Archives du Quinzième jour du mois, mensuel de l'Université de Liège.
N°109. Décembre 2001.

 

Également dans ce numéro





Carte blanche

Des trajectoires de défaillance bien ordinaires…

*Le ciel européen vient d’être confronté à une succession de faillites d’entreprises, qui ont touché à la fois les géants du secteur et des opérateurs de moindre envergure : ainsi, City Bird, Swissair, Air Liberté et, plus proche encore de nous, la Sabena, ont été contraintes au dépôt de bilan, malgré une vive restructuration.

Pourquoi ces défaillances ? N’était-il pas possible d’anticiper ou de gérer autrement les défis posés au ciel européen en ce début de XXIe siècle ? Voilà des questions que bon nombre d’observateurs se posent aujourd’hui et auxquelles le concept de “trajectoire de défaillance” permet d’apporter une réponse… théorique.

Fondamentalement, le secteur du transport aérien a été, plus que d’autres, touché par l’émergence d’une “Nouvelle Economie” et il a eu beaucoup de mal à s’adapter à cette nouvelle donne, tant structurellement qu’au niveau du système de gestion de ses principaux acteurs. Ainsi, les phénomènes de dérégulation et de déréglementation ont-ils particulièrement affecté ce secteur longtemps extrêmement protégé et placé sous le contrôle d’opérateurs publics ou fortement dépendants d’Etats. Peu habitués à gérer une concurrence active – caractérisée notamment par des opérateurs de taille plus modeste –, les acteurs traditionnels ont eu du mal à identifier clairement les véritables inducteurs de changement propres à leur secteur. L’apparition de ces nouveaux acteurs au modèle entrepreneurial purement privé, le développement d’aéroports régionaux multiples ou encore l’apparition de nouvelles stratégies commerciales notamment focalisées sur le “bas prix”, autrefois réservées à leurs filiales de charters, ont bouleversé l’équilibre de ce secteur. Les nouvelles techniques de communication ont en outre induit un comportement plus versatile des consommateurs et ont suscité l’émergence de nouveaux canaux de commercialisation. Empêtrés dans des structures de pouvoir complexes (où se mêlent continuellement de multiples préoccupations entrepreneuriales, sociales, politiques et économiques) et dans un système organisationnel peu ouvert au changement, les acteurs traditionnels du secteur ont éprouvé beaucoup de difficultés à anticiper les comportements des clients, alors même qu’ils sont fondamentalement à l’origine de ce chiffre d’affaires sans lequel une entreprise ne peut espérer survivre.

Didier Van Caillie

A la base du processus de défaillance de ces entreprises, nous retrouvons donc classiquement les deux éléments qui provoquent – le plus souvent – l’entrée dans une spirale infernale qui, non maîtrisée, conduit inexorablement à la faillite, au terme d’un processus plus ou moins long selon la taille de l’entreprise et l’influence relative de ses acteurs. D’abord, une dégradation vive et continue du chiffre d’affaires, reflet d’un portefeuille de produits ou de services qui ne correspond plus vraiment aux attentes des clients (ou qui ne se différencie pas assez de celui offert par des concurrents). Ensuite, un accroissement brutal des investissements, conséquence souvent la plus directe et la plus tangible de décisions de redéploiement stratégique prises à la hâte lorsque les premiers signes d’essoufflement du chiffre d’affaires surviennent.

Or, ces investissements, même judicieusement choisis, commencent toujours par entraîner d’abord une sortie de fonds hors de l’entreprise, à un moment où cette trésorerie est déjà entamée par la dégradation du chiffre d’affaires.

Non maîtrisé, le processus conduit rapidement à une crise de trésorerie et donc de liquidité sérieuse. L’endettement apparaît alors comme la seule solution. Or, l’association d’une liquidité détériorée qui ne permet plus de faire face aux engagements de l’entreprise et d’une solvabilité entamée par un endettement élevé et par un manque de confiance des prêteurs externes conduit à la réunion des deux conditions qui, juridiquement, amènent l’entreprise en état de concordat… ou de faillite !

Didier Van Caillie,
chargé de cours à la faculté d’Economie, de Gestion et de Sciences sociales

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Enfants de la télé ?

*En déposant une proposition de décret au Parlement de la Communauté française visant à interdire la publicité cinq minutes avant et après les émissions destinées aux enfants, les députés Anne-Marie Corbisier-Hagon et André Bouchat ont relancé le débat intarissable de l’influence de la publicité et plus généralement de la télévision sur le jeune public.

