Archives du Quinzième jour du mois, mensuel de l'Université de Liège.
N°107. Octobre 2001.

 

Également dans ce numéro





Violence, game over !

*Docteur en psychologie et chargé de cours à l’école de criminologie, Pierre Thys est coauteur d’un article intitulé “Les jeux sur ordinateur : approche des contenus et de l’impact possible sur les adolescents”, basé sur une enquête réalisée auprès d’élèves du secondaire par deux étudiants mémorants*. Entretien sur les fréquentations pas si virtuelles que ça des ados.

Le Quinzième jour : L’engouement des adolescents pour les jeux vidéo est connu depuis leur essor à la fin des années 80. En quoi la problématique a-t-elle évolué ?

Pierre Thys : Les avancées technologiques ont profondément modifié la donne. Des premiers programmes simplistes au graphisme élémentaire, on est passé à des machines monstrueuses qui font tourner des jeux beaucoup plus réalistes qu’avant. Les améliorations du graphisme, des effets sonores et de la rapidité augmentent la fascination des adolescents. D’autant que l’ordinateur permet maintenant d’injecter ses propres stratégies de jeu, ce qui modifie tout. Par ailleurs, la variété des thèmes traités est quasi illimitée. Seul le pornographique n’a pas encore réellement sa place.

Le Q.J. : Est-ce à dire que vous le déplorer ?

P.T. : Pas tout à fait, mais je regrette que l’on n’ait pas eu les mêmes inhibitions en matière de jeux de guerre et de violence gratuite. Dans un jeu appelé Quake, il est autorisé de torturer des gens pour obtenir des informations. Or, si je n’appelle ni à la banalisation ni à la “satanisation” des jeux vidéo, je relève que leur impact peut être variable selon les individus. L’étude montrait certes que bon nombre de jeunes ne confondaient pas la réalité avec la fiction, mais que 22% s’étonnaient de prendre du plaisir à tuer des gens.

Le Q.J. : Votre article aborde à plusieurs reprises la question des jeux à caractère raciste ou très violent. A-t-on une idée précise de l’ampleur du phénomène ?

P.T. : Les adolescents semblent beaucoup plus au courant qu’ils ne veulent bien le dire. Il est préoccupant de constater que sur certains sites de musique hard-rock, des liens faciles permettent d’accéder à des sites d’extrême droite ou d’incitation à la haine raciale. Le centre Simon Wiesenthal a d’ailleurs constaté leur augmentation au fil des années. Sans m’en révéler la provenance, un jeune m’a un jour montré un jeu dans lequel il s’agit d’adopter le rôle d’un gardien de camp de concentration et où la montée en grade résulte de sa bonne gestion des chambres à gaz et du nombre de dents et de cheveux que l’on récolte. Mais le phénomène est parfois plus insidieux et paraît anodin pour quelqu’un de non averti. Par exemple, il existe un jeu au contenu classique qui a la seule particularité d’avoir pour générique... l’hymne nazi.

Le Q.J. : Les parents ont-ils les moyens d’éviter la propagation de tels “jeux” ?

P.T. : Il n’est pas question d’affirmer que tout est mauvais ou marginal. Seule une véritable éducation aux médias actuels, notamment en milieu scolaire, me paraît primordiale. Le fait que des enfants jouent calmement sur leur ordinateur apparaît souvent comme un signe positif pour des parents qui aspirent à une certaine tranquillité. Mais à quoi jouent-ils ? Il ne s’agit pas d’interdire mais de mettre un nom sur les choses.

Le Q.J. : Et puis, il semble que les vidéogames aient également des effets positifs sur la mémoire, la concentration, la logique ou la réflexion...

P.T. : C’est tout à fait crédible, en plus du fait de développer une habileté psychomotrice assez géniale. D’ailleurs, adultes avertis, ne soyez pas de vieux ringards et jouez aux jeux vidéo en limitant le temps d’utilisation pour toute la famille, de manière à éviter fatigue et problèmes oculaires... comme pour la télé.

