Également dans ce numéro





Carte blanche

Une autre Europe pour une autre mondialisation

*« Un autre monde est possible », « Se réapproprier ensemble l’avenir de notre monde » : ce sont là deux petites phrases qui guident et motivent l’action des différents groupes de l’Association pour une taxation des transactions financières pour l’aide aux citoyens (Attac).

Créée en France en 1998, Attac est aujourd’hui un mouvement international, présent sur tous les continents et fort de quelque 50 000 membres. Face à l’influence des marchés financiers sur les décisions politiques autant qu’économiques, il s’agit de démontrer que la réflexion et la mobilisation collectives peuvent rendre aux citoyens une forme de contrôle démocratique, garant d’un monde dont le moteur serait non pas le profit mais la solidarité. La spécificité d’Attac est sans doute le travail théorique qu’elle mène sur les mécanismes à modifier, y compris les mécanismes de pensée qui trop souvent font que nous ne percevons même pas notre complicité passive dans des aberrations économiques criantes, que ce soit la “restructuration” d’entreprises locales ou le sort de millions d’Africains condamnés à la famine.

Dans cet esprit, Attac organise un Congrès européen citoyen qui se tiendra les samedi et dimanche 22 et 23 septembre aux amphithéâtres de l’Europe. Alors que la Belgique assure la présidence de l’Union européenne, et au moment du passage à l’euro, des citoyens et représentants d’organisations venus de toute l’Europe travailleront à l’élaboration d’alternatives aux modèles qui nous sont habituellement proposés en matière de construction européenne, ou dans les différents traités et chartes officiels. On peut se réjouir qu’une telle initiative puisse se tenir dans les locaux de l’ULg, notre Université montrant ainsi qu’elle tient à prendre part aux grandes questions de société du moment.

Si le vendredi matin est réservé à une manifestation de rues organisée par les syndicats et regroupant le secteur associatif, et le samedi soir à un rassemblement festif et culturel organisé par diverses associations locales dans la grande salle du manège de l’ancienne caserne Fonck, les journées du samedi et du dimanche seront, elles, entièrement consacrées aux travaux du congrès, tantôt en séances plénières tantôt en ateliers.

Quatre grands thèmes seront développés en séances plénières puis en ateliers. Une résolution finale présentera les diverses alternatives envisagées.

Animé par Bernard Cassen (président d’Attac-France, directeur général du Monde diplomatique), l’atelier sur la fiscalité s’interrogera sur la possibilité économique et politique de taxer les transactions financières, d’éliminer les paradis fiscaux et d’aboutir à une distribution équitable de la richesse. La dimension sociale de l’Europe, et en particulier le sort des services publics et de l’enseignement, sera présenté par Riccardo Petrella (professeur à l’UCL, président du groupe de Lisbonne). Susan George (vice-présidente d’Attac-France, directeur associé du Transnational Institute) s’intéressera à l’organisation du commerce à l’échelle mondiale (y compris le modèle agricole et les accords sur les droits à la propriété intellectuelle). Quant à l’atelier sur les rapports Nord-Sud, il abordera l’annulation de la dette extérieure des pays du Tiers-Monde et la possibilité d’un développement mondial guidé par des préoccupations humaines; il sera présenté par Eric Toussaint, président du Comité pour l’annulation de la dette du Tiers-Monde (CADTM) et collaborateur scientifique au département des sciences politiques à l’ULg. Lors de la séance de clôture, quatre autres personnalités prendront la parole, dont une Australienne et une Sénégalaise.

Des représentants de nombreuses associations du monde entier vont se rassembler à Liège. Nous espérons vivement la participation massive du public liégeois et en particulier de la communauté universitaire : c’est bien de notre avenir qu’il s’agit.