Eclairage sur ce débat par Michel Hermans, chargé de cours adjoint en information et communication à l’ULg, qui s’est penché sur la problématique de l’impact de ce média dans l’ouvrage collectif Pour la démocratie : contrer l’extrémisme liberticide, paru aux Editions de l’université de Liège sous la direction des Prs Jean Beaufays et Paul Delnoy.

Le Quinzième jour : Quel est, selon vous, l’impact de la télévision dans l’éducation des enfants ?

Michel Hermans : La télévision joue un rôle important. Le temps qui lui est consacré par téléspectateur est en moyenne de trois heures et demi par jour et les enfants se situent en général au-dessus de cette moyenne. Ce média délivre des messages unidirectionnels qui ont tendance à influencer le comportement du téléspectateur. Etienne Allemand écrivait à ce propos que la différence fondamentale entre la télévision et le cinéma est que la première entre tous les jours dans les foyers et s’adresse à chacun en particulier, alors qu’au cinéma, il existe un partage entre les spectateurs dans la salle qui constitue une possibilité d’échange de l’information. Ce n’est pas le cas avec la télévision : l’impact du message est donc nettement plus important. Il y a aussi une grande passivité à l’égard de la télévision qui est renforcée par la place qu’elle occupe dans notre vie quotidienne. Par rapport aux adultes, les enfants sont particulièrement influencés par l’image et, dans le cas de la publicité, celle-ci peut orienter leur choix vers tel ou tel produit de consommation, voire déterminer celui des parents. L’enfant est habitué au système éducatif du maître qui enseigne la télévision prend d’une certaine manière le relais, si ce n’est qu’elle ne permet aucune réaction alors qu’en classe, l’élève peut intervenir.

Le Q.J. : Comment peut-on limiter l’influence des messages publicitaires sur le jeune public ?

M.H. : Les enfants constituent une cible pour les publicitaires. C’est la raison pour laquelle plusieurs parlementaires ont déposé des projets de décret pour limiter la durée et le type de publicités destinées aux enfants en fonction notamment des périodes de l’année comme la Saint-Nicolas ou les fêtes de fin d’année, tentant par là d’empêcher une surconsommation. S’il existe des règles communes reprises dans des directives européennes, concernant entre autres l’interdiction des messages qui pourraient nuire gravement à la santé mentale des jeunes, leur interprétation varie d’un pays à l’autre et aussi entre secteur public et secteur privé. Limitées au niveau de la télévision publique de la Communauté française de Belgique, certaines émissions enfantines de chaînes commerciales françaises, reçues par l’intermédiaire du câble, regorgent de ce type de messages.

Le Q.J. : La télévision est un média unidirectionnel qui engendre donc la passivité du récepteur. Alors, comment se comporte l’enfant face à un moyen de communication interactif comme internet ?

M.H. : Je crois que le comportement des enfants vis-à-vis d’internet est influencé par ce qu’il vit par ailleurs. Il va rechercher sur le web le prolongement de ce qu’il a vu à la télévision. L’interactivité, elle-même, est un prolongement de la télévision. L’enfant regarde le dessin animé Pokemon à la télévision; il est bombardé de stimuli qui en font un grand consommateur de ce type de programmes. Après, il ira rechercher sur le net le jeu vidéo Pokemon qui va lui permettre d’entrer dans la peau du personnage. Avec les casques interactifs, on pénètre carrément dans l’image, dans le jeu, au risque, pour l’enfant, de ne plus distinguer le monde réel du monde imaginaire : c’est ce que j’appelle l’effet Matrix.

Propos recueillis par Olivier Beaujean


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Gestion professionnelle des achats

*Du simple papier au vulgaire crayon, des produits pharmaceutiques aux pièces usinées pour ingénieurs en passant par les hypophyses de porc chez les vétérinaires, on commande de tout à l’ULg ! Et on achète beaucoup. Afin de professionnaliser la gestion de tous ses achats, le conseil d’administration du 26 septembre a décidé de créer une centrale d’achats avec l’aide du cabinet Total Management & Associates (TMA). Un enjeu de taille.

L’université de Liège regroupe 70 départements et quelques 900 services. En terme d’achats, cela représente des centaines de consommateurs et un montant de plus de trois milliards de francs par an… Or, notre système actuel ne permet pas d’obtenir des fournisseurs des conditions à la hauteur du volume total acheté par l’Université. Ainsi, alors qu’il existe un magasin central – pour les fournitures de bureau par exemple – moins d’un tiers des commandes transite par lui. D’autres exemples concernent les imprimantes, copieurs pour lesquels (presque) toutes les marques se retrouvent à l’Université. Il est évident que le regroupement des commandes jouerait en notre faveur.