Le Q.J. : Alors télévision et jeux vidéo, même combat ?

P.T. : Exactement, à la grande différence que les jeux sur ordinateur ajoutent un rôle d’acteur à celui de (télé)spectateur. Le processus mental est différent puisque l’on décide ou pas de tirer. Or, en regardant la télévision, cet aspect décisionnel n’existe pas. A son procès, le nazi Adolf Eichmann affirmait n’avoir fait qu’exécuter des ordres. Une fois encore, je pense qu’il faut savoir susciter la réflexion avant de réprouver les jeux vidéo.

Propos recueillis par Fabrice Terlonge

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Député européen

*Pendant trois ans, Véronique De Keyser, professeur ordinaire à la faculté de Psychologie et Sciences de l’éducation, va s’investir au Parlement européen.

« Je suis très attachée à l’université, à l’esprit critique et à la générosité de l’esprit scientifique. Mais j’ai toujours pensé que le chercheur était aussi un acteur du monde dans lequel il évolue. Jeune docteur en mai 1968, j’ai toujours conçu l’engagement politique comme une démarche à la fois essentielle et naturelle. Je n’ai jamais fait partie du cadre du parti socialiste, j’étais simplement une militante. »

Si la construction de l’Europe sociale lui tient particulièrement à cœur, c’est au sein des commissions attribuées à feu Jacques Santkin qu’elle fera ses premières armes : santé, sécurité alimentaire, environnement. Mais la recherche et le positionnement des universités en Europe ne sont jamais loin de ses préoccupations. « L’Europe finance la recherche scientifique, heureusement. Il est par ailleurs inévitable, lorsque s’ouvrent les frontières, que l’on compare les universités et que celles-ci entrent en concurrence, mais je n’y vois aucune objection. De la même manière, je ne suis pas opposée à une certaine évaluation des universités. Encore faut-il en déterminer les critères ! Si l’université doit s’adapter aux besoins du marché, si la recherche est dictée par les entreprises, elle perd son âme et, à terme, se suicide. A mon sens, il faut faire évoluer l’Europe sociale pour envisager les questions sous un angle différent et s’affranchir du seul prisme économique. »


Propos recueillis par Patricia Janssens

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Le pouvoir d’un mot…

*Débattre, lutter, résister. Voilà les intentions qui animent la nouvelle venue dans le monde éditorial, la collection “Liberté j’écris ton nom”, coéditée par les éditions Labor et les éditions Espace de Libertés.

« J’écris ton nom liberté. » Par ces mots de 1944, Paul Eluard rendait hommage à la Résistance. De résistance, il est également question dans la nouvelle collection dirigée par Pascal Durand, chargé de cours en information et communication à l’ULg. Elle débute avec quatre titres qui invitent le lecteur au débat citoyen : Les prédateurs de la mémoire. La Shoah au péril des négationnistes de Henri Deleersnijder, La philosophie au programme de Véronique Dortu et Pierre Somville, L’école prostituée. L’offensive des entreprises sur l’enseignement de Nico Hirtt et Manuel de survie à la pensée unique de Jean Sloover.

Nourrir le débat public

Si les thèmes développés sont chers au combat laïque, ils ne constituent toutefois pas un long plaidoyer anticlérical. « Le grand public a trop souvent tendance à confondre laïcité et anticléricalisme : sa lutte [celle de la laïcité], pour être efficace, doit prendre des formes aussi diverses que les dogmatismes qu’elle combat », explique le directeur d’une collection qui veut, avant tout, alimenter le débat public. Parmi les problématiques qui seront abordées, on retrouve les grands enjeux de société comme la liberté d’expression, la lutte contre l’extrême droite, l’enseignement, etc. « C’est une collection de débat et de combat », résume son directeur.