Christine Pagnoulle
Chargée de cours en littérature anglaise moderne et littérature américaine
(faculté de Philosophie et Lettres)

Pour en savoir plus :
- le site http://attac.org
- pour le congrès, le site http://attac.org/belgique/indexfr.html
- un volume collectif, Attac contre la dictature des marchés, coédités par Attac, La Dispute, Syllepse et VO éditions en 1999
- François Chesnais, Tobin or not Tobin, Une taxe internationale sur le capital, L’esprit frappeur n°42, 1998
- René Passet, L’Illusion néo-libérale, Fayard, 2000

(TOP)


Ensemble contre le cancer

*Réseau par-ci, network par-là. Le Centre hospitalier universitaire (CHU), lui aussi, est à la page : son service de radiothérapie est à l’origine d’une réalisation inédite dans ce domaine de la pratique médicale.

L’idée était audacieuse : implanter des extensions du service universitaire de radiothérapie dans différents hôpitaux régionaux. Dans les faits, des accélérateurs linéaires, c’est-à-dire des appareils de traitement du cancer, ont été installés à la clinique Saint-Joseph, au CHR de la Citadelle à Liège et, depuis peu, au Centre hospitalier de l’Ardenne à Libramont. Et les praticiens de ces institutions travaillent en concertation étroite avec les équipes de radiothérapeutes du CHU.

Irradier pour guérir

Les activités médicales, radiophysiques et administratives s’organisent ainsi dans des endroits distincts qui ne cessent de communiquer entre eux. Une décentralisation des infrastructures de soins qui a exigé la mise en place d’un réseau de communication adapté : des fibres optiques – technologie oblige – pour assurer immédiatement la transmission d’informations entre les sites. La conception des liaisons est l’œuvre de l’Association liégeoise d’électricité (ALE), avec le concours de la SNCB pour Libramont. « Nous pouvons, par exemple, vérifier à tout instant et en tout lieu si le traitement se conforme bien aux données fixées lors de la simulation* et de la dosimétrie**, explique Jean-Marie Deneufbourg, chef du service de radiothérapie. Ou encore contrôler, à partir d’un hôpital, la précision d’une irradiation qui se déroule dans une autre clinique. »

Sans doute faut-il rappeler que la radiothérapie représente l’une des armes efficaces dans le traitement des cancers. Les radiations ionisantes, utilisées à titre exclusif ou associées à la chimiothérapie et la chirurgie, interviennent en effet dans plus de la moitié des guérisons. « Les irradiations ont pour propriété de détruire préférentiellement les cellules en renouvellement rapide, caractéristique des cellules cancéreuses, précise Jean-Marie Deneufbourg. Le traitement intéresse la tumeur elle-même entourée d’une marge de sécurité. Recevant une dose suffisante, les cellules malignes sont stérilisées

Le service universitaire de radiothérapie se devait de partager sa compétence, lui qui affiche près de 2 000 cas traités annuellement, un appareillage des plus performants et une équipe oncologique très spécialisée. Pour Jean-Marie Deneufbourg, le paysage radiothérapique liégeois, tel qu’il se dessine aujourd’hui, apporte une garantie pour une qualité optimale des soins. « La masse critique de cas nouveaux, ou de pathologies rares, indispensables pour acquérir une certaine habileté, est désormais atteinte. Des rivalités ont pu être dépassées et des collaborations fructueuses ont été conclues. Peu à peu, un réseau s’est créé. »

Comment fonctionne ce nouveau système ? Afin d’éviter double emploi et dépenses inutiles, simulations et dosimétries sont effectuées au Sart-Tilman. Une étape indispensable au terme de laquelle la suite du traitement est dispensée, sauf exception, dans l’institution d’origine du patient. « Il importe d’épargner à des personnes parfois gravement souffrantes des déplacements souvent pénibles. La proximité géographique est ainsi l’un des avantages majeurs de cette configuration multi-sites. »

Tout pour le patient

Autre atout : la sectorisation selon le type de cancer, possible grâce à la coopération de médecins spécialistes et de radiothérapeutes qualifiés en fonction de certaines localisations anatomiques (par exemple, cancer du sein, du poumon, etc.) ou de modalités techniques particulières. Quant à l’accompagnement des patients, global et personnalisé, il est assuré par un personnel infirmier lui aussi spécifiquement formé. Enfin, dernier intérêt et non des moindres : l’accessibilité financière du traitement est assurée par le respect des tarifs Inami.

