|
#Le Cameroun, données générales Les informations présentées ci-après ont été recueillies par Monsieur Innocent TAKOUGANG, Docteur en Sciences ayant effectué un Post-Doc au CWBI durant l'année 1999. Le travail effectué du 16 Mars au 15 Mai 1999 a concerné la partie sud du pays, où on rencontre les villes les plus importantes sur le plan démographique. Les villes concernées étaient Yaoundé, Douala et Bafoussam. Yaoundé est la capitale politique et siège des institutions de la République. Sa population actuelle est denviron 1.2 millions dhabitants. Douala représente le poumon économique du pays. Sa population est denviron 1.5 millions dhabitants. Bafoussam est une ville commerciale, métropole de la zone agricole de lOuest et ville carrefour reliant lOuest et le Nord Ouest du pays aux métropoles économiques et politiques. Elle compte environ 0.8 million dhabitants. Les décharges étudiées ont été celles de Ahala et Nkol-foulou à Yaoundé, Maképé à Douala et celle du Quartier Djeleng V à Bafoussam. Les résultats proviennent dobservations directes au niveau des décharges, denquête auprès des services rattachés à la décharge, et le remplissage des formulaires denquête. Nous tenons à exprimer notre gratitude aux personnes et départements ministériels qui nous ont aidé à réaliser ce travail. Nos remerciement vont particulièrement à Mr NDEMANOU Richard (MINEF-Cameroun), Mme TCHAPOYA (HYSACAM-Douala), Mr BESSALA (Consultant auprès de HYSACAM-Yaoundé), Mr. DJEUTCHEU Christian (HYSACAM-Yaoundé), Mr Richard BENTEGHAM (Ministère de la Santé Publique). Le Cameroun, données générales Le Cameroun est situé en Afrique Centrale, au fond du golfe de Guinée. Le pays sétend du 1°40 N au 13° 05 N de latitude et entre les longitudes 8°30 E et 16°10 E. Lextension du pays en latitude lui confère un climat varié. Ainsi, du climat équatorial humide à 2 saisons avec 2000 à 10 000mm de pluie par an dans la zone littorale à Douala, on arrive à une variante semi-désertique dans la partie septentrionale du pays avec une pluviométrie de 600 à 900 mm. Les intermédiaires sont observés dans lOuest du pays (dont Bafoussam), le plateau central et la zone de transition (dont Yaoundé). La diversité climatique influence le comportement des décharges et leur évolution sur le plan de la dynamique biologique et chimique. La population du Cameroun est évaluée à 13.2 millions dhabitants (1995), le taux de croissance annuelle étant de 2.8%(1990-1995). Environ 17% de la population a moins de 15 ans. Le taux durbanisation est de 44.9% et le taux dalphabétisation 63%. Les villes les plus importantes sont Yaoundé, Douala, Bafoussam et Garoua. Le produit intérieur brut (PIB) par habitant était de 1079 dollars en 1991, mais des signes de reprise de la croissance économique sont observés ces dernières années avec des taux dépassant 5%. Létat a défini et fixé les règles générales de gestion des ordures ménagères, de la salubrité, de lhygiène et de lenvironnement à travers divers structures gouvernementales et organisations non gouvernementales (ONG). Les structures étatiques impliquées dans la gestion des ordures ménagères sont : Le ministère de lAdministration Territoriale tuteur des municipalités ; Depuis la loi sur les libertés dassociations de Décembre 1990, le nombre dONG travaillant dans le domaine de la collecte, le traitement et le recyclage des ordures ménagères saccroît. A titre dexemple, on peut citer le Programme Social dUrgence (PSU) qui intervient dans lenlèvement des ordures ménagères et lassainissement. Certaines ONG sont impliquées dans la collecte, la récupération ou la transformation par compostage. A titre dexemple, on peut citer le Cercle International Pour la Protection de la CREation (CIPCRE) à Bafoussam, le FOCARFE et CASS à Yaoundé, les association de récupérateurs à Douala, les artisans récupérateurs, . Les transformations concernées restent cependant de petite échelle. Il faut toutefois mentionner le déficit de frontières nettes à lexercice des responsabilités des différents