Henri Deleersnijder, professeur d’histoire dans le secondaire, collaborateur du Quinzième jour et de la section information et communication, dénonce le négationnisme, « entreprise de falsification à des fins idéologiques ». A l’heure où les derniers témoins de l’Holocauste disparaissent peu à peu, Les prédateurs de la mémoire est un appel à combattre cette relecture de l’Histoire qui consiste à nier l’existence du génocide juif.

Avec La philosophie au programme, Pierre Somville, professeur à l’ULg, et son assistante Véronique Dortu argumentent en faveur d’un enseignement de la philosophie dans les deux dernières années du secondaire : « Il faut mettre la philosophie au niveau de l’auditoire pour permettre aux élèves de décoder les messages faux qui leur sont livrés. »

Nico Hirtt, professeur de physique et d’informatique dans le secondaire, critique, dans L’école prostituée, la “marchandisation”de l’école. Selon lui, les contraintes économiques dictent la politique éducative actuelle. « Pour plaire aux entreprises, on passe du droit à l’instruction au devoir de s’instruire tout au long de la vie. »

Pour sa part, Jean Sloover, chroniqueur économique, s’interroge sur les fondements de notre économie dite “nouvelle”. Son Manuel de survie à la pensée unique épingle, avec ironie, les stéréotypes « qui tendent à faire passer l’économie de marché pour un fait de Nature ».

Pour lecteurs pressés

“Liberté j’écris ton nom” s’adresse à tous ceux qui se réclament de la pensée libre. Mais les deux maisons d’éditions, Labor et Espace de Libertés, ont bien compris que leur lectorat n’avait pas nécessairement le temps de ses ambitions intellectuelles. Pour séduire ce public, elles ont donc opté pour des ouvrages maniables et courts. Pour Patrice Dartevelle, directeur des éditions Espace de Libertés, « il ne faudrait pas qu’à force d’être exhaustif, on se tienne à l’écart de ce mode de communication souhaité par beaucoup. Nous devons diversifier nos produits, comme on le dit aujourd’hui, pour mieux servir nos idéaux, comme on le disait autrefois ».

Si les lecteurs sont généralement pressés, il n’en va pas de même pour les auteurs. La volonté éditoriale est de produire des ouvrages critiques, mûrement réfléchis sans céder à la pression des événements. « Il n’y aura pas d’essais rapidement bouclés soumis à la servitude de l’actualité », promet Pascal Durand. La collection devrait accueillir quatre nouveaux titres au mois de janvier.

« Et par le pouvoir d’un mot, Je recommence ma vie, Je suis né pour te connaître, Pour te nommer, Liberté. » (Eluard)


Céline Sérusiaux

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La cigarette rend-elle intelligent ?

*Les récentes conclusions d’un programme de recherche mené dans notre Université tendent à démontrer que la nicotine améliore globalement le niveau des performances intellectuelles chez l’homme. Pourtant, sauf raisonnement spécieux, cette conclusion scientifique n’a en aucune façon valeur de plaidoyer en faveur de la clope.

Présentés dans le cadre des travaux soutenus par la Fondation Léon Frédéricq qui vise à donner à de jeunes chercheurs les moyens de servir la connaissance scientifique et le progrès médical, les travaux de Giovanna Mancuso rapportés par Marc Ansseau, psychiatre et chargé de cours en psychiatrie et psychologie médicale, ont de quoi susciter la polémique. Pourtant, ils ne remettent nullement en question les méfaits du tabac : la nicotine, ainsi que les nombreuses substances contenues dans la fumée ingérée, est extrêmement toxique et cette substance induit une dépendance très difficile à éliminer.

Mais il ne s’agit pas non plus de miser sur la politique de l’autruche. Outre les raisons sociologiques pour lesquelles le tabac fait toujours aussi malheureusement... un tabac, la cigarette opère indéniablement sur les fumeurs certains effets positifs qu’il est envisageable d’utiliser à des fins thérapeutiques. Toute substance peut avoir des effets néfastes ou bénéfiques selon son mode d’utilisation.

