Archives du Quinzième jour du mois, mensuel de l'Université de Liège.
N°102. Mars 2001.

 

Également dans ce numéro





Carte blanche

Vers la fin du conflit ?

*À l’heure où Joseph Kabila accède au pouvoir en République démocratique du Congo, la guerre n’est pas terminée et bien des incertitudes demeurent.

Le conflit, qualifié de “deuxième guerre de libération nationale”, est devenu en fait “la première guerre mondiale africaine”. Il implique plusieurs acteurs, dont les armées nationales du Rwanda, du Burundi, de l’Ouganda soutenant les groupes rebelles, et celles de l’Angola, de la Namibie, du Zimbabwe, alliées de Kabila. Est, en outre, impliquée dans le conflit une coalition de mouvements rebelles minée par des dissensions internes et des crises d’identité*. Cette multitude d’acteurs avec des intérêts divergents complique la guerre qui s’enlise depuis plusieurs mois et engendre une partition de fait du Congo en plusieurs entités autonomes.

Pour y mettre fin, la communauté internationale s’est “timidement” mobilisée, ce qui favorisa en juillet 1999 la signature des “Accords de Lusaka”. Sa première résolution - le cessez-le-feu - ne fut jamais appliquée.

C’est dans ce contexte que, le 16 janvier 2001, le président Laurent-Désiré Kabila perd la vie à la suite d’un attentat. Des questions subsistent sur les circonstances de cet assassinat. Qui en sont les commanditaires ? Les Rwandais et les Ougandais ? Les forces alliées de Kabila lassées par cette interminable guerre ? La Belgique ? Est-ce le dernier rebondissement de la politique africaine de Clinton ? Une révolution de palais ? Est-ce dû à la rancoeur d’un soldat dont on a emprisonné le frère ? Autant de questions auxquelles il serait prétentieux de vouloir répondre dans l’état actuel des choses.



Bob Kabamba

Kabila père excluait ses rivaux potentiels et affirmait être le seul détenteur du pouvoir. Faute de prétendant et surtout de processus institutionnel de légitimation de pouvoir, le choix de son fils Joseph Kabila, jeune homme de 29 ans, s’imposa. Aucune autre personnalité ne pouvait prétendre avoir l’ascendant sur les composantes de la vie politique congolaise ni recevoir l’assentiment des trois pays alliés de la coalition gouvernementale. Seul Joseph Kabila fils pouvait faire l’unanimité. En 1996, il fut un des acteurs de la première guerre de libération. En outre, il est le seul à pouvoir entretenir de bons rapports avec la haute hiérarchie militaire des troupes angolaise, namibienne et zimbabwéenne. Enfin, il fait partie du réseau familial et clanique, pilier du pouvoir de son père.

Dans son premier discours à la “nation congolaise”, le nouveau Président a pris la direction opposée de celle de son prédecesseur. Il s’est en effet engagé dans la dynamique de la paix en promettant de collaborer avec les Nations unies et l’Organisation de l’unité africaine (OUA), de relancer le dialogue intercongolais et de préparer des élections libres et transparentes. De plus, il s’est engagé à libéraliser l’économie nationale "pour sortir le pays d’une récession sans précédent».

Cette allocution a eu le mérite de répondre à un certain nombre de questions. Assez tôt suivie par les gouvernements occidentaux, l’administration Bush reconnaissait la légitimité du nouveau dirigeant congolais et l’invitait à Washington. Les Forces alliées, par ailleurs, réaffirmèrent leur soutien au nouveau dirigeant décidé à trouver le chemin de la paix. Kigali se dit prête à engager des discussions avec toutes les parties impliquées dans le conflit afin d’y mettre un terme rapide et définitif, tandis que Kampala serait d’accord de retirer ses troupes du Congo.

Ces déclarations laissent entrevoir la fin de la guerre en République démocratique du Congo. Mais cet élan d’optimisme doit pourtant être tempéré par le refus des rebelles et des partis d’opposition politique (non armée) de reconnaître la légitimité du nouveau Président. La mise en oeuvre d’un processus de paix s’annonce difficile face à l’ampleur de la tâche. Mais peut-être s’achemine-t-on, enfin, vers la fin de la première guerre mondiale africaine


Bob Kabamba


Bob Kabamba est collaborateur du service de Science politique à l’ULg.

