Archives du Quinzième jour du mois, mensuel de l'Université de Liège.
N°107. Octobre 2001.
Violence, game over !
Le Quinzième jour : Lengouement des adolescents pour les jeux vidéo est connu depuis leur essor à la fin des années 80. En quoi la problématique a-t-elle évolué ? Pierre Thys : Les avancées technologiques ont profondément modifié la donne. Des premiers programmes simplistes au graphisme élémentaire, on est passé à des machines monstrueuses qui font tourner des jeux beaucoup plus réalistes quavant. Les améliorations du graphisme, des effets sonores et de la rapidité augmentent la fascination des adolescents. Dautant que lordinateur permet maintenant dinjecter ses propres stratégies de jeu, ce qui modifie tout. Par ailleurs, la variété des thèmes traités est quasi illimitée. Seul le pornographique na pas encore réellement sa place. Le Q.J. : Est-ce à dire que vous le déplorer ? P.T. : Pas tout à fait, mais je regrette que lon nait pas eu les mêmes inhibitions en matière de jeux de guerre et de violence gratuite. Dans un jeu appelé Quake, il est autorisé de torturer des gens pour obtenir des informations. Or, si je nappelle ni à la banalisation ni à la satanisation des jeux vidéo, je relève que leur impact peut être variable selon les individus. Létude montrait certes que bon nombre de jeunes ne confondaient pas la réalité avec la fiction, mais que 22% sétonnaient de prendre du plaisir à tuer des gens. Le Q.J. : Votre article aborde à plusieurs reprises la question des jeux à caractère raciste ou très violent. A-t-on une idée précise de lampleur du phénomène ? P.T. : Les adolescents semblent beaucoup plus au courant quils ne veulent bien le dire. Il est préoccupant de constater que sur certains sites de musique hard-rock, des liens faciles permettent daccéder à des sites dextrême droite ou dincitation à la haine raciale. Le centre Simon Wiesenthal a dailleurs constaté leur augmentation au fil des années. Sans men révéler la provenance, un jeune ma un jour montré un jeu dans lequel il sagit dadopter le rôle dun gardien de camp de concentration et où la montée en grade résulte de sa bonne gestion des chambres à gaz et du nombre de dents et de cheveux que lon récolte. Mais le phénomène est parfois plus insidieux et paraît anodin pour quelquun de non averti. Par exemple, il existe un jeu au contenu classique qui a la seule particularité davoir pour générique... lhymne nazi. Le Q.J. : Les parents ont-ils les moyens déviter la propagation de tels jeux ? P.T. : Il nest pas question daffirmer que tout est mauvais ou marginal. Seule une véritable éducation aux médias actuels, notamment en milieu scolaire, me paraît primordiale. Le fait que des enfants jouent calmement sur leur ordinateur apparaît souvent comme un signe positif pour des parents qui aspirent à une certaine tranquillité. Mais à quoi jouent-ils ? Il ne sagit pas dinterdire mais de mettre un nom sur les choses. Le Q.J. : Et puis, il semble que les vidéogames aient également des effets positifs sur la mémoire, la concentration, la logique ou la réflexion... P.T. : Cest tout à fait crédible, en plus du fait de développer une habileté psychomotrice assez géniale. Dailleurs, adultes avertis, ne soyez pas de vieux ringards et jouez aux jeux vidéo en limitant le temps dutilisation pour toute la famille, de manière à éviter fatigue et problèmes oculaires... comme pour la télé. Le Q.J. : Alors télévision et jeux vidéo, même combat ? P.T. : Exactement, à la grande différence que les jeux sur ordinateur ajoutent un rôle dacteur à celui de (télé)spectateur. Le processus mental est différent puisque lon décide ou pas de tirer. Or, en regardant la télévision, cet aspect décisionnel nexiste pas. A son procès, le nazi Adolf Eichmann affirmait navoir fait quexécuter des ordres. Une fois encore, je pense quil faut savoir susciter la réflexion avant de réprouver les jeux vidéo. Propos recueillis par Fabrice Terlonge |
Député européen