Toxicité de la colombienne

Plante aux vertus contestables au fil des époques, des croyances et des civilisations (vertus magico-religieuses pour les Amérindiens, insecticide, vermifuge...), la Nicotina tabacum s’est vite propagée à travers le monde après sa découverte colombienne par le diplomate français Jean Nicot en 1560, bien que son emploi à des fins médicales fût vite oublié. Le tabac est en fait composé de plus de trois mille substances chimiques réparties en quatre catégories : le monoxyde de carbone, les irritants, les agents cancérigènes et la nicotine.

Mené de concert avec la faculté de Psychologie et le service de psychologie biologique du Pr EzioTirelli, ce programme de recherche avait pour but d’évaluer l’influence de cette dernière catégorie sur les capacités d’attention et de concentration des fumeurs en utilisant une batterie de tests sur ordinateur mesurant les mécanismes d’attention globaux (test d’alerte et de motilité oculaire) et plus élaborés (test de balayage visuel et test d’attention focalisée). Dans un second temps, il s’agissait de déterminer comment la nicotine influence ces processus. A cet égard, les résultats indiquent qu’elle agit sur des circuits situés à l’arrière du cerveau qui améliorent globalement le niveau de performance.

Les règles éthiques et déontologiques ayant été respectées, les dix “cobayes” étaient bien sûr des fumeurs avérés pour cette étude réalisée scientifiquement (lors d’une session, les sujets ne fumaient que des cigarettes contenant un taux minimum de nicotine). Côté résultats, il convient de préciser que la nicotine n’agit que sur les mécanismes globaux d’attention et pas sur des fonctions plus compliquées. Elle favoriserait par exemple la rapidité de freinage en voiture, mais pas la recherche d’un mot précis dans une page de texte. Ainsi donc, elle n’agirait que sur un état général d’éveil, de tonicité accrue et sur une meilleure promptitude à la réaction.

Substitut de cigarette ?

Reste à savoir quelles seraient les applications possibles de cette découverte. « Cela pourrait déboucher sur des produits qui ne contiendraient que les aspects positifs de la substance sans ses inconvénients pour traiter des cas comme la démence sénile engendrant pertes de mémoire, oublis ou troubles de l’orientation », prédit Marc Ansseau. Notre interlocuteur étant non fumeur, il serait moins aisé de le taxer de duplicité lorsqu’il souligne que l’élaboration de cigarettes peu ou pas toxiques semble relever de l’utopie. « Il faudrait aller contre les intérêts de l’énorme industrie du tabac. Et puis, leur goût ne serait pas satisfaisant. On a déjà tenté l’expérience avec des plantes… dont la fumée était toxique de toute façon. Il est vrai que des traitements de substitution pourraient s’avérer utiles, mais la cigarette revêt un aspect social et une certaine image contre lesquels il faudrait se battre à coups de redoutables campagnes de prévention. »

Et si la nicotine rendait simplement les fumeurs plus éveillés... aux dangers de la cigarette ?

Fabrice Terlonge

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Euro vision

*La quatrième rentrée académique de l’Ecole internationale des jeunes entrepreneurs (EIE) était placée sous le signe de l’euro. Actualité oblige.

Le 17 septembre dernier, l’Ecole internationale des jeunes entrepreneurs organisait à Colonster, dans le cadre de sa rentrée, une conférence sur l’introduction de l’euro en Belgique. En présence de Bernard Caprasse, gouverneur de la province de Luxembourg et président de l’EIE, du doyen de la faculté d’Economie et de Gestion en sciences sociales, Bernard Jurion, et du recteur Willy Legros, Nabil Jijakli, coordinateur de la cellule “Euro” de la BNB, a exposé le scénario du passage à la nouvelle monnaie fiduciaire dans notre pays. Ce fut également l’occasion pour le Pr Pierre Armand Michel, directeur scientifique de l’école, de souhaiter la bienvenue aux jeunes entrepreneurs wallons qui suivront les modules de formation durant cette année scolaire. Soit 23 candidats âgés en moyenne de 27 ans et venant d’horizons professionnels divers.