Pour quelle raison ? Parce que “l’union fait la force”, face aux fournisseurs avec lesquels on peut négocier les marchés pour optimiser les conditions d’achat. Pour ce faire, l’Université a décidé de faire appel aux “résultants” du cabinet Total Management & Associates. Pourquoi un cabinet extérieur ? Pour bénéficier du savoir-faire d’une quarantaine de spécialistes invités à travailler en nos locaux. Au-delà d’une mission de conseil, le cabinet assurera l’accompagnement et la négociation professionnelle de l’ensemble des achats de notre Institution, dans le respect des règles légales auxquelles elle est soumise. Une mission qui comportera plusieurs phases dont celle de l’analyse des besoins spécifiques de chaque professeur et de chaque laboratoire. C’est en ce sens que les consultants rencontreront certains professeurs, secrétaires exécutifs ou employés administratifs. « Notre objectif est d’apporter aux achats un “plus” en proposant des services complémentaires, comme la maintenance des appareils par exemple, confie Denis Richelle, partenaire du cabinet. Nous souhaitons également développer des outils modernes d’achat (e-procurement, P-card, etc.) pour la facilité des professeurs. » Car il faut aussi insister sur cet avantage : TMA contribuera à alléger les tâches administratives des professeurs qui n’auront plus à s’occuper de devis, d’appels d’offre etc. A noter que tous les secteurs ne seront pas couverts d’emblée : le processus se mettra en place petit à petit, en commençant notamment par les fournitures de bureau, le matériel didactique et les copieurs.

Tout ça pour quoi ? Pour obtenir des fournisseurs une remise directe aux services universitaires, et pour le budget ordinaire de l’Université, une remise globale liée au volume d’achats. Un profit sonnant et trébuchant puisque quelques pour-cents gagnés suffisent pour atteindre une économie de plus de 100 millions de francs par an. Les enjeux sont tels que l’ULg travaille en outre avec l’ULB et l’UCL pour mettre en place une “market place”. Un enjeu de taille.

Pa.J.

Une adresse électronique est à votre disposition pour vos questions : achats@ulg.ac.be

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Dyax s’installe

*Le 16 novembre dernier a eu lieu l’inauguration des nouveaux bâtiments de Dyax, l’entreprise américaine établie depuis peu à l’université de Liège. Une dizaine de chercheurs sont désormais installés dans un bâtiment réaménagé près de l’Institut de botanique au Sart-Tilman. « L’intérêt de l’implantation de Dyax pour notre institution est majeur, souligne le recteur Willy Legros, car l’entreprise va renforcer notrepôle biotechnologique en lui apportant une dimension complémentaire. ».

Henri Blair, Serge Kubla et Willy Legros lors de l'inauguration

Pour Bernard Rentier, vice-recteur et professeur en biologie moléculaire, l’arrivée de Dyax à Liège présente des avantages tant sur le plan scientifique que pédagogique. Le Pr Hoogenboom, fondateur et président de Target Quest à Maastricht, titulaire de la chaire Dyax dans le domaine de l’évolution biomoléculaire, dispensera des cours, dirigera les mémoires et encadrera les thèses de doctorat tout en favorisant les stages des jeunes chercheurs dans l’entreprise. « Nous souhaitions un nouvel environnement compétitif dans le domaine des biotceh, confie Henri Blair, Pdg, de Dyax, et tous les domaines du vivant peuvent être expérimentés à l’ULg, ce qui nous intéresse particulièrement. De plus, la situation géographique de Liège est parfaite à notre sens. » Un pas décisif vers la constitution d’un génopôle ?

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Roulez jeunesse

*Sacrifiée sur l’autel de l’humour via les ineffables “faux-contact”, la prévention routière n’est pourtant pas forcément un sujet qui prête à rire en regard des 250 jeunes automobilistes qui périssent annuellement sur nos routes*. Dans le cadre d’une campagne de sensibilisation aux exigences d’une conduite responsable, un stage de perfectionnement gratuit était récemment offert à une vingtaine d’étudiants de l’ULg sur circuit spécial.

Tout le monde a gagné ! C’est en ces termes que débuta le cours théorique de perfectionnement automobile organisé par l’asbl Responsability Experience Defensive (RED), en partenariat avec la Fédé. Car, au grand dam de l’orateur pourtant rompu à l’ambiance “bon enfant” des auditoires pléthoriques, il était affligeant de constater que le nombre d’étudiants présents aux amphithéâtres de l’Europe était réduit à la portion congrue. Tout bénéfice pour ceux qui firent le choix de prolonger leur après-midi académique en allant éprouver leur comportement d’usagers de la chaussée. En effet, le tirage au sort initialement prévu pour attribuer les 80 stages pratiques offerts se mua de facto en de gracieuses invitations.

