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Université de Liège - Faculté de Médecine Vétérinaire

L'obésité est la pathologie nutritionnelle la plus fréquente chez les animaux de compagnie.


Le texte suivant est le résumé d'une publication concernant l'utilisation des fibres alimentaires chez le chien obèse.

Fibres alimentaires chez le chien : Intérêt dans le traitement diététique de l'animal obèse

M. Diez, L. Istasse

Ann. Méd. Vét., 1997,141, 437-436


Résumé

Cet article traite de l'obésité chez le chien. Sa définition, son incidence, son diagnostic et la pathologie associée sont développés ainsi que son étiologie. La seconde partie est consacrée au traitement, et plus particulièrement à l'incorporation des fibres alimentaires à des taux supérieurs à 10 % dans les aliments diététiques hypocaloriques. A l'heure actuelle, aucune étude ne permet de tirer une conclusion sur le traitement.

Summary : Dietary fibres in dogs : VII. Relevance in the treatment of obese dogs.

The present review deals with obesity in the dog. Definition, incidence, assessment, etiology and detrimental effects of obesity are firstly presented. In a second part, the treatment is discussed, with particular emphasis on the incorporation of large quantities of dietary fibres in low-energy specific purpose food. At present time, no conclusion can be drawn from published studies.

1. Introduction

L'obésité est une pathologie couramment observée chez les carnivores domestiques. Après quelques rappels sur l'incidence, le diagnostic et la pathologie associée à cette affection, le traitement diététique sera étudié en insistant sur la formulation de l'aliment de régime. Actuellement, plusieurs aliments à objectifs spéciaux sont proposés sur le marché et rendent le choix du vétérinaire praticien malaisé.

2. Définition, incidence, diagnostic

L'obésité peut être définie de deux façons. Elle a été décrite chez l'homme comme une surcharge pondérale de 15% par rapport au poids optimal. Par analogie et par facilité, cette définition a été appliquée au chien. Le terme "obèse" est donc généralement utilisé pour qualifier les animaux présentant une surcharge pondérale d'au moins 15%. Un des critères retenus consiste à définir la notion de poids optimal. Les tables de standard des races peuvent fournir une aide mais ont peu d'intérêt dans les cas des chiens de race indéterminée. D'autre part, il peut exister de grandes variations de poids dans une même race. Parfois, le propriétaire connaît le poids adulte du chien, avant qu'il ne soit devenu obèse; ce poids peut donc servir de référence pour l'évaluation actuelle et le suivi de l'animal. Dans d'autres cas, l'animal a toujours été obèse et il n'existe donc pas de poids de référence. Cette première définition "mathématique" de l'obésité est simpliste et présente peu d'intérêt en médecine vétérinaire. C'est pourquoi, il a été proposé de définir l'obésité comme "un état pathologique caractérisé par un excès de dépôt lipidique entraînant des modifications des différentes fonctions corporelles".

L'incidence de l'obésité chez les chiens présentés en consultation varie de 24 à 44% selon les auteurs, selon les endroits de réalisation des études épidémiologiques et les critères définis au départ. Les races particulièrement prédisposées sont le Labrador, le Cairn Terrier, le berger écossais, le Basset Hound, le Cavalier King Charles Spaniel et le Beagle.

Les études épidémiologiques montrent que la fréquence de l'obésité augmente avec l'âge de l'animal et du propriétaire. Une surcharge pondérale chez le jeune animal prédispose à l'obésité chez l'adulte. La castration augmente également la fréquence chez le mâle et surtout chez la femelle. Le manque d'exercice est également souvent cité. Parmi les facteurs sociologiques, une étude très récente réalisée à Munich a montré que la relation maître-animal obèse était caractérisée par un comportement anthropomorphique très poussé. Par exemple, les propriétaires d'animaux obèses parlent plus à leur chien, acceptent leur animal dans leur lit, n'ont pas de craintes quant aux zoonoses et considèrent que l'exercice, le travail ou la fonction de protection du chien sont peu importants. Il n'est donc pas étonnant de constater que les animaux obèses reçoivent plus fréquemment des repas ou des friandises que les animaux non-obèses. Cette étude a également montré que les propriétaires étaient eux-mêmes souvent obèses -ainsi que précédemment rapporté, en général inactifs et qu'ils traduisaient toute demande de l'animal comme étant une demande de nourriture. Ces propriétaires se souciaient évidemment peu d'une alimentation équilibrée. Certains de ces aspects sont bien connus des praticiens mais cette étude a le mérite de l'objectiver par un questionnaire .