Pérenniser les PME

La mission de l’EIE est de préparer correctement les jeunes entrepreneurs wallons à la création, à la reprise et au développement d’affaires souvent familiales. « Le projet est né d’un double constat, explique Christoph Mouzon, directeur de l’EIE. Le taux d’échec à la reprise ou à la création d’entreprises est assez élevé en Wallonie comme partout en Europe. 50% de ces entreprises disparaissent dans les cinq années. De plus, on sait que d’ici 2010, 70% des responsables de PME wallonnes vont se retirer, atteints par la limite d’âge ou la lassitude. Or, les PME constituent 95% du tissu économique de la Wallonie. » Une formation spécifique à l’intention des successeurs est alors mise sur pied en 1997 par l’ULg, en partenariat avec l’université de Mons-Hainaut, la chambre de commerce et d’industrie du Luxembourg belge, les professions économiques et les organismes bancaires.

La particularité de l’EIE est de s’adresser à de jeunes futurs patrons qui ne peuvent plus se permettre d’acquérir les connaissances en autodidactes. L’école prend contact avec des entreprises susceptibles d’être intéressées. Les candidats sont alors interviewés et les modules de formation mis en place en fonction des desiderata. 200 heures de cours sont données entre septembre et janvier, en alternance avec les heures de travail. Entre février et juin, sur base des souhaits et des compétences propres à chaque entreprise, différentes missions économiques sont organisées à l’étranger. « Ces voyages d’affaires sont un premier galop d’essai pour ces jeunes, mais c’est aussi une belle occasion de valoriser les entreprises belges à l’étranger », poursuit Christoph Mouzon.

Formation permanente

Ce sont les entreprises qui s’inscrivent directement dans le programme, non les candidats eux-mêmes. Elles s’acquittent une seule fois du droit d’inscription et peuvent envoyer un ou plusieurs candidats suivre des cours plusieurs années de suite. Le choix de continuer ou non appartient à l’entreprise. « Certaines personnes reviennent car les modules évoluent d’année en année. Ainsi, la matière “euro”, proposée dès 1998, ne sera plus d’actualité d’ici deux ou trois ans. » Une autre originalité réside dans la création d’un forum de discussions virtuels propre aux entreprises inscrites à l’EIE où des échanges d’affaires peuvent être générés.

S’il est encore trop tôt pour tirer des conclusions sur l’efficacité de ces formations quant à la survie de nos PME, il semble néanmoins, selon Christoph Mouzon, que certains effets soient déjà perceptibles : « Le passage par l’EIE rassure le patron sur la capacité du successeur à prendre la relève. C’est également vécu comme un gage de sérieux par les partenaires économiques et les institutions bancaires en particulier. Enfin, le jeune prend confiance en lui, ce qui constitue un gage de succès complémentaire pour l’avenir. »

Olivier Beaujean

Contacts : Christoph Mouzon, tél. 0477.635.888,
e-mail christoph.mouzon@eie.be, ou Pierre Armand Michel,
tél. 04.366.31.93, site http//www.eie.be

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Chabadabada à la Fédé

*Aux premiers entrechats du ballet automnal des feuilles caduques et de la fête foraine, le carrousel du campus amène son lot de changements, notamment à la tête de la Fédération des étudiants de l’ULg (Fédé). Revendiquant en filigrane un droit d’inventaire sur l’institution estudiantine, la nouvelle co-présidence prône également un retour aux idées.