« Nous avons peut-être été victimes d’un manque de communication », s’étonnait Daniel Herregods, concepteur du stage Driving know-how et ancien pilote automobile. Pourtant, la formation post-permis se révèle cruciale et fait l’objet de beaucoup d’attention de la part de notre gouvernement. Elle risque d’ailleurs de devenir obligatoire, un peu comme en Autriche.» Car le fameux permis, “simple” sésame nécessitant l’acquisition des règles élémentaires de la conduite automobile, envoie sur les routes de jeunes conducteurs trop peu expérimentés et, par conséquent, peu aptes à anticiper le danger ou à fournir la réaction appropriée en situation d’urgence. D’où la nécessité de les confronter au freinage rapide, à l’évitement d’obstacles et autres virages glissants.

Permis d’appoint

Mais outre l’aspect spectaculaire de ce type d’exercice, les principales causes d’accident résident souvent dans de mauvaises habitudes acquises ou affinées sur le siège, du conducteur. A commencer par l’affalement de certains pilotes en herbe, adeptes de la relaxation, qui semblent confondre pare-brise et télévision de salon. Afin de voir loin, il s’agit de rapprocher son siège, ce qui permet aux jambes d’être mieux fléchies sur les pédales et d’offrir une meilleure capacité de réaction. Et puis, bien d’autres défauts sont hélas sur la sellette : rétroviseurs mal orientés, position inadéquate des mains sur le volant, ceintures mal réglées, attitude trop passive et mauvaise anticipation des réactions des autres usagers de la route... Bref, un arsenal de données théoriques qui laissait pressentir que, pour la majorité des stagiaires du lendemain, la pratique risquait fort de relever de la leçon d’humilité.

« On n’a pas toujours l’occasion de faire de la conduite sportive. Je vais en profiter pour participer au concours de celui qui démolit le plus la voiture puisque ce n’est pas à papa que je peux demander ça. Et en plus, on aura des sandwichs gratuits à midi », lançait Céline, étudiante en information et communication, au départ du car reliant la place du 20-Août au centre de conduite Volkswagen et Audi à Kortenberg. Mais une fois au volant, notre espiègle avait des visées moins destructrices. « Allez-y, mademoiselle, débrayez... Regardez au loin et essayez d’éviter les obstacles. Tournez mois fort le volant….» Bardaf !

Route et déroute

Au fil des embardées sur un sol rendu exagérément glissant, c’est la prise de conscience qui prévalait une fois passé l’effet de surprise. Dans des conditions extrêmes (à 40km/h, les revêtements spéciaux amplifiaient les phénomènes de manière à ce qu’ils correspondent à ceux ressentis à 100km/h!), les réactions de chaque stagiaire étaient systématiquement filmées dans une optique correctrice et visionnées lors d’un débriefing final. Les grimaces de stupeur, admirablement bien rendues sur la vidéo, étaient bien sûr dignes d’anthologie et surplombaient une vingtaine de mains interlopes chez notre étudiante pilote. Le ton était donné pour la suite : observation et correction par un moniteur lors d’un parcours en agglomération, freinage ABS, test de la vue et des réflexes. Toute une batterie d’exercices qui, au-delà de leur caractère ludique, méritent de susciter davantage d’engouement, simplement parce qu’ils permettront peut-être un jour de sauver... ne fût-ce qu’une vie. Bonne route !

Fabrice Terlonge

Renseignements : Driving know-how, tél. 02.756.84.81.
(*) Source : Institut belge pour la sécurité routière.

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Année millésimée pour le bal nouveau

*Il convient de le clamer, le bal ULg de cette année fut une belle réussite que les 6000 jeunes présents ce soir-là ne démentiront pas. Le succès était d’ailleurs (pré)visible puisque 4000 entrées avaient été cédées en prévente et qu’aucun événement concomitant ne risquait, cette année, de détourner les souliers fraîchement briqués de leur funeste destin dansant.

Pas même ceux du Recteur, merveilleux cavalier comme à son habitude, qui inaugura la piste aux bras de Valérie Kupper, ravissante et ardente co-présidente du bal. Quelques personnalités avaient également répondu à l’invitation de Willy Legros (députés, consul, magistrats, etc.) et glissèrent dans une belle osmose à l’instar de Jean-Michel Saive ou de Karin et Olivier, le nouveau “couple”-phare de la Fédé drapé en rouge et noir.