Un des problèmes majeurs qui se pose au clinicien est l'évaluation du degré d'obésité de l'animal dans les nombreux cas o le poids optimal est inconnu. L'évaluation de l'obésité peut être réalisée selon des critères simples : importance et localisation des dépôts lipidiques, structure squelettique visible ou non, et aspect de la silhouette de l'animal. Plusieurs types de scores corporels ont ainsi été proposés : en 3 points (1= mince, 2= optimal, 3 = excédentaire), en 5 points (1 = maigre, 2 = mince, 3 = optimal, 4 = gros, 5 = obèse) et même en 9 points (1 à 4 = émacié à mince; 5 = optimal; 6 à 9 = en excès pondéral croissant). Ces systèmes de score présentent l'avantage d'être facilement utilisables pour le clinicien. Lors d'une consultation de routine, il est aisé de peser l'animal et de fixer un score. Il est évident que cette appréciation est subjective mais ces données fournissent au moins des renseignements utiles et elles permettent surtout une prévention active de l'obésité.

3. Affections cliniques associées à l'obésité

Il existe relativement peu de données cliniques concernant les affections liées à l'obésité chez le chien. Aussi, certains auteurs ont extrapolé leurs observations à partir des études épidémiologiques réalisées chez l'homme et certaines notions non prouvées ont ainsi été retenues.

Il faut d'abord souligner que l'obésité peut être secondaire à certaines maladies endocriniennes comme le diabète et l'hypothyroïdie. Selon les mêmes auteurs, au moins 40% des chiens souffrant d'une de ces affections sont obèses. D'autre part, 61 % des chiens obèses présentent soit une intolérance au glucose, soit une hyperinsulinémie, soit les deux. L'obésité peut également être secondaire à l'hyperadrénocorticisme. Dans une étude clinique, 5 chiens sur 8 présentaient des dépôts de graisses typiques de l'obésité et différents de l'abdomen pendulaire. Certains traitements médicamenteux peuvent également entraîner une polyphagie et secondairement, une surcharge pondérale; il s'agit notamment des anti-épileptiques et des glucocorticoïdes.

Il appartient donc au clinicien de retenir la surcharge pondérale comme étant primaire ou secondaire, et d'orienter son traitement en conséquence. Les symptômes associés à l'obésité sont principalement une intolérance à l'effort et des problèmes respiratoires. Il existe aussi une relation entre la fréquence d'apparition du collapsus trachéal et l'obésité même si d'autres facteurs tels que la race montrent un plus grand degré de corrélation.

En cas de surcharge pondérale importante, la fréquence des affections cardio-vasculaires est augmentée. L'augmentation du poids chez le chien s'accompagne d'une augmentation du rythme cardiaque, de la pression sanguine et du volume plasmatique. C'est pourquoi le chien a été utilisé comme modèle expérimental pour étudier la pathogénie de l'hypertension induite par l'augmentation de poids. La relation entre obésité et hypertension est cependant controversée. Selon une étude épidémiologique récente, il existe, chez le chien, une relation entre âge et augmentation de la tension mais pas entre obésité et hypertension.

Les troubles articulaires sont plus fréquents chez les animaux obèses. Les affections couramment citées sont la rupture des ligaments croisés, les hernies discales ainsi que la dysplasie de la hanche. Par contre, il n'existerait pas de relation entre obésité et ostéoarthrose de l'épaule. Dans ces affections ostéo-articulaires, un cercle vicieux s'installe : un animal atteint aura tendance à réduire son exercice, entraînant une surcharge pondérale si les repas ne sont pas adaptés en conséquence. D'autre part, la surcharge pondérale est un facteur prédisposant à la pathologie locomotrice. Les animaux obèses -ou soumis à un régime à haute teneur en graisses- résistent moins aux infections. Une relation a également été mise en évidence entre obésité et certaines formes d'incontinence urinaire, principalement chez les animaux stérilisés.

Bien qu'une augmentation des taux de cholestérol et de lipoprotéines ait été rapportée chez les animaux obèses, ce point est cependant sujet à controverse. Une infiltration graisseuse du foie peut être observée chez les chiens obèses.

Les risques liés à l'anesthésie sont plus importants chez les animaux obèses et il est plus difficile de mettre en oeuvre certaines techniques exploratoires telles que l'auscultation, la palpation ou la radiographie.

La relation entre obésité et problèmes reproducteurs, cutanés ou cancer n'est pas claire.