« Passons directement à l’essentiel, (…), notre second objectif est de te représenter vis-à-vis de l’Université et de s’assurer que tes droits sont respectés. » Cet extrait de l’éditorial du P’tit tore, l’organe officiel de la Fédé, résume assez bien l’esprit qui semble animer les deux nouveaux co-présidents fraîchement portés au pinacle. Peu enclins à se laisser submerger par des vétilles, Karin Walravens et Olivier Cant – respectivement étudiants en 1re licence criminologie et en 1re technique ingénieur civil – n’useront pas leur grande complicité à se refiler la patate chaude. Et leur robustesse résultera peut-être de leur expérience commune aux rênes du Forum international des étudiants, une funeste expérience qui n’aura pas tari leur soif d’aller de l’avant au sein d’une équipe qui matérialise maintenant le renouvellement radical du conseil d’administration.

Karin Walravens et Olivier Cant

Costard pour deux

Car il semble qu’un vent nouveau ait soufflé cette année sur l’assemblé générale du n°24 de la place du 20-Août. « Nous ne considérons pas la suppression du Forum européen comme un postulat d’échec car elle résulte plutôt d’un manque de soutien gouvernemental. Cela nous a plutôt permis de nous rencontrer et de vivre un projet avec un groupe soudé qui bossera en partie avec nous à la Fédé », se défend Karin. Et Olivier de poursuivre : « Nous avons appris à gérer les réunions, les problèmes, le partage des responsabilités… et c’est très positif entre nous pour toutes ces raisons-là. » Mis en présence, nos deux co-présidents, pour qui la décision bilatérale semble immanente, exhalent un certain sens de la collégialité même s’ils se sont attribué leurs domaines réservés. Exemple : le social pour l’une, la représentation des étudiants par rapport au gouvernement pour l’autre.

Grâce à une toute nouvelle équipe, Karin et Olivier auront donc les moyens de mener à bien de nouveaux projets plus axés sur un travail de fond. « Une bonne gestion des affaires quotidiennes ne doit pas monopoliser nos énergies mais constituer un outil pour développer des idée », explique-t-il. « Nous comptons sur le travail effficace mené par les permanents à cet égard », complète-t-elle. Vers plus d’autonomie ?

Des idées et des hommes

De fait, leurs grands axes semblent se définir autour d’une volonté commune d’établir un bilan et d’apporter des solutions aux dysfonctionnements de l’organisme de manière à pouvoir engager un rapprochement avec les cercles, appuyer davantage les projets d’étudiants ou de groupes d’étudiants (« Il ne faut pas que la Fédé finisse en cercle d’amis »), mais surtout se recentrer sur de plus larges débats d’idées. « Je pense que la Fédé a une implication philosophique car elle se veut le défenseur de la liberté et de l’accessibilité à l’enseignement. Certains sujets ne semblent pas avoir de répercussion directe sur la vie de l’étudiant. Pourtant, un département comme le Cecodel me fait penser que le principe de la coopération au développement vaut la peine d’être défendu », précise Olivier.

« Dans une optique plus sociale, je souhaiterais que l’Université soit la plus accessible possible, explique Karin. Concrètement, je pense au trop long délai d’obtention de bourse, à l’optimisation du service social des étudiants. Je souhaite remettre de la vie sur le campus en valorisant entre autres notre local au Sart-Tilman et être plus vigilants par rapport aux réformes qui touchent notre Université. Pour ce faire, nous avons une capacité d’intervention. »

Gageant que ces projets ne seront pas que velléités, souhaitons-leur bon vent comme à de jeunes tourtereaux qui convoleraient en justes noces dans un horizon prometteur. D’ailleurs, nous sommes tous invités au bal de circonstance le 16 novembre.

Fabrice Terlonge

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Le français ? Impératif !

*Fer de lance de la lutte contre la méconnaissance de la langue de Voltaire, le département de français de l’Institut supérieur des langues vivantes (ISLV) enrichit l’éventail de ses formations d’un nouveau cours, bientôt disponible sur le campus virtuel de l’Université.