« Je suis très attachée à luniversité, à lesprit critique et à la générosité de lesprit scientifique. Mais jai toujours pensé que le chercheur était aussi un acteur du monde dans lequel il évolue. Jeune docteur en mai 1968, jai toujours conçu lengagement politique comme une démarche à la fois essentielle et naturelle. Je nai jamais fait partie du cadre du parti socialiste, jétais simplement une militante. »
Si la construction de lEurope sociale lui tient particulièrement à cur, cest au sein des commissions attribuées à feu Jacques Santkin quelle fera ses premières armes : santé, sécurité alimentaire, environnement. Mais la recherche et le positionnement des universités en Europe ne sont jamais loin de ses préoccupations. « LEurope finance la recherche scientifique, heureusement. Il est par ailleurs inévitable, lorsque souvrent les frontières, que lon compare les universités et que celles-ci entrent en concurrence, mais je ny vois aucune objection. De la même manière, je ne suis pas opposée à une certaine évaluation des universités. Encore faut-il en déterminer les critères ! Si luniversité doit sadapter aux besoins du marché, si la recherche est dictée par les entreprises, elle perd son âme et, à terme, se suicide. A mon sens, il faut faire évoluer lEurope sociale pour envisager les questions sous un angle différent et saffranchir du seul prisme économique. »
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Le pouvoir dun mot
« Jécris ton nom liberté. » Par ces mots de 1944, Paul Eluard rendait hommage à la Résistance. De résistance, il est également question dans la nouvelle collection dirigée par Pascal Durand, chargé de cours en information et communication à lULg. Elle débute avec quatre titres qui invitent le lecteur au débat citoyen : Les prédateurs de la mémoire. La Shoah au péril des négationnistes de Henri Deleersnijder, La philosophie au programme de Véronique Dortu et Pierre Somville, Lécole prostituée. Loffensive des entreprises sur lenseignement de Nico Hirtt et Manuel de survie à la pensée unique de Jean Sloover.
Nourrir le débat public Si les thèmes développés sont chers au combat laïque, ils ne constituent toutefois pas un long plaidoyer anticlérical. « Le grand public a trop souvent tendance à confondre laïcité et anticléricalisme : sa lutte [celle de la laïcité], pour être efficace, doit prendre des formes aussi diverses que les dogmatismes quelle combat », explique le directeur dune collection qui veut, avant tout, alimenter le débat public. Parmi les problématiques qui seront abordées, on retrouve les grands enjeux de société comme la liberté dexpression, la lutte contre lextrême droite, lenseignement, etc. « Cest une collection de débat et de combat », résume son directeur. Henri Deleersnijder, professeur dhistoire dans le secondaire, collaborateur du Quinzième jour et de la section information et communication, dénonce le négationnisme, « entreprise de falsification à des fins idéologiques ». A lheure où les derniers témoins de lHolocauste disparaissent peu à peu, Les prédateurs de la mémoire est un appel à combattre cette relecture de lHistoire qui consiste à nier lexistence du génocide juif. Avec La philosophie au programme, Pierre Somville, professeur à lULg, et son assistante Véronique Dortu argumentent en faveur dun enseignement de la philosophie dans les deux dernières années du secondaire : « Il faut mettre la philosophie au niveau de lauditoire pour permettre aux élèves de décoder les messages faux qui leur sont livrés. » Nico Hirtt, professeur de physique et dinformatique dans le secondaire, critique, dans Lécole prostituée, la marchandisationde lécole. Selon lui, les contraintes économiques dictent la politique éducative actuelle. « Pour plaire aux entreprises, on passe du droit à linstruction au devoir de sinstruire tout au long de la vie. » Pour sa part, Jean Sloover, chroniqueur économique, sinterroge sur les fondements de notre économie dite nouvelle. Son Manuel de survie à la pensée unique épingle, avec ironie, les stéréotypes « qui tendent à faire passer léconomie de marché pour un fait de Nature ».