« Garantir des soins de qualité – tant d’un point de vue technique qu’humain –, c’est là notre unique préoccupation, résume Jean-Marie Deneufbourg. Et cette organisation en réseau est la solution imaginée pour y parvenir. » Une initiative originale, en tout cas, qui vaut au CHU d’être devenu le centre européen de référence de la firme Siemens en matière de radiothérapie.

Véronique Stortoni

(TOP)


Les compétences sur le chemin de l’école

*Depuis plusieurs années, le Centre interfacultaire de formation des enseignants (Cifen) organise, à la fin des vacances d’été, une journée d’études aux amphithéâtres de l’Europe. Le 24 août dernier, le thème en était “Les compétences… et la formation des enseignants ?”. Conversation avec Jacqueline Beckers, secrétaire scientifique du Cifen.

Le Quinzième jour : Encore une journée sur les compétences ! Qu’est-ce qui a motivé le thème retenu pour cette journée ?

Jacqueline Beckers : Il y a d’abord les prescrits légaux auxquels on ne peut se soustraire. Le terme “compétence”, qui affleure officiellement pour la première fois en 1994 dans le document “Socles de compétences dans l’enseignement fondamental et au premier degré de l’enseignement secondaire”, est clairement défini dans le décret-missions de juillet 1997. Et le contenu de la formation initiale des agrégés de l’enseignement secondaire supérieur apparaît, lui, dans le décret adopté le 30 janvier 2001 par le conseil de la Communauté française. Obligation y est faite aux formateurs de préparer les futurs enseignants selon les nouvelles exigences coulées dans les textes législatifs.

Le Q.J. : Comment s’explique ce soudain empressement du monde politique à s’occuper de la qualité pédagogique ?

J.B. : Ce souci n’est pas si neuf que cela. Souvenons-nous de l’important lifting que connut l’école à partir des années 70, à la suite de l’introduction d’un “rénové” animé de louables préoccupations démocratiques. La même volonté d’assurer une égalité des chances à tous se retrouve aujourd’hui, à cette différence près que la massification de l’enseignement s’est poursuivie et que la variété des publics n’a cessé de grandir depuis des années. Deux choses sont dès lors en tension : d’une part, un public scolaire moins sélectionné et souvent moins motivé et, d’autre part, un monde du travail aux exigences de plus en plus pressantes.

Le Q.J. : Est-ce le rôle prioritaire de l’école de voler au secours de la demande des entreprises ?

J.B. : Non, bien sûr, mais il s’agit quand même de préparer les jeunes générations à vivre dans un monde en pleine mutation et de les lester d’une faculté d’adaptation que leur imposera sans nul doute leur vie professionnelle ultérieure. Les enseignants, par conséquent, sont amenés non pas à diminuer la place des savoirs chez les élèves, mais à leur permettre d’aller chercher ces savoirs. D’où la définition de la compétence proposée en son article 5 par le décret-missions : il s’agit de “l’aptitude à mettre en œuvre un ensemble organisé de savoirs, savoir-faire, attitudes permettant d’accomplir un certain nombre de tâches”.

Le Q.J. : Existe-t-il un consensus sur le concept de “compétence” ?

J.B. : Il y a certes des nuances avancées par les spécialistes, mais tous s’accordent sur la spécificité opératoire de la compétence : elle suppose que l’on mobilise toute une série de ressources pour faire face à une situation. Elle permet donc l’action, une action finalisée. Autrement dit, “je fais avec un but”. Mais il est important de rappeler que savoirs et compétences ne vont pas les uns sans les autres : il convient de mobiliser les deux dans une situation-problème. Quand on associe du sable et de l’eau – matières éminemment mouvantes –, on peut obtenir du ciment.