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Opération eaux propres

*Une Plate-forme permanente pour la gestion intégrée de l’eau (PPGIE) a été installée, ce 14 février, au château de Colonster par Michel Foret, ministre de l’Aménagement du territoire, de l’Urbanisme et de l’Environnement. Cette plate-forme, rassemblant une cinquantaine de scientifiques de toutes les universités wallonnes, vise à constituer un réseau de compétences scientifiques en matière de gestion de l’eau. Elle s’inscrit dans le cadre d’un projet décidé par le Gouvernement wallon, le Programme intégré de recherche environnement - eau (Pirene). Michel Foret a présenté les objectifs de ce programme à de nombreux scientifiques ainsi qu’au Recteur de l’ULg. Il s’agit, selon le Ministre, d’ «élaborer les outils nécessaires à la Région pour assurer la gestion intégrée du cycle de l’eau et fournir les éléments techniques afin d’assurer la qualité des eaux».

Concrètement, le travail effectué par les quelque 18 équipes développant ce programme - au nombre desquelles est inclus le Centre environnement de l’université de Liège - est axé sur des problèmes tels que l’efficacité des stations d’épuration, le rôle des systèmes d’égouts, la problématique des zones inondables, l’influence des polluants atmosphériques ou encore l’effet des pollutions. «La priorité est d’établir en quatre ans un modèle complet du cycle de l’eau en Wallonie et de tous ses processus significatifs : sols, eaux souterraines, zones humides

Les statistiques conduites par les universités américaines de Yale et Columbia au début de cette année ont mis le doigt sur l’urgence d’agir, en Belgique, dans le domaine environnemental. Les résultats sont en effet peu glorieux : notre pays se classe à la dernière place des... 122 pays en matière de qualité des eaux ! La Belgique avait pourtant pris les devants à travers le décret du 15 avril 1999 de la Région wallonne prévoyant une gestion globale et intégrée du cycle de l’eau.

Concrétisation d’une initiative environnementale, le Pirene se présente, dans ce contexte, comme un outil de recherche efficace pour affronter les défis de l’environnement. L’étymologie, en tout cas, est de bon augure : «Tiré de la mythologie grecque, indique Michel Foret, Pirene est le nom d’une fontaine installée au pied d’une paroi rocheuse. Une fontaine réputée pour son eau pure et dans laquelle les dieux et déesses venaient s’abreuver.»

Gianni Catale


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Un printemps électoral à l’ULg

*Les élections internes à notre Institution auront lieu en mars et mai prochains. Quelles élections, rétorquera le lecteur attentif mais peu accoutumé aux échéances électorales ? Celles du conseil d’administration, pardi.

1/Le conseil d’administration

Le conseil d’administration (CA), quid est ? Pour ceux qui l’ignorent, c’est le lieu où se prennent toutes les décisions. Présidé par le Recteur, le CA nomme les membres académiques, le personnel scientifique définitif et les assistants ou élèves assistants; il nomme encore le personnel administratif et spécialisé ainsi que le personnel de maîtrise. Il donne son avis sur tous les problèmes concernant l’ULg et détermine les cours, travaux et exercices pratiques relatifs aux matières d’enseignement. Il vote également le budget, décide de la répartition des crédits et des investissements, notamment immobiliers. Bref, il est le centre de décisions, le siège névralgique de l’Université.

Composition

Le mandat de membre du conseil d’administration à l’ULg est de quatre ans, sauf celui des étudiants qui dure deux ans. Le principe veut que chaque représentant de la communauté universitaire soit élu par ses pairs. Dès lors, qui fait partie du CA ?

Le Recteur et le vice-Recteur y siègent d’office en compagnie des dix représentants du corps enseignant, des quatre élus du personnel scientifique, des deux délégués du personnel administratif et technique, et des quatre étudiants. Depuis la réforme de 1971, neuf sièges sont réservés aux “milieux extérieurs” nommés, après consultation de différentes instances, par le gouvernement de la Communauté française. Les délégués de la communauté universitaire côtoient ainsi, au sein du conseil, des représentants des pouvoirs publics, des milieux sociaux et du monde économique.

