
Argentino” ; le Brésil “la Escuela Superior de guerra” en 1949, et le
Pérou, le “Centro de Altos Estudios Militares”, en 1950.
Cuba et “ennemi intérieur”
Le triomphe de la révolution
cubaine marque le début d'une autre étape qui aura pour principal objectif
de mettre sur pied un appareil militaire efficace contre un nouveau type d'ennemis
: les “ennemis intérieurs”.
Symbole de ce changement, la “U.S. Army Caribbean School” se métamorphose
en l'“U.S. Army School of Americas”. La pratique et la théorie de l'entraînement
changent, même si cette école continue à sensibiliser davantage
les élèves à l'anticommunisme qu'à la démocratie.
Entre 1950 et 1970, 54.000 militaires latino-américains ont été
formés dans des bases américaines. Et en 1987, ces bases étaient
une quarantaine rien qu’aux Caraïbes!
Plus de 7.000 soldats et officiers brésiliens ; 5.000 soldats et officiers
chiliens ; 6.000 soldats et officiers argentins, ont reçu une formation identique
et partagent la même définition de la stratégie, de la sécurité,
et de la guerre.
En plus, il existe en amazonie un centre d'entraînement de guerre dans la jungle
destiné aux officiers des pays voisins.
Défense inter-américaine,
guerre psychologique et guerre spéciale
Un nouvel élément
vient s'ajouter dans la filière du perfectionnement des officiers supérieurs.
En 1962, est créé à Washington le “Collège inter-américain
de défense”, sur le modèle de l'“U.S. war College” et du “Collège
de la défense de l'OTAN”. Le sous-directeur de cette institution est un membre
des forces armées latino-américaines.
Autour de ces écoles principales, des écoles périphériques,
non moins décisives dans la formation d'une mentalité militaire à
l'échelle du continent, telles ces écoles du Fort Bragg où fonctionnent
l'“Ecole de guerre psychologique” de l'Armée des Etats-Unis et le fameux “Centre
de guerre spéciale” où a été inauguré en 1962
le nouveau cours de contre-insurrection pour lequel le Pentagone avait expressément
autorisé l'usage de “matériel d'endoctrinement anticommuniste(1)”.
Conférence annuelle des armées
américaines
En 1960, on institue la Conférence
annuelle des Armées Américaines qui réunit les Etats-majors
latino-américains et les officiers du Pentagone et au cours de laquelle s'est
pour la première fois discutée la question du rôle de l'armée
dans la société contemporaine.
Les grandes manoeuvres conjointes, — du type de l'opération “Unitas” qui se
déroulait devant les côtes chiliennes le jour même du coup d'Etat
de Pinochet —, qui convoquent chaque année depuis 1960 la U.S. Navy et les
flottes latino-américaines, terminent cette séquence d'exposition aux
valeurs et aux enseignements de l'american way of war.
Et les polices...
Le temps venu, ces mêmes
normes qui ont présidé à la modernisation des armées
latino-américaines présideront également à celle des
polices et se traduiront par leur militarisation et leur embrigadement dans la lutte
contre “l'ennemi intérieur”.
Depuis 1962, l'“Office of Public Safety”, une division de l'“Agence internationale
de développement” (AID) et l'“Interamerican Police Academy”, fournissent aux
polices du Tiers Monde une assistance technique et leur parachutement des équipements
tels que radios, unités mobiles, ordinateurs. Sous l'égide des “Public
Safety Programs”, les Etats-Unis ont ainsi aidé à former de par le
monde plus d'un million de policiers.
Rien qu'au Brésil, plus de cent mille policiers sont passés par leurs
salles de classe, où la pratique de la torture fait autant partie de la théorie
de l'information que les dernières méthodes de contre-propagande.
Trois sources
D'après le père
J. COMBLIN, la “doctrine de la sécurité nationale” sur laquelle se
fondent les dictatures latinoaméricaines des années ’70 - ’80 résulte
de l'aboutissement de trois courants :
1) L’idéologie géopolitique du national socialisme. Ce n'est pas par
hasard que les oeuvres des généraux latino-américains portent
des titres similaires à ceux des oeuvres des théoriciens de l'expansion
nazie (Karl HAUSHOFER, Rudolph KJELLEN...).