Le Q.J. : Et la réforme de l’agrégation dans tout cela ?

J.B. : Elle est notamment orientée vers l’objectif de préparer les futurs enseignants du secondaire à développer chez tous leurs élèves les compétences terminales exigées par le législateur. Au Cifen, nous avons, avant la réforme, appris à travailler en équipe, ce qui devrait nous permettre de rencontrer les objectifs ambitieux de professionnalisation des enseignants voulus par cette réforme. L’impulsion venue d’en haut a cependant contribué à soutenir et dynamiser notre action. Les moyens mis à la disposition de notre projet par l’Université étaient indispensables pour le concrétiser. Il reste que la mobilisation pédagogique manque souvent de bras, ne fût-ce que pour la construction d’outils à essayer dans les classes. Avis aux amateurs…

Propos recueillis par Henri Deleersnijder

(TOP)


L’espace est une ruche

*Au sein de l’incubateur WSL, vient de naître une nouvelle spin-off, KeyObs, l’interprète des satellites d’observation.

L’astre du jour avait, le 5 juillet, rendez-vous avec l’incubateur du “spatiopôle” wallon : par un temps de canicule, des personnalités du domaine spatial et du monde liégeois ont inauguré la nouvelle infrastructure de Wallonia Space Logistics (WSL) dans le parc scientifique du Sart-Tilman. Cette initiative régionale soutenue par l’université de Liège constitue une “première” en Europe et une référence pour l’Agence spatiale européenne (ESA). C’est une véritable ruche où de nouvelles PME incubent des produits, services et emplois à forte valeur ajoutée en butinant sur les fruits high-tech de la recherche spatiale dans les centres, instituts et laboratoires universitaires.

Parmi ces “abeilles” qui sont en train d’essaimer grâce au maternage de WSL, une jeune entreprise se spécialise dans l’imagerie de télédétection spatiale. Herbert Hansen, son fondateur, a forgé son nom : KeyObs (raccourci anglais de l’expression “observations clefs”). Cet ingénieur formé au Centre spatial de Liège (CSL) et chez Spacebel Da Vinci a constitué une équipe pluridisciplinaire pour élaborer des solutions informatiques “sur mesure” pour le traitement des données des satellites d’observation multispectrale et radar. KeyObs se décrit comme un service multisectoriel d’information géographique satellitaire. Il rassemble des géographes, des géologues et un ingénieur issus du CSL ou du laboratoire MICA (caractérisation des matières minérales naturelles).

KeyObs privilégie les applications de l’imagerie spatiale pour des missions à caractère humanitaire et des activités de développement durable en Afrique centrale. Il propose par exemple à la République démocratique du Congo une technologie de pointe pour actualiser, à travers la couverture nuageuse, les cartes de son territoire et un système d’information géographique sur ses ressources. Les données que KeyObs peut extraire des observations effectuées par des satellites de plus en plus performants doivent faciliter tant la prospection minière et la gestion forestière que la gestion des conflits et la solution aux problèmes de santé et d’infrastructures.

Théo Pirard

Pour en savoir plus : KeyObs SA, rue Bois L’Evêque 36, 4000 Liège, tél. 04.254.34.83, fax 04.252.81.89, e-mail info@keyobs.com

 

Depuis 1996, on note en Belgique une nette augmentation du nombre de spin-offs, “ces nouvelles entreprises créées au départ d’une université, aux fins d’exploiter des connaissances qui y ont été développées par le biais d’activités commerciales”. L’étude du Pr Bernard Surlemont, réactualisée récemment, montre que ce phénomène débuta dans les années 80, et prit son envol ses dernières années sous l’impulsion de politiques volontaristes et de mesures d’accompagnement développées au sein des universités belges. Fin 2000, la Belgique comptait ainsi 137 spin-offs. L’université de Liège est particulièrement active en la matière. La création KeyObs en est une belle illustration.