Valérie Kupper, co-présidente du bal, a ouvert le bal aux bras du Recteur

Et si l’atmosphère un peu trop diaphane ne laissait guère apparaître les lambris dorés, c’était pour souligner que l’organisation réussie d’une soirée titanesque... à la fois élégante et remuée n’est pas forcément dichotomique. Il est vrai que l’ambiance sonore, ponctuée par les verbiages truculents d’un DJ plus vrai que nature, se révéla être un cocktail explosif tout en mélange des genres : les standards live du groupe Wall Street, de la techno, Capitaine Flam, voire n’importe quoi comme ce fut le cas vers 3h30. Tout pour nourrir le trémoussement des veuves échancrées dont l’évaporation ne se produit que bien plus tard, lorsque leurs cavaliers engagèrent le ballet lumineux des phares de voitures.

F.T.

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Saint Nicolas

*Tropisme oblige, un peu moins de 3000 tabliers maculés affermirent, cette année encore, le succès de l’agglutinement géant au chapiteau du Val Benoît. Confirmant l’ambiance hautement gouailleuse, la consommation de philtre mousseux a presque doublé par rapport à l’édition précédente mais semble avoir sonné le glas du cortège du lendemain réduit à sa plus simple expression. « La faute au temps », lance un président de l’Agel un peu dépité face au rassemblement famélique. Mais s’il n’y avait pléthore, le folklore n’en était que plus fort.

Et de ces ineffables ambiances spiritueuses, on retiendra également les nouveautés iconoclastes 2001: le comité de philo transformé en juke-box paillard et collectant au profit d’écoles de devoirs, St Nicolas bronzé et Père fouettard blafard ou le carré converti à l’économique canette de bière 50 cl.

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On n’est jamais si bien servi que par soi-même

*Comment réagir face à un échec ? Comment en identifier les causes ? Comment rebondir ? Pour aider les étudiants souvent démunis face à ces questions, Marie van der Rest, maître de conférences à la faculté des Sciences, propose des séances de méthodes de travail intégrées à la matière. Coup d’œil.

Un premier échec est souvent difficile à vivre pour les étudiants. Il ébranle la confiance en soi, il décourage. Identifier les exigences universitaires et développer des compétences pour y satisfaire nécessitent souvent une remise en cause de ses propres méthodes de travail, ce qui n’est pas une démarche aisée. C’est la raison pour laquelle Marie van der Rest a proposé aux étudiants de candidatures ingénieur civil, un programme de formation sur base du cours de mécanique rationnelle.

« Lorsqu’ils assistent aux cours ou aux séances de résolution des problèmes, lorsqu’ils lisent les solutions des problèmes posés, beaucoup d’étudiants pensent comprendre. Pourtant la majorité échoue à la première interrogation. Ils ne perçoivent pas le gouffre entre “regarder faire” et “faire soi-même” », note Marie van der Rest. C’est la raison pour laquelle elle mène depuis 1994 des actions en faveur des étudiants.

Les activités sont facultatives, comportent 30 heures, et sont réalisées après la première interrogation importante et entre les deux sessions d’examens. Objectif ? Rendre les étudiants plus responsables, plus autonomes dans l’apprentissage et les encourager à plus de participation. « Concrètement, je les invite à travailler la théorie en profondeur et à découvrir les démarches personnelles qui leur permettront de résoudre, seuls, les problèmes. Je les guide ! Je ne fais pas le travail à leur place ! »

Avec les étudiants bisseurs répartis en petits groupes, Marie van der Rest revoit la matière de manière plus interactive : certains, par exemple, enseignent un chapitre à leurs condisciples. Une performance difficile à réaliser, mais une formule attrayante qui permet d’aborder la matière différemment tout en valorisant l’acquis de la première année.

Des résultats très encourageants

Les chiffres sont là : le taux de réussite des étudiants qui ont choisi de consacrer du temps à ces cours de méthode est double par rapport à ceux qui n’y participent pas. « Cela peut aussi s’expliquer par le fait que les étudiants qui prennent part à ce genre d’activité sont plus motivés que les autres. » tempère Marie Van der Rest. Côté étudiant, on est enchanté par la méthode : « c’est une autre approche du cours beaucoup plus personnelle, on a plus loin dans les problèmes, cela nous oblige à étudier plus profondément la matière et cela nous ouvre les yeux sur nos faiblesses. » confie l’une d’elles. Une formule qui pourrait également être bénéfique ailleurs !

Frédéric Moray

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