On ne présente plus le département de français de l’ISLV. Voilà plusieurs années déjà que, conscient du rôle capital joué par la maîtrise de la langue maternelle pour la réussite à l’université, il propose aux étudiants un programme varié de perfectionnement. A chaque rentrée académique, ceux qui entament leur cursus universitaire sont invités à passer un test confidentiel ayant la forme d’un questionnaire à choix multiple, destiné à mesurer leurs compétences en vocabulaire, orthographe, syntaxe et compréhension.

On perçoit peut-être moins la panoplie de formations que l’ISLV offre, durant toute l’année, pour remédier à l’une ou l’autre faiblesse. Celles, par exemple, qui ont lieu un soir par semaine dans le courant du premier semestre (réunion d’information, le 22 octobre prochain à 18h, au séminaire du département). Celles aussi qui, à la demande des Facultés et en collaboration avec le service Guidance Etudes, sont organisées “A deux pas des partiels” (samedi 8 décembre 2001) et “A deux pas des examens” (samedi 16 mars 2002). Les unes et les autres se déroulent en petits groupes et se présentent sous la forme d’exercices pratiques, suivis de corrections personnalisées, particulièrement adaptés aux problèmes spécifiques rencontrés par tout un chacun.

Le numérique à la rescousse

« Après la publication du livre La maîtrise du français. Du niveau secondaire au niveau supérieur* et la mise au point du didacticiel de français Franciel, sur cd-rom et téléchargeable, nous nous sommes lancés dans l’aventure du campus virtuel, confie Jean-Marc Defays, responsable de l’ISLV-département de français. Nous sommes en train de mettre en ligne le cours “Introduction au discours scientifique et technique”, dont la finalité est d’améliorer chez les étudiants les productions écrite et orale. En janvier prochain, il sera accessible sur le site de l’ULg. » Un simple coup d’œil sur l’intitulé des différentes sections de cet ouvrage d’un nouveau type nous en révèle la richesse : maîtriser la langue, régler le discours, construire le texte, lire, rédiger, exposer oralement. A partir de l’unité de base que constitue la phrase, une progression méthodique s’amorce qui conduit jusqu’aux dimensions macro-textuelles (paragraphes et texte), le contenu théorique étant systématiquement assorti d’exercices. Et Frédéric Saenen, qui collabore au projet au même titre que Marielle Maréchal, de préciser : « Quelle que soit la discipline, on s’occupe de la clarté de la langue chargée de véhiculer un contenu propre. »

A l’heure de la lutte tous azimuts contre l’échec, est-il illusoire d’espérer plus de moyens pour développer les activités d’un service dont l’utilité pédagogique n’est plus à démontrer ? Car, constate Jean-Marc Defays, « il y a des besoins évidents et des demandes accrues, y compris celles émanant d’institutions étrangères à notre maison ». Mais plutôt que d’attendre une hypothétique manne céleste, toute l’équipe a décidé d’aller de l’avant. On n’en veut pour preuve que le colloque de didactique du français qu’elle organise dans notre Alma mater, conjointement avec le département d’études romanes, les 23, 24 et 25 mai 2002. Rendez-vous est pris.

Henri Deleersnijder


Langues en cours

Les étudiants qui éprouvent des difficultés ou qui souhaitent soit développer leur pratique d’une langue, soit acquérir les notions d’une autre langue étrangère, peuvent s’inscrire à l’un des cours du soir organisés par le département des langues étrangères de l’ISLV. Notons que les examens de fin d’année donnent droit à un certificat ou à une attestation. Le département des langues étrangères se tient à votre disposition pour vous envoyer une brochure détaillée sur ses différents cours (du jour et du soir).

Contacts : tél. 04.366.55.17,
e-mail Jeannine.Boulanger@ulg.ac.be,
site http://www.ulg.ac.be/islvle

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