Depuis le 1er octobre 1998, le président du CA du CHU et son administrateur-délégué sont membres ex officio du CA de l’Université avec voix consultative. L’administrateur de l’ULg, quant à lui, assiste au conseil d’administration avec une voix consultative. Il en est de même pour le commissaire et le délégué du gouvernement de la Communauté française.

Calendrier

Les prochaines semaines seront donc ponctuées de scrutins. À votre agenda ! Les étudiants seront appelés aux urnes le 27 mars; le 16 mai, ce sera au tour du personnel administratif, technique et ouvrier; le 17 mai aura lieu l’élection des représentants du personnel scientifique, alors que le corps enseignant se prononcera le 18 mai sur le choix de ses mandataires.

Les administrateurs élus prendront leurs fonctions à partir du 1er octobre 2001. C’est donc l’actuel CA qui, le 6 juin prochain, élira l’administrateur de l’ULg en fonction de 2001 à 2005. Entre-temps, le conseil académique (les 468 professeurs et chargés de cours) aura élu le Recteur et le vice-Recteur pour la période 2001-2005. Mais ceci est une autre procédure, à suivre dans le prochain numéro.

Patricia Janssens

En pratique

Pour les candidats étudiants, la procédure est close. Mais, pour les autres, que faire si vous désirez être candidat ?

Avant toute chose, vous devez déposer votre candidature entre le 23 et le 27 avril au secrétariat du conseil d’administration, place du 20-Août, bât. A1, 1er étage. L’affichage des noms de tous les candidats se fera dès le 30 avril sur les panneaux réservés à cet effet. Restera alors à attendre le verdict des urnes.

Renseignements au secrétariat du conseil d’administration, tél. 04.366.53.50.

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L’Alma s’équipe

*Pour fêter ses dix ans d’âge, la structure Alma de l’Euregio Meuse-Rhin vient de se doter d’un management team. Ce réseau Alma porte bien son nom puisque, au départ, il concerne les universités d’Aix-la-Chapelle, de Liège et de Maastricht, Diepenbeek ayant renforcé l’équipe quelques années plus tard. Sa raison d’être est de mettre en contact régulier ces quatre institutions que quelques dizaines de kilomètres, à peine, séparent.

Car, si elles sont déjà nombreuses, les collaborations entre universités pourraient s’amplifier. Personne ne l’ignore : les fonds européens sont - et seront davantage encore - attribués aux projets à dimension internationale et transfrontalière. Dans cette optique, le réseau Alma veut faciliter les projets de recherche menés conjointement mais aussi dynamiser la mobilité des enseignants et des étudiants en établissant des enseignements communs. Certains ont déjà bien perçu l’enjeu de l’organisation puisque, à titre d’exemple, la faculté d’Economie, de Gestion et de Sciences sociales nourrit depuis de nombreuses années de très bonnes relations avec son homologue néerlandaise, tout comme la faculté des Sciences appliquées vient de renforcer ses contacts avec l’école d’ingénieurs d’Aix-la-Chapelle.

Un management team vient donc de voir le jour au sein de ce réseau quadrangulaire. Son but ? Combler le fossé entre le personnel des universités et la conférence des Recteurs qui a toujours été le centre de décision. Organe consultatif composé des représentants des différentes universités, le management team veut être à l’écoute des enseignants et chercheurs afin d’éclairer les débats de la conférence des Recteurs.

Pour lui permettre de mener à bien sa tâche, des représentants des cinq domaines qui correspondent aujourd’hui aux lignes directrices du programme Interreg III, choisies comme priorités du réseau Alma pour les années à venir, ont été désignés dans chaque université. À Liège, il s’agit des Prs Jacques Balthazart (sciences de la santé), Bernard Rentier (sciences de la vie), Jean Marchal (mobilité), Dieudonné Leclercq (NTIC) et Suzy Pasleau (héritage culturel).

Rappelons également que le Pr Albert Germain, doyen de la faculté des Sciences appliquées, est membre suppléant de la conférence des Recteurs Alma.