intervenants par des lois et textes particuliers. Les imprécisions notées sont source dincompréhension, de luttes dinfluence, de contre-performance dans la gestion des ordures ménagères. Le déficit de coordination de laction des différents intervenants, la multiplicité des centres de décision sont source de fuite de responsabilité, ou de lutte de compétence. Les méthodes de gestions actuelles nont pas une composante participation des populations. Celle-ci est liée à une information, sensibilisation et éducation insuffisantes au niveau des communautés. Les implications de la mal gestion des ordures sont dordre hygiénique, sanitaire et environnemental. Entre autres, on peut citer la pollution des eaux superficielles et souterraines par le lixiviat issus des tas dordures en décomposition, la pollution de lair par les fumées de mise à feu, le bouchage des caniveaux et des lits des cours deau provoquant des inondations. Outre leur dégradation par les micropolluants et les effets thermiques de la combustion des déchets mis à feu, les chaussées sont encombrées, entraînant des accidents. Il faut également noter la détérioration du paysage urbain, et les pertes de recettes pour lindustrie touristique. Les déchets mis en décharge proviennent des ménages, des marchés, des administrations, des industries, des hôpitaux et bien dautres sources. De part leur composition, on peut citer les matières organiques, les plastiques et caoutchouc, les ferrailles et autres métaux, les verres et céramiques, les papiers et les déchets liquides. Après la collecte dans les poubelles au niveau des ménages, les ordures sont transportées dans des bacs métalliques . Les bacs sont situés à des points précis, et connus des populations des quartiers et de la zone desservie. Les camions chargeurs collectent les bacs et leur contenu vers les décharges. A ce niveau, deux variantes existent. Dans les villes de Yaoundé et Douala, la Société Hygiène et Salubrité du Cameroun (HYSACAM) soccupe du ramassage des ordures ménagères vers une décharge gérée par cette société. Dans les autres villes, lenlèvement des ordures ménagères incombent aux municipalités. Lenlèvement des ordures ménagères a suivi lévolution socio-économique du pays. Pendant la crise économique des années 1985, lenlèvement des ordures ménagères a connu la période la plus sombre de son histoire avec des immondices qui faisaient légion dans les grandes métropole, avec larrêt des activités de la société HYSACAM.Du fait de lirrégularité de leur enlèvement, les bacs collecteurs dégueulaient, créant un environnement inesthétique. Aussi, après les élections municipales multipartites des années 1990 (1992 et 1997), et les difficultés économiques, certaines municipalités nétaient pas toujours nanties des ressources financières nécessaires à lenlèvement des ordures ménagères. Cette situation a été surtout observée dans les villes de petites et moyenne taille. Dans les villes de Yaoundé et Douala les ordures ménagères sont évacuées vers des décharges contrôlées et de taille industrielle par lentreprise HYSACAM. Dans les villes de petites et moyenne taille, il nexiste pas de décharges, mais de petits dépotoirs peu contrôlés. Décharges actives et fermées des villes de Yaoundé, Douala et Bafoussam De manière générale, les décharges sont abandonnées quand leur capacité limite est atteintes. Dautres sites sont alors choisis. A Yaoundé, la décharge active visitée était celle de Nkol-foulou. Celle de Ahala, bien que recevant des déchets fortuits est considérée fermée par la société HYSACAM. Son site était occupé par un champs de papayer au moment de la visite. La décharge de Maképé à Douala présente deux sites dont un ancien et un nouveau. Le nouveau site est la décharge active, actuellement exploitée. La plus ancienne est occupé par un quartier résidentiel qui sy est installé (Quartier Maképé- Ancienne décharge). Volume des décharges actives et fermées des villes de Yaoundé, Douala et Bafoussam La quantité et la qualité des ordures ménagères