2) L'idéologie de la contre-subversion élaborée par les secteurs
“durs” de l'armée française qui fut la première à s'affronter
à ce nouveau type de guerre — contre les ennemis “intérieurs” — en
Indochine et en Algérie.
3) L'idéologie de la sécurité nationale mise en oeuvre par le
Pentagone dès 1947. Dans leurs lignes fondamentales et dans leurs concepts
de base — sûreté intérieure, subversion, ennemi intérieur,
communisme international, péril pour la nation —, ces ordonnancements tirent
certainement leur inspiration de la législation anticommuniste des USA des
années du maccarthysme, mais aussi de l'expérience dans la “guerre
contre-insurrectionnelle” en l'Amérique Latine, après le triomphe de
la révolution cubaine, enrichie de l'expérience nord-américaine
au Vietnam (2).
Comme le dit très clairement
le “Comité de Santa Fé” dans son document secret sur la “Politique
inter-américaine des années '80” : «la politique des Etats-Unis
en Amérique Latine doit tenir compte de l'équivalence absolue entre
subversion interne et agression externe».
Drôle de modèle démocratique que les dictatures qui furent installées
et défendues par les USA en Amérique Latine. Drôle de manière
de “défendre le droit international et la démocratie” dans le monde
(3).
| (1) Un
exemple classique de “guerre psychologique” a été donné par
le général Pinochet et ses collabotateurs au moment du putch militaire
de 1973 au Chili. Afin de susciter le soutien des couches moyennes de la population,
ils ont diffusé la fausse information selon laquelle un plan secret, baptisé
le «Plan Z», avait été découvert
par les Services de renseignements de l'Armée. D'après ses concepteurs
militaires, à travers ce “plan” Allende et les communistes chiliens allaient
procéder à l’assassinat massif des principaux leaders de l’opposition
de droite et de centre, ainsi que de couches importantes de la population contraires
au Gouvernement de l’Unité Populaire. Ainsi, c’est de bonne foi qu’une frange non négligeable de la population a soutenu le coup d’Étant en croyant naïvement que, ce faisant, ils étaient en train de sauver leur vie. Et pourtant, confronté aux graves problèmes économiques créés par l'action de l'opposition de droite soutenue par le capital multinational, Allende venait de se rendre en Union Soviétique afin solliciter une aide financière. Il était, pourtant, rentré les "mais mains vides" au Chili: son gouvernement ne donnait pas assez de garanties aux dirigeants soviétiques. Mais ce n’est que plusieurs années plus tard que la vérité historique de cette mascarade put être établie aux yeux de l’opinion chilienne et internationale, au point qu'aujourd'hui, même le très pro-Pinochet Ministre des Affaires Étrangères du Gouvernement Frei s'est révolté devant la nouvelle utilisation de ce mensonge historique par les partisans de l'ex-dictateur, car il s'agit, bien sûr, de défendre Pinochet, mais il faut tout de même rester crédibles et échapper au ridicule. En effet, il est curieux de constater que durant l’arrestation de Pinochet à Londres, les partisans de l’ex-dictateur n’ont pas hésité à recourir, une fois de plus, à la tactique de la “guerre psychologique”. Dans une coûteuse campagne de nettoyage de l’image de Pinochet lancée depuis la capital même du Royaume-Uni, les “amis” de l’ex dictateur ont resorti à nouveau leur fameux «Plan Z». (À ce sujet, il est très instructif de consulter le site Web pro-Pinochet installé à Londres: http://www.reconcile-chile.co.uk/) . (2) Cf., COMBLIN, Joseph, Le pouvoir militaire en Amérique Latine - L’idéologie de la sécurité nationale, Ed. J.P. Delane, 1977). (3) Nous conseillons nos lecteurs de consulter l’article d’Armand MATTELART : «La sécurité nationale» in, La militarisation de l’État en Amérique Latine, Centre d’Information de l’Amérique Latine (CIAL), 1977. |
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