Contacts : Claire Gerardy, coordination des relations nationales et internationales, AEE, place du 20-Août 9, bât. A1, tél. 04.366.56.57, e-mail Claire.Gerardy@ulg.ac.be, site http://www.emr.nl

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Parle-m’en, jeunesse...

*Pour comprendre le fonctionnement de notre démocratie, une centaine d’étudiants se sont engagés dans une véritable simulation parlementaire. Pendant une semaine, ils ont investi les locaux du Sénat pour participer à l’élaboration de quatre projets de décret.

La cinquième édition du Parlement Jeunesse de la Communauté française s’est déroulée à Bruxelles du lundi 26 février au vendredi 2 mars. Cette simulation parlementaire à l’échelle estudiantine permet aux jeunes d’approcher les procédures et les mécanismes institutionnels. Les quatre projets de décret de cette année visaient l’intégration des nouvelles technologies dans l’éducation, la lutte contre la délinquance juvénile, la lutte contre le blanchiment d’argent et la réduction de la pollution causée par l’automobile. Diversifiés pour intéresser la majorité des participants, ces thèmes suivent autant que possible l’actualité et sont pensés pour être applicables dans la réalité. «Chaque décret inclut une étude des moyens financiers nécessaires au projet, explique Audrey Cornélis, étudiante en philologie romane qui, cette année, avait la fonction de ministre-présidente. Nous essayons d’être réalistes

Participer au débat

Les participants sont répartis selon les divers postes à pourvoir. En tout, 70 “députés” siègent en assemblée, discutent et votent les projets proposés par les “ministres”. Cinq à six “journalistes” relatent les événements du jour dans le journal 6, rue de la Loi (l’adresse du Sénat) qui paraît tous les matins pour les participants. Les 17 membres de l’équipe organisatrice occupent les fonctions de président d’assemblée, de directeur de session, d’attaché de presse, de rédacteur en chef, de secrétaire ou encore de ministre.

Damien Gerardin, et Paul Demaret font profiter les étudiants chinois de leurs connaissances en droit économique européen.

(Photo : P.G.)

Partie prenante dans la société

Le premier jour se tient le discours d’ouverture : briefing sur le déroulement de la semaine, prise de contact dans l’hémicycle et distribution de documents. Le mardi, les députés travaillent en commissions de 20 personnes sur un projet en particulier. Les trois autres jours, chaque projet est débattu et voté en assemblée. À la fin de la semaine, le Moniteur du Parlement Jeunesse reprend la version définitive des décrets votés et est distribué aux participants, aux organismes et asbl intéressés ainsi qu’aux hommes politiques qui en ont fait la demande. «En 1998, un de nos dossiers, relatif à l’instauration d’un service civil volontaire, a été repris par un “vrai” ministre, révèle Audrey. Cela nous donne confiance. Nous apportons de la fraîcheur aux idées des hommes politiques. Nous sentons que nous pouvons avoir un poids dans les décisions qui concernent notre société.»

Cela fait plus de 50 ans qu’un parlement similaire existe au Québec. En 1993, un étudiant belge, invité par des amis, a été totalement séduit par le concept. Soutenu par le Cercle des étudiants en science politique et administration publique (Cespap) et la Fédération des étudiants de l’université de Liège, il a pu mettre sur pied, en 1997, le premier “Parlement Jeunesse de la Communauté française”. Une initiative ouverte à tous les étudiants de 18 à 25 ans, quelle que soit leur orientation scolaire : pas besoin donc d’être en Droit à l’Université pour y participer.

Le parlement de la Communauté française fournit un appui logistique mais l’asbl étudiante cherche également cette année des subsides à l’extérieur, notamment auprès du ministère de la Culture. «On loge toute la semaine à l’hôtel. C’est plus convivial, assure Audrey. Nous mettons tout en oeuvre pour être accessibles à tous, le prix n’étant que de 1500 FB par personne. Cette simulation parlementaire est non politisée : il ne s’agit pas de partisanerie. On y fait de la politique dans le sens noble du terme, par les jeunes, pour les jeunes.»

Marilyn Mahy

Prochaines inscriptions en octobre et novembre. Renseignements à la Fédé, tél. 04.366.31.99.

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