4. Etiologie et pathogénie

L'étude des courbes pondérales permet de distinguer deux phases dans le processus d'installation de l'obésité : une phase dynamique suivie d'une phase statique. La première phrase peut s'étendre sur quelques mois ou plusieurs années. Elle est caractérisée par des apports énergétiques supérieurs aux besoins; ce surplus d'énergie est d'abord stocké sous forme de graisses, provoquant un gain de poids. Lors de la phase statique, le poids est stabilisé; l'appétit peut être normal ou diminué. Ceci explique que l'on puisse fréquemment voir en clinique des chiens obèses "qui ne mangent pas grand-chose", aux dires des propriétaires. Il est évident que pour atteindre un degré d'obésité, l'apport énergétique a été supérieur aux besoins à un moment donné de leur vie - parfois plusieurs années auparavant. Cependant, une fois ces animaux "stabilisés", leurs besoins énergétiques peuvent paraître faibles, et ce d'autant plus qu'à ce stade, l'exercice est souvent très limité.

Les causes non alimentaires prédisposant à l'obésité sont des besoins alimentaires réduits, des causes génétiques ou le manque d'exercice. Le problème posé est d'estimer les besoins énergétiques des animaux. Une équation simple permet de calculer les apports en énergie pour un animal pesant x kg0.75 mais cette relation ne peut convenir pour toute la population canine. Certains animaux nécessiteront des quantités supérieures ou inférieures d'énergie pour maintenir leur poids constant. Des facteurs tels que la race, le type de métabolisme et le rapport masse maigre/masse lipidique influencent également les besoins énergétiques. En pratique, chez des animaux adultes à l'entretien, la quantité de nourriture offerte sera donc adaptée pour maintenir le poids constant. Il s'agit probablement de la solution la plus simple pour prévenir l'obésité chez les carnivores.

Les causes alimentaires suivantes ont été clairement identifiées : apports alimentaires sans regard des besoins en énergie (nourriture ad libitum, "le chien mange tout ce que je lui donne") et suppléments sous forme de friandises ou de compléments d'acides gras non comptabilisés dans les apports énergétiques. La distribution d'aliments complets très appétissants, riches en graisses et en sucres prédispose également à l'obésité. La fréquence de l'obésité est plus élevée chez les animaux recevant des rations ménagères mais récemment, ce point a été controversé. Les propriétaires de chiens obèses interprètent généralement un bon appétit comme étant un signe de bonne santé et ont tendance à distribuer fréquemment des suppléments à un animal qui "mendie". Certains propriétaires commettent également l'erreur d'utiliser les aliments comme palliatifs pour éviter l'ennui ou la destruction chez des animaux non surveillés.

Il apparaît donc clairement que les causes alimentaires comme facteurs d'obésité incombent plus au propriétaire, d'où l'importance de leur information sur les besoins nutritionnels de leur animal.

5. Traitement de l'animal obèse

5.1. Généralités

Le traitement de l'obésité est en principe basé sur 3 points : l'approche psychologique du propriétaire, l'exercice physique et le traitement diététique de l'animal. Les traitements chirurgicaux et médicamenteux sont anecdotiques et ne seront pas développés dans cet article.

1. L'approche psychologique du propriétaire est une étape essentielle; elle a pour but de motiver le propriétaire en lui présentant les causes et les méfaits de l'obésité ainsi que les avantages de posséder un animal en bonne santé. Des explications claires, le suivi régulier de l'animal et l'établissement d'une courbe pondérale sont des éléments de nature à entraîner la réussite du traitement.

2. L'exercice physique a pour but d'augmenter les dépenses en énergie et de prévenir la perte de masse musculaire et de minéraux osseux. L'augmentation de l'activité doit se faire de façon graduelle. Une marche rapide de 30 minutes ou de 2 fois 15 minutes est conseillée chaque jour. L'effet de la réduction pondérale associé à l'exercice physique améliore généralement l'endurance de l'animal; ce sont des éléments positifs pour le propriétaire.

3. Traitement diététique.

Deux techniques peuvent être mises en oeuvre pour la réduction pondérale chez le chien. Le jeûne est applicable à condition que l'animal ne présente pas de pathologie concomitante telles qu'une insuffisance hépatique ou un diabète. Il est nécessaire d'hospitaliser l'animal et de lui fournir des compléments journaliers de minéraux et de vitamines. De nombreux auteurs ont montré que la privation totale de nourriture est bien supportée par le chien mais un jeûne prolongé au delà de 36 jours peut entraîner des lésions cardiaques. De plus, cette méthode sera peu utilisée, notamment pour des raisons d'éthique et de manque d'implication du propriétaire.