Version complète du rapport du Pr Bernard Surlemont sur le site http://www.ulg.ac.be/crdocpme

(TOP)


Businessmen en décalé

*Le département de gestion a accueilli, en septembre 2000, une nouvelle licence en gestion de l’entreprise. Elle s’adresse principalement aux diplômés de l’enseignement supérieur non universitaire dans le secteur économique. Organisée en cours du jour et en horaire décalé (de 17h30 à 21h30 en semaine, ainsi que le samedi matin), cette nouvelle licence permet de continuer ses études parallèlement à une activité professionnelle. « L’homogénéité du programme entre les modules de cours du jour et du soir laisse la liberté aux étudiants, certains étant déjà lancés sur le marché du travail, de panacher leur horaire en fonction de leurs disponibilités », explique François Pichault, professeur et secrétaire du département de gestion.

Les formations à horaire décalé existent depuis une vingtaine d’années. Elles ont été mises sur pied afin de répondre à la demande croissante de travailleurs désireux d’obtenir un titre universitaire. Mais la nouvelle licence en gestion de l’entreprise est spécifique : certains étudiants – non universitaires de type long, en économie notamment – ont la possibilité d’éviter l’année préalable habituellement obligatoire. D’autres auront accès au deuxième cycle à condition de réussir un examen d’admission ou en présentant un module de cours complémentaire de 120 heures en vue d’une mise à niveau.

La licence 2000-2001 comptait 54 étudiants, ce qui fait d’elle une des plus grosses licences de la faculté d’EGSS. « C’est, pour l’instant, le seul indicatif du succès de ce projet, confie François Pichault. Mais nous n’avons pas encore le recul nécessaire pour pouvoir apporter des statistiques.» Si le taux de réussite ne pourra être calculé qu’après les sessions d’examens, certaines indications montrent que la nouvelle licence attire une majorité de gradués diplômés en 2000. Ils anticipent les pressions de leurs futurs employeurs, surtout dans le domaine de la finance. Les étudiants sont unanimes : « Le but est de valoriser notre premier diplôme en deux ans seulement. L’avantage de cette formule, entre autres, est le grand choix d’options à l’intérieur des modules qui permet une formation spécialisée. »

Marylin Mahy

Contacts : Albert Corhay, e-mail A.Corhay@ulg.ac.be

(TOP)


www.tricherie.com

*Aborder la question de la triche au sein de l’institution universitaire, c’est un peu comme évoquer la problématique de la sexualité auprès d’un aréopage clérical. La chose existe bien, mais d’aucuns jurent avec véhémence ne jamais en user. Coup d’œil actualisé sur un sujet fantôme.

Il faut bien l’avouer, le phénomène de la filouterie aux examens demeure plutôt marginal en regard des risques encourus par les fraudeurs avérés. Les règlements sont d’ailleurs très clairs à cet égard : l’étudiant pris en flagrant délit est récompensé par un zéro à l’épreuve et des peines académiques peuvent aggraver cette sanction

Pourtant, à l’heure où les nouvelles technologies envahissent notre quotidien, certains individus plus finauds que studieux ont su adapter les méthodes antédiluviennes aux évolutions du marché. Ainsi, le quotidien italien La Republica révélait en juin dernier que les téléphones portables et les PDA connectables (ordinateurs de poche) avaient investi l’enceinte de centres d’examen du bac transalpin, permettant aux étudiants de faire valoir une solidarité de classe en permettant un accès à des corrigés d’épreuves mis en ligne en temps réel sur des “chats”, forums ou autres sites internet.