Pour lecteurs pressés Liberté jécris ton nom sadresse à tous ceux qui se réclament de la pensée libre. Mais les deux maisons déditions, Labor et Espace de Libertés, ont bien compris que leur lectorat navait pas nécessairement le temps de ses ambitions intellectuelles. Pour séduire ce public, elles ont donc opté pour des ouvrages maniables et courts. Pour Patrice Dartevelle, directeur des éditions Espace de Libertés, « il ne faudrait pas quà force dêtre exhaustif, on se tienne à lécart de ce mode de communication souhaité par beaucoup. Nous devons diversifier nos produits, comme on le dit aujourdhui, pour mieux servir nos idéaux, comme on le disait autrefois ». Si les lecteurs sont généralement pressés, il nen va pas de même pour les auteurs. La volonté éditoriale est de produire des ouvrages critiques, mûrement réfléchis sans céder à la pression des événements. « Il ny aura pas dessais rapidement bouclés soumis à la servitude de lactualité », promet Pascal Durand. La collection devrait accueillir quatre nouveaux titres au mois de janvier. « Et par le pouvoir dun mot, Je recommence ma vie, Je suis né pour te connaître, Pour te nommer, Liberté. » (Eluard)
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La cigarette rend-elle intelligent ?
Présentés dans le cadre des travaux soutenus par la Fondation Léon Frédéricq qui vise à donner à de jeunes chercheurs les moyens de servir la connaissance scientifique et le progrès médical, les travaux de Giovanna Mancuso rapportés par Marc Ansseau, psychiatre et chargé de cours en psychiatrie et psychologie médicale, ont de quoi susciter la polémique. Pourtant, ils ne remettent nullement en question les méfaits du tabac : la nicotine, ainsi que les nombreuses substances contenues dans la fumée ingérée, est extrêmement toxique et cette substance induit une dépendance très difficile à éliminer. Mais il ne sagit pas non plus de miser sur la politique de lautruche. Outre les raisons sociologiques pour lesquelles le tabac fait toujours aussi malheureusement... un tabac, la cigarette opère indéniablement sur les fumeurs certains effets positifs quil est envisageable dutiliser à des fins thérapeutiques. Toute substance peut avoir des effets néfastes ou bénéfiques selon son mode dutilisation.
Toxicité de la colombienne Plante aux vertus contestables au fil des époques, des croyances et des civilisations (vertus magico-religieuses pour les Amérindiens, insecticide, vermifuge...), la Nicotina tabacum sest vite propagée à travers le monde après sa découverte colombienne par le diplomate français Jean Nicot en 1560, bien que son emploi à des fins médicales fût vite oublié. Le tabac est en fait composé de plus de trois mille substances chimiques réparties en quatre catégories : le monoxyde de carbone, les irritants, les agents cancérigènes et la nicotine. Mené de concert avec la faculté de Psychologie et le service de psychologie biologique du Pr EzioTirelli, ce programme de recherche avait pour but dévaluer linfluence de cette dernière catégorie sur les capacités dattention et de concentration des fumeurs en utilisant une batterie de tests sur ordinateur mesurant les mécanismes dattention globaux (test dalerte et de motilité oculaire) et plus élaborés (test de balayage visuel et test dattention focalisée). Dans un second temps, il sagissait de déterminer comment la nicotine influence ces processus. A cet égard, les résultats indiquent quelle agit sur des circuits situés à larrière du cerveau qui améliorent globalement le niveau de performance. Les règles éthiques et déontologiques ayant été respectées, les dix cobayes étaient bien sûr des fumeurs avérés pour cette étude réalisée scientifiquement (lors dune session, les sujets ne fumaient que des cigarettes contenant un taux minimum de nicotine). Côté résultats, il convient de préciser que la nicotine nagit que sur les mécanismes globaux dattention et pas sur des fonctions plus compliquées. Elle favoriserait par exemple la rapidité de freinage en voiture, mais pas la recherche dun mot précis dans une page de texte. Ainsi donc, elle nagirait que sur un état général déveil, de tonicité accrue et sur une meilleure promptitude à la réaction. Substitut de cigarette ? Reste à savoir quelles seraient les applications possibles de cette