La restriction calorique est donc la seule alternative réellement valable. Un protocole très strict doit donc être établi en coopération avec le propriétaire de l'animal (Tableau 1). La ration est calculée pour apporter 40 à 60 % de l'énergie nécessaire au maintien du poids optimal. Un des problèmes majeurs posé au clinicien réside dans le choix de l'aliment de régime. Certains propriétaires distribuent le même aliment en quantité réduite bien que cette solution ait peu de chance de réussite. L'animal privé de nourriture peut développer un comportement désagréable : nervosité, aboiements, vol d'aliments et parfois même de l'agressivité. Ces comportements décourageront le propriétaire et le régime n'aura guère de chance de succès. Les effets de la restriction calorique sur le comportement d'un groupe de chiens gardés en chenil ont été étudiés. Dans les premiers jours de la restriction calorique, les animaux montrent une plus grande propension à mâcher des objets non alimentaires, une agressivité plus importante chez certains, et une augmentation de la fréquence des aboiements. Le choix d'une alimentation spécialement adaptée est préconisé

Les modalités de distribution et la composition du régime hypocalorique sont des sujets très controversés. Néanmoins, les points suivants sont unanimement acceptés :

  1. La restriction calorique (40 à 60 % de l'énergie nécessaire au maintien du poids optimal) entraîne une réduction pondérale. Si le poids de l'animal ne diminue pas, il faut encore réduire les apports après s'être assuré que le propriétaire ne distribue pas de suppléments.
  2. Les aliments commerciaux destinés à traiter l'obésité chez les carnivores domestiques doivent présenter une densité énergétique faible. Ceci est par ailleurs une exigence légale. Parmi les moyens utilisés pour réduire la densité énergétique, citons l'incorporation de fibres alimentaires ou de grandes quantités d'eau dans les aliments.
  3. Une teneur réduite en matières grasses (au maximum, 10 % de la matière sèche-MS-) est également recommandée afin de diminuer la densité énergétique de l'aliment. Mais cette réduction a une limite : le taux de graisses doit être suffisamment élevé pour maintenir une appétence adéquate et apporter les quantités nécessaires d'acides gras essentiels.
  4. L'aliment sera complet, équilibré et si possible, appétissant. En effet, la distribution d'un aliment peu appétissant peut entraîner un refus d'ingestion, ce qui n'est pas le but recherché. Les moyens classiques peuvent être mis en oeuvre pour augmenter l'appétence des aliments : addition d'eau et période de transition alimentaire.
  5. Le fractionnement de la ration journalière en 3 ou 4 prises augmente la thermogenèse postprandiale.
  6. La perte de poids réalisée, il est impératif de suivre le poids du chien régulièrement et de conseiller le propriétaire pour le choix de l'aliment de maintenance et les quantités distribuées. En l'absence de précautions, un effet "rebond" est généralement observé.

Tableau 1.—Principes de rationnement du chien obèse.

1. Coopération du propriétaire
2. Examen clinique du chien : Examen général et estimation de la surcharge pondérale (poids actuel - poids optimal)
3. But à atteindre : "Bobby doit perdre x kg en y semaines"

Pertes envisageables : 3 % par semaine les 6 premières semaines et 2 % par semaine à partir de la 7e semaine

4. Choix d'un aliment hypocalorique
5. Détermination de la quantité de nourriture à distribuer et fractionnement des repas
6. Etablissement d'une courbe pondérale
7. Suivi assuré après le régime : suivi du poids- choix et quantité de l'aliment d'entretien

5.2. Fibres alimentaires et obésité

La formulation de l'aliment diététique et l'utilisation des fibres alimentaires ont suscité un large débat, autant en nutrition humaine qu'animale. L'incorporation des fibres n'est pas systématique; c'est une approche parmi d'autres.

Rappelons leurs avantages pour le traitement diététique de l'obésité chez le chien:

- les fibres, en général, constituent des éléments de dilution des nutriments et permettent donc de diminuer la densité énergétique des aliments. Un aliment classique d'entretien présente une densité énergétique de 3500 à 4000 kilocalories -Kcal- par kg de MS alors que plusieurs auteurs préconisent une densité de 2500 Kcal par kg de MS pour le régime hypocalorique.

- les fibres solubles permettent de retarder la vidange gastrique et induisent une absorption plus lente des nutriments chez le chien.

- les fibres insolubles sont des éléments de lest, formant un bol alimentaire plus volumineux et accélérant le transit intestinal.