produite par habitant dépend du niveau socioéconomique de la population concernée. A Douala et Yaoundé, elle est denviron 0.7 kg par jour. Elle est de 0.4kg/j à Bafoussam (Mouafo, 1997). Seule une partie des ordures ménagères produites arrive dans les décharges. Lautre est évacuée dans les bas-fonds, les terrains vagues, les cours deau, Ceci est souvent associé à la distance quil faut parcourir pour trouver un bac collecteur. La décharge de Maképé à Douala est opérationnelle depuis 1995. Elle sétend sur une superficie de 4 hectares. La hauteur moyenne des ordures est denviron 15 mètres. Elle est une extension de lancienne décharge du même quartier, et qui est actuellement occupée par des habitations. Cette décharge reçoit une charge de 400 à 500 tonnes dordures par jour, avec un contrôle au pont-bascule des camions-chargeurs à lentrée de la décharge. La décharge de Kolfoulou à Yaoundé est opérationnelle depuis Décembre 1998. Elle sétend sur une superficie de 2 hectares. La hauteur moyenne des ordures est denviron 10 mètres. Cette décharge reçoit environ 500 tonnes dordures par jour. Nature et traitement des déchets dans les décharges Les déchets mis en décharge sont de nature variée. Ils vont du plastique aux déchets métalliques, batteries, verre, . Aucun tri nest effectué en amont. Il existe cependant au niveau des décharges de Douala (Maképé) et Yaoundé (Kolfoulou), des récupérateurs organisés ou non en association et qui effectuent un tri à larrivée des camions-chargeurs. Les produits récupérés sont surtout les métaux (ferrailles), le verre, certains plastiques, Les récupérateurs se plaignent cependant du manque de clientèle pour leurs produits. Le traitement au niveau de la décharge se fait par compactage et apport de terre ou enfouissement. A Douala et Yaoundé, des engins pelles et niveleuses sont utilisées à ce titre. Bien quils naient pas été rencontrés, il existe des artisans récupérateurs qui utilisent les matériaux récupérés et en particulier la ferraille pour la confection de fours, foyers, barbecues, presse-brique, objets dart, Laluminium est fondu pour la fabrication des marmites, . Les huiles de vidange sont récupérées et utilisées comme insecticide, et pour le nettoyage des sols, atténuant de poussières. Les pneus usagés sont transformés pour servir de pot à fleur, Lutilisation des objets récupérés nest limité que par limagination, et les innovations sont légion, stimulées par la crise économique et la dévaluation de la monnaie locale (Francs CFA) avec son implication sur la réduction du pouvoir dachat et la pauvreté. Une originalité dans le traitement des déchets est le compostage à Bafoussam. Sous légide du CIPCRE, de jeunes composteurs organisés en groupes dinitiatives communes ont été mis en place dans différents quartiers de la ville. Ceci a permis la création demplois pour les membres. Quelques caractères géologiques des sites des décharges Le sous-sol au niveau de la décharge de Maképé à Douala est sablo-argileux sur sol sableux. La nappe est presque superficielle (<10 m). A Yaoundé, les décharges sont situées au niveau des dépressions. Et la nappe phréatique est à moins de 10 mètres du sol. Le sol est latéritique sur gneiss. A Bafoussam, le sol était latéritique sur fond argileux. La nappe est presque superficielle (<10 m). CIPRE. 1998. Actes du séminaire national de réflexion et déchange sur la gestion des déchets urbains au Cameroun . Yaoundé, 22-23 Avril 1998. ACA. 1996. Etude de pré-investissement du projet de collecte et de traitement des ordures ménagères dans la ville de Yaoundé. Rapport final. MOUAFO V. 1997. Compostage et responsabilisation des jeunes : le cas de Bafoussam. symposium scientifique sur le thème : " pour un développement durable au rwanda : les déchets comme matières premières ". THONART P., DRION R., KAPEPULA D., CORNELIUS C. 1997. La décharge, un bioréacteur à gérer. symposium scientifique sur le thème : " pour un développement durable au rwanda : les déchets comme matières premières
|
| |||||||||