découverte. « Cela pourrait déboucher sur des produits qui ne contiendraient que les aspects positifs de la substance sans ses inconvénients pour traiter des cas comme la démence sénile engendrant pertes de mémoire, oublis ou troubles de lorientation », prédit Marc Ansseau. Notre interlocuteur étant non fumeur, il serait moins aisé de le taxer de duplicité lorsquil souligne que lélaboration de cigarettes peu ou pas toxiques semble relever de lutopie. « Il faudrait aller contre les intérêts de lénorme industrie du tabac. Et puis, leur goût ne serait pas satisfaisant. On a déjà tenté lexpérience avec des plantes dont la fumée était toxique de toute façon. Il est vrai que des traitements de substitution pourraient savérer utiles, mais la cigarette revêt un aspect social et une certaine image contre lesquels il faudrait se battre à coups de redoutables campagnes de prévention. » Et si la nicotine rendait simplement les fumeurs plus éveillés... aux dangers de la cigarette ? Fabrice Terlonge |
Euro vision
Le 17 septembre dernier, lEcole internationale des jeunes entrepreneurs organisait à Colonster, dans le cadre de sa rentrée, une conférence sur lintroduction de leuro en Belgique. En présence de Bernard Caprasse, gouverneur de la province de Luxembourg et président de lEIE, du doyen de la faculté dEconomie et de Gestion en sciences sociales, Bernard Jurion, et du recteur Willy Legros, Nabil Jijakli, coordinateur de la cellule Euro de la BNB, a exposé le scénario du passage à la nouvelle monnaie fiduciaire dans notre pays. Ce fut également loccasion pour le Pr Pierre Armand Michel, directeur scientifique de lécole, de souhaiter la bienvenue aux jeunes entrepreneurs wallons qui suivront les modules de formation durant cette année scolaire. Soit 23 candidats âgés en moyenne de 27 ans et venant dhorizons professionnels divers. Pérenniser les PME La mission de lEIE est de préparer correctement les jeunes entrepreneurs wallons à la création, à la reprise et au développement daffaires souvent familiales. « Le projet est né dun double constat, explique Christoph Mouzon, directeur de lEIE. Le taux déchec à la reprise ou à la création dentreprises est assez élevé en Wallonie comme partout en Europe. 50% de ces entreprises disparaissent dans les cinq années. De plus, on sait que dici 2010, 70% des responsables de PME wallonnes vont se retirer, atteints par la limite dâge ou la lassitude. Or, les PME constituent 95% du tissu économique de la Wallonie. » Une formation spécifique à lintention des successeurs est alors mise sur pied en 1997 par lULg, en partenariat avec luniversité de Mons-Hainaut, la chambre de commerce et dindustrie du Luxembourg belge, les professions économiques et les organismes bancaires. La particularité de lEIE est de sadresser à de jeunes futurs patrons qui ne peuvent plus se permettre dacquérir les connaissances en autodidactes. Lécole prend contact avec des entreprises susceptibles dêtre intéressées. Les candidats sont alors interviewés et les modules de formation mis en place en fonction des desiderata. 200 heures de cours sont données entre septembre et janvier, en alternance avec les heures de travail. Entre février et juin, sur base des souhaits et des compétences propres à chaque entreprise, différentes missions économiques sont organisées à létranger. « Ces voyages daffaires sont un premier galop dessai pour ces jeunes, mais cest aussi une belle occasion de valoriser les entreprises belges à létranger », poursuit Christoph Mouzon. Formation permanente Ce sont les entreprises qui sinscrivent directement dans le programme, non les candidats eux-mêmes. Elles sacquittent une seule fois du droit dinscription et peuvent envoyer un ou plusieurs candidats suivre des cours plusieurs années de suite. Le choix de continuer ou non appartient à lentreprise. « Certaines personnes reviennent car les modules évoluent dannée en année. Ainsi, la matière euro, proposée dès 1998, ne sera plus dactualité dici deux ou trois ans. » Une autre originalité réside dans la création dun forum de discussions virtuels propre aux entreprises inscrites à lEIE où des échanges daffaires peuvent être générés. Sil est encore trop tôt pour tirer des conclusions sur lefficacité de ces formations quant à la survie de nos PME, il semble néanmoins, selon Christoph Mouzon, que certains effets soient déjà perceptibles : « Le passage par lEIE rassure le patron sur la capacité du successeur à prendre la relève. Cest également vécu comme un gage de sérieux par les partenaires économiques et les institutions bancaires en particulier. Enfin, le jeune prend confiance en lui, ce qui constitue un gage de succès complémentaire pour lavenir. » Olivier Beaujean