Mais les fibres présentent aussi quelques désavantages :

- elles sont peu appétissantes; elles provoquent des diminutions de la digestibilité de certains nutriments (protéines et minéraux) et elles augmentent la fréquence de défécation. Elles peuvent même entraîner des troubles gastro-intestinaux tels que des flatulences ou des diarrhées.

Certains fabricants associent les fibres insolubles utilisées en larges quantités (15-20% MS) à une teneur faible en matières grasses (<10% MS) pour la formulation des aliments hypocaloriques. On parlera donc d'aliments à teneurs élevées en fibres et faibles en graisses : HF-LF-high-fiber, low fat diet-. Ce type de produit contient également de plus grandes quantités de protéines pour limiter la perte de tissu maigre et des taux élevés de minéraux pour compenser les éventuelles diminutions de la digestibilité des nutriments

5.3. Etudes cliniques chez les chiens obèses

5.3.1. Effets sur les ingestions

Les effets des fibres solubles ou insolubles sont très controversés chez le chien.

Par comparaison, chez l'homme, l'ingestion d'un supplément journalier de fibres insolubles, solubles ou mixtes a provoqué une meilleure satiété ou a réduit la sensation de faim chez des patients obèses.

5.3.2. Effets sur le poids et la composition corporelle

La restriction calorique associée à la distribution d'un régime à haute teneur en fibres et à teneur faible en lipides (HF-LF) a permis une réduction plus importante de la masse de graisse corporelle et des concentrations sériques en cholestérol, en comparaison à un régime à haute teneur en lipides et à teneur faible en fibres. Les réductions de poids corporel et de la pression artérielle étaient également plus importantes avec le régime HF-LF bien que les différences n'aient pas été significatives. Les deux régimes comparés apportaient 35 % d'énergie métabolisable sous forme de protéines, ce qui est environ 10 % plus élevé qu'un régime d'entretien. L'augmentation de la teneur en protéines a pour but de limiter la perte azotée conséquente aux régimes hypocaloriques aussi bien chez le chien que chez l'homme. L'utilisation de la DEXA a permis de mettre en évidence des modifications de composition corporelle suite aux régimes hypocaloriques alors que les pertes pondérales étaient statistiquement comparables. Néanmoins, il faut se garder de toute conclusion hâtive : les effets de deux paramètres (teneur en lipides et teneur en fibres) étant confondus dans l'expérience. De plus, la distribution de régimes à teneurs faibles en lipides -et sans ajout de fibres- provoque les mêmes effets chez le rat.

Chez l'homme, des pertes spontanées de poids et de graisse corporelle ont également été rapportées suite à l'ingestion de fibres solubles ou insolubles chez des patients obèses ou non obèses. De plus, l'ajout d'un supplément de fibres insolubles ou mixtes provoque chez des patients obèses soumis à une restriction calorique modérée (1200 Kcal/jour) une réduction pondérale plus importante, en comparaison à un régime témoin. Dans une autre étude, il n'existe pas de différence de réduction pondérale (10 kg/4 semaines) entre les patients obèses recevant des fibres insolubles et des patients témoins soumis à une restriction calorique sévère (400 Kcal/jour). Il est évident que ces études sont difficilement comparables entre elles et leurs conclusions peu applicables chez le chien. Un autre facteur important chez l'humain est la motivation.

6. Conclusions

Les données publiées à ce jour ne permettent pas de tirer de conclusions sur les effets de l'ingestion de quantités significatives de fibres alimentaires (solubles, insolubles ou mixtes) chez les chiens obèses. Les protocoles expérimentaux développés à ce jour sont peu nombreux et n'apportent pas de réponse satisfaisante. Les comparaisons doivent porter sur plusieurs types de fibres alimentaires incorporées à des niveaux différents. Aussi, il est tout aussi erroné de déconseiller systématiquement les aliments contenant de larges quantités de fibres que de les prescrire d'office. Le choix de l'aliment de régime doit tenir compte de facteurs individuels : pathologie gastro-intestinale ou toute autre contre-indication éventuelle à un régime riche en fibres. Enfin, il faut insister sur le fait que la seule prescription d'un aliment riche en fibres ne suffit pas à entraîner la réussite du régime. D'autres facteurs -tels que l'appétence et la composition globale de l'aliment, le changement des habitudes et le suivi de la courbe pondérale- jouent également un rôle non négligeable.




Mise à jour : 16/07/99

Contact : M. Diez (mdiez@ulg.ac.be)