Ici radio campus

Bien que ces appareils soient logiquement bannis des salles d’examen de notre Alma mater, la miniaturisation peut faire le lit de la tentation, sachant que les plus petits PDA ont l’apparence d’une carte de crédit de moins d’un centimètre d’épaisseur. Et si pareille collaboration ne semble donc nullement envisageable dans le contexte universitaire, le campus liégeois n’est pourtant pas totalement épargné par la fraude high-tech.

Ainsi, il y a trois ans, lors d’un examen de la faculté de Médecine vétérinaire, un étudiant peu scrupuleux fut interpellé par un surveillant curieux de comprendre le fonctionnement de son “walkman”. Sous le coup de la surprise, le mélomane pastiché opta pour le repentir immédiat et confessa tout de go l’utilisation systématique d’un émetteur-récepteur miniature en fréquence modulée pourvu d’un écouteur et d’un micro lors de chaque épreuve des deux premières années de candidature. Nul ne sait ce qu’il advint de son camarade radiophoniste amateur posté à l’extérieur de l’amphithéâtre avec les syllabi, mais l’étudiant fut exclu de l’ULg sur décision rectorale.

En marge de ce cas anecdotique, d’autres manœuvres illicites liées au développement de l’internet risquent néanmoins d’engendrer une problématique plus aiguë. Il s’avère déjà que bon nombre de travaux rendus pas les étudiants, notamment en Philo et Lettres, seraient de plus en plus souvent acquis lors de bourses d’échanges online. Pire, un commerce lucratif de travaux “prêts à remettre” est déjà établi aux États-Unis et tendrait à se mettre en place chez nous, selon un de nos confrères français. Il ne s’agit pourtant pas de se leurrer : tous les sujets ne sont pas (encore ?) disponibles sur la toile. Par contre, les fastidieuses traductions de textes passeraient sans complexe par des traducteurs en ligne entièrement gratuits. Le résultat n’est certes pas parfait, mais le gain de temps semble justifier l’opération déloyale.

Sous-doués, pas tant que ça

Vecteurs de fraude à l’échelon global, les réseaux informatiques le sont également au plan de l’intranet. Peut-on valablement affirmer qu’aucun étudiant n’a jamais piraté une information confidentielle relative à un examen, alors qu’un étudiant en sciences appliquées eut accès il y a peu, grâce au PC d’un assistant à ses cotes d’examen ? « Comme dans le cas de gros organismes financiers, les victimes d’un acte de piratage ne s’en vantent pas, note un informaticien du CIPL, Et lorsque l’on nous appelle, c’est que les choses sont allées loin ou qu’il est déjà trop tard. »

En réalité, les nouvelles technologies ne changent rien au phénomène de plagiat mais elles pourraient susciter, dans le futur, une réflexion plus pédagogique que répressive sur l’immixtion du microprocesseur dans les salles de cours. Car les adeptes de l’antisèche ont beau dire, rien ne remplace une tête bien faite.

Fabrice Terlonge

(TOP)


Olympiades de chimie

*René Cahay, promoteur – avec l’ACLg – de Olympiades belges francophones de chimie, est un homme heureux (voir QJ n°106). Alexandre Depouhon, un des deux finalistes de la promotion 2001, a obtenu une médaille de bronze aux Olympiades internationales de chimie organisées à Bombay du 6 au 15 juillet.

Alexandre Depouhon (Photo : P.G.)

Elève de l’Athénée royal d’Arlon, Alexandre avait été lauréat des Olympiades nationales francophones en 2000. Après un perfectionnement à l’ULg (voir QJ n°105), il est sélectionné et part, confiant, « faire un beau voyage en Inde ». L’exigence du concours l’impressionne : « Les questions sont, pour la Belgique, du niveau de la licence. Certaines nations mettent un point d’honneur à préparer les étudiants, tels des athlètes, pour qu’ils décrochent une médaille d’or. C’est le cas de la Chine, par exemple, qui entraîne ses étudiants durant un an pour ces Olympiades ! La concurrence est rude et moi, j’y allais pour le plaisir… » Une décontraction récompensée par une médaille, ce qui n’était plus arrivé à un Belge depuis 1986.