Contacts : Christoph Mouzon, tél. 0477.635.888, |
Chabadabada à la Fédé
« Passons directement à lessentiel, ( ), notre second objectif est de te représenter vis-à-vis de lUniversité et de sassurer que tes droits sont respectés. » Cet extrait de léditorial du Ptit tore, lorgane officiel de la Fédé, résume assez bien lesprit qui semble animer les deux nouveaux co-présidents fraîchement portés au pinacle. Peu enclins à se laisser submerger par des vétilles, Karin Walravens et Olivier Cant respectivement étudiants en 1re licence criminologie et en 1re technique ingénieur civil nuseront pas leur grande complicité à se refiler la patate chaude. Et leur robustesse résultera peut-être de leur expérience commune aux rênes du Forum international des étudiants, une funeste expérience qui naura pas tari leur soif daller de lavant au sein dune équipe qui matérialise maintenant le renouvellement radical du conseil dadministration.
Karin Walravens et Olivier Cant Costard pour deux Car il semble quun vent nouveau ait soufflé cette année sur lassemblé générale du n°24 de la place du 20-Août. « Nous ne considérons pas la suppression du Forum européen comme un postulat déchec car elle résulte plutôt dun manque de soutien gouvernemental. Cela nous a plutôt permis de nous rencontrer et de vivre un projet avec un groupe soudé qui bossera en partie avec nous à la Fédé », se défend Karin. Et Olivier de poursuivre : « Nous avons appris à gérer les réunions, les problèmes, le partage des responsabilités et cest très positif entre nous pour toutes ces raisons-là. » Mis en présence, nos deux co-présidents, pour qui la décision bilatérale semble immanente, exhalent un certain sens de la collégialité même sils se sont attribué leurs domaines réservés. Exemple : le social pour lune, la représentation des étudiants par rapport au gouvernement pour lautre. Grâce à une toute nouvelle équipe, Karin et Olivier auront donc les moyens de mener à bien de nouveaux projets plus axés sur un travail de fond. « Une bonne gestion des affaires quotidiennes ne doit pas monopoliser nos énergies mais constituer un outil pour développer des idée », explique-t-il. « Nous comptons sur le travail effficace mené par les permanents à cet égard », complète-t-elle. Vers plus dautonomie ? Des idées et des hommes De fait, leurs grands axes semblent se définir autour dune volonté commune détablir un bilan et dapporter des solutions aux dysfonctionnements de lorganisme de manière à pouvoir engager un rapprochement avec les cercles, appuyer davantage les projets détudiants ou de groupes détudiants (« Il ne faut pas que la Fédé finisse en cercle damis »), mais surtout se recentrer sur de plus larges débats didées. « Je pense que la Fédé a une implication philosophique car elle se veut le défenseur de la liberté et de laccessibilité à lenseignement. Certains sujets ne semblent pas avoir de répercussion directe sur la vie de létudiant. Pourtant, un département comme le Cecodel me fait penser que le principe de la coopération au développement vaut la peine dêtre défendu », précise Olivier. « Dans une optique plus sociale, je souhaiterais que lUniversité soit la plus accessible possible, explique Karin. Concrètement, je pense au trop long délai dobtention de bourse, à loptimisation du service social des étudiants. Je souhaite remettre de la vie sur le campus en valorisant entre autres notre local au Sart-Tilman et être plus vigilants par rapport aux réformes qui touchent notre Université. Pour ce faire, nous avons une capacité dintervention. » Gageant que ces projets ne seront pas que velléités, souhaitons-leur bon vent comme à de jeunes tourtereaux qui convoleraient en justes noces dans un horizon prometteur. Dailleurs, nous sommes tous invités au bal de circonstance le 16 novembre. Fabrice Terlonge
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Le français ? Impératif !