L’examen d’entrée des ingénieurs réussi, Alexandre est inscrit à la faculté des Sciences appliquées de l’ULg.

 

(TOP)


Mise à jour au STE

*C’est dans le cadre très baroque du Val-Benoît mué en site archéologique pour ingénieurs nostalgiques que se tenait au mois de juin la journée portes ouvertes STE-Formations. A l’aube d’un nouveau cycle résolument axé vers les nouvelles technologies de l’information et de la communication, le service étoffe ses formations dans le domaine informatique.

Postulant que l’évolution technologique demeure au service de l’homme et non l’inverse, le Service de technologie de l’éducation de l’université de Liège (STE) fut porté sur les fonts baptismaux à l’initiative du Pr Dieudonné Leclercq, il y a une quinzaine d’années. Dans une conjoncture défavorable pour les enseignants en quête de postes à décrocher, l’objectif était à l’époque d’accroître leurs qualifications, en les rendant capables de créer des programmes didacticiels. L’informatique, se révélant alors un outil incontournable en cours de domestication, il était également utile d’en expérimenter les potentialités sur le terrain.

S’adapter aux évolutions technologiques

A l’heure actuelle, STE-Formations œuvre à anticiper l’avenir par le biais d’intitulés énigmatiques tels que la programmation powerbuilder ou Java qui viennent compléter un panel de formations bigarré allant de l’internet à la bureautique, en visitant l’infographie, le cd et web design ainsi que le multimédias.

Mais dans ce secteur au développement effréné, il semble évident que toute optique prospectiviste se heurte à l’impossibilité de se cadrer à long terme. « Il est effectivement difficile d’avoir une vision d’avenir au-delà d’un ou deux ans, d’autant que nous essayons de travailler en totale adéquation avec les besoins des entreprises », confirme Pierrette Pirard, responsable des relations extérieures. Dès lors, l’accent est mis sur l’autoformation des stagiaires et vise, à travers l’auto-apprentissage de certains cours, à générer des professionnels capables de s’adapter aux évolutions technologiques du marché.

Répondant à la mission universitaire de service à la collectivité, les formations proposées sont autant accessibles aux demandeurs d’emploi (bénéficiant de la gratuité) qu’aux entreprises et aux services universitaires. Plus de 150 stagiaires patinent chaque année les claviers des ordinateurs up to date de cet organe de formation professionnelle.

Passeport pour l’emploi

Dans le cas des chômeurs, les sessions intensives s’étalent sur six mois à l’issue desquels une attestation mentionnant la liste des cours réussis est délivrée. Avec un taux record de 80% de réinsertion professionnelle, STE-Formations peut se targuer d’offrir une formation concrète et réellement efficace. Travaux et tests d’évaluation non éliminatoires ponctuent un cursus calqué sur le même schéma : cours, stage en entreprise et projet au choix présenté par l’étudiant à mi-parcours, ce qui lui offre l’occasion de mettre en œuvre les qualifications acquises durant la première partie de la formation.

Tous les projets réalisés furent d’ailleurs présentés, lors de la journée portes ouvertes, aux futurs élèves certes, mais également aux futurs employeurs qui ne manquent pas de venir y effectuer chaque année une moisson spécifique. La formule traduit donc bien une volonté d’accompagnement des stagiaires au seuil de l’embauche, notamment grâce à un cours de recherche active d’emploi et à un suivi des élèves durant l’année succédant à l’obtention de leur attestation finale.

Un test conditionne l’accès à ces formations aux places limitées et certains prérequis (même non académiques) peuvent être exigés. Mais l’accent est davantage placé sur la motivation qui, de toute évidence, demeure un ingrédient fondamental dans la recherche d’un emploi.


Fabrice Terlonge

STE -Formations 04.366.90.50

(TOP)