On ne présente plus le département de français de lISLV. Voilà plusieurs années déjà que, conscient du rôle capital joué par la maîtrise de la langue maternelle pour la réussite à luniversité, il propose aux étudiants un programme varié de perfectionnement. A chaque rentrée académique, ceux qui entament leur cursus universitaire sont invités à passer un test confidentiel ayant la forme dun questionnaire à choix multiple, destiné à mesurer leurs compétences en vocabulaire, orthographe, syntaxe et compréhension. On perçoit peut-être moins la panoplie de formations que lISLV offre, durant toute lannée, pour remédier à lune ou lautre faiblesse. Celles, par exemple, qui ont lieu un soir par semaine dans le courant du premier semestre (réunion dinformation, le 22 octobre prochain à 18h, au séminaire du département). Celles aussi qui, à la demande des Facultés et en collaboration avec le service Guidance Etudes, sont organisées A deux pas des partiels (samedi 8 décembre 2001) et A deux pas des examens (samedi 16 mars 2002). Les unes et les autres se déroulent en petits groupes et se présentent sous la forme dexercices pratiques, suivis de corrections personnalisées, particulièrement adaptés aux problèmes spécifiques rencontrés par tout un chacun.
Le numérique à la rescousse « Après la publication du livre La maîtrise du français. Du niveau secondaire au niveau supérieur* et la mise au point du didacticiel de français Franciel, sur cd-rom et téléchargeable, nous nous sommes lancés dans laventure du campus virtuel, confie Jean-Marc Defays, responsable de lISLV-département de français. Nous sommes en train de mettre en ligne le cours Introduction au discours scientifique et technique, dont la finalité est daméliorer chez les étudiants les productions écrite et orale. En janvier prochain, il sera accessible sur le site de lULg. » Un simple coup dil sur lintitulé des différentes sections de cet ouvrage dun nouveau type nous en révèle la richesse : maîtriser la langue, régler le discours, construire le texte, lire, rédiger, exposer oralement. A partir de lunité de base que constitue la phrase, une progression méthodique samorce qui conduit jusquaux dimensions macro-textuelles (paragraphes et texte), le contenu théorique étant systématiquement assorti dexercices. Et Frédéric Saenen, qui collabore au projet au même titre que Marielle Maréchal, de préciser : « Quelle que soit la discipline, on soccupe de la clarté de la langue chargée de véhiculer un contenu propre. » A lheure de la lutte tous azimuts contre léchec, est-il illusoire despérer plus de moyens pour développer les activités dun service dont lutilité pédagogique nest plus à démontrer ? Car, constate Jean-Marc Defays, « il y a des besoins évidents et des demandes accrues, y compris celles émanant dinstitutions étrangères à notre maison ». Mais plutôt que dattendre une hypothétique manne céleste, toute léquipe a décidé daller de lavant. On nen veut pour preuve que le colloque de didactique du français quelle organise dans notre Alma mater, conjointement avec le département détudes romanes, les 23, 24 et 25 mai 2002. Rendez-vous est pris. Henri Deleersnijder
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