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Quand un livre fait couler de l'encre dès sa sortie…
Il existe de nombreux ouvrages sur la littérature belge franco-phone, mais aucune histoire de la littérature belge n'avait été publiée jusqu'à ce jour en France. Jean-Pierre Bertrand et Benoît Denis (ULg), Michel Biron (université McGill, Montréal) et Rainier Grutman (université d'Ottawa) se sont lancés dans cette aventure, retra-çant ainsi l'histoire de notre littérature de 1830 à 2000.
Lecture événementielle
L'ouvrage prend comme point de départ la création de l'Etat belge en 1830 et se termine sur l'événement cinématographique de la fin du siècle dernier, la Palme d'or de Rosetta . Mais, originalité remarquée, plutôt que de traiter l'histoire par grandes périodes, par genres et/ou par grandes figures, les auteurs ont sélectionné une cinquantaine d'événements qui expriment significativement les rapports complexes se nouant entre littérature et société. Un schéma simple et efficace structure chaque entrée : une date, un fait, sa ou ses signification(s), traité(s) dans un essai d'une dizaine de pages. Ces événements relèvent tantôt de la vie littéraire et de ses marges ("1929. Naissance de Tintin. Un roman de désapprentissage"), tantôt du contexte politique ou social ("30 juin 1960. Après de 'funestes atermoiements' de la Belgique et dans une 'précipitation inconsidérée', le Congo accède à l'indépendance. Littérature et colonialisme").
Autant de jalons qui permettent de comprendre à la fois l'évolution, les contradictions et finalement l'originalité d'une littérature "nationale" dont l'identité et la définition ne vont pas de soi, mais qui proposent aussi une ou des lectures de l'histoire sociale, culturelle et politique de la Belgique, telle que la littérature la "parle". Destiné à un public de littéraires, mais aussi d'historiens, cet ouvrage est autant un livre de découverte que de réflexion puisqu'il propose une traversée de la Belgique littéraire qui va bien au-delà du petit monde des écrivains.
A peine sorti de presse, il a suscité une abondante critique, saluant avant tout l'originalité du projet mais discutant aussi quelques-unes de ses options. C'est surtout la méthode qui semble faire problème, sans doute parce qu'elle innove et qu'elle déroge aux grands modèles de l'histoire littéraire positiviste. On lui reproche essentiellement une sélection trop orientée des événements, ainsi qu'un manque de continuité. Pour le Pr Jean-Pierre Bertrand , la ligne directrice de l'ouvrage réside certes dans la chronologie factuelle des événements, mais l'essentiel est de privilégier des problématiques qui sont historicisées autrement que par le simple recours aux dates, aux œuvres et aux faits en eux-mêmes. Si les événements n'ont pas de relation causale entre eux, c'est que le lecteur est appelé à pratiquer une lecture participative en établissant lui-même (ou en s'aidant des index et des renvois) des liens entre tel et tel fait.
Regard nouveau
Une seconde critique fréquemment faite au travail concerne les "absents" de cette histoire littéraire. " Tous les auteurs qui comptent dans notre littérature sont présents, traités à des degrés divers, mais nous n'avions pas pour objectif de dresser un catalogue et encore moins un palmarès, notamment en ce qui concerne les écrivains de la dernière génération, ce qui, semble-t-il, n'a pas fait que des heureux. Et si Amélie Nothomb n'a pas eu les honneurs d'une entrée particulière - elle ne s'en est pas plainte, faut-il le dire -, c'est pour cette raison-là, sans compter que l'historien manque du recul suffisant pour fournir une analyse objective de l'étonnante effervescence de notre littérature depuis 20 ans. "
Voici donc un ouvrage qui fait parler de lui. Sans doute parce qu'il apporte un regard nouveau sur l'histoire littéraire et ses méthodes. Certainement aussi, conclut le Pr Bertrand, " parce que, ce faisant, il confronte sur un même objet - la littérature belge, objet complexe s'il en est - des points de vue et des attentes qui ne sont pas toujours conciliables, ceux de l'historien, de l'amateur, du créateur, du critique enfin. "
Nicolas Detry et Samuel Ledoux
Cet ouvrage est le fruit d'une action de recherche concertée financée par la Communauté française .
Le domaine scientifique est encore peu perméable à la gent féminine.
Certaines y parviennent pourtant. Un livre leur rend hommage.

Pour toutes les femmes travaillant dans les domaines scientifiques, la lutte est quotidienne et beaucoup se découragent. La reconnaissance est souvent longue à venir, et peu d'entre elles persévèrent jusqu'au moment où elles pourraient être promues. La confrontation constante à un univers masculin, la peur des hommes vis-à-vis du pouvoir féminin, la difficulté d'allier travail et vie privée et une certaine discrimination sexuelle les font souvent renoncer : " Selon une enquête réalisée en Suède, une femme doit aujourd'hui publier près de trois fois plus qu'un homme pour atteindre le même poste et le même niveau de notoriété dans le domaine scientifique ", note Martine Jaminon. Et puis, beaucoup de décisions importantes se préparent hors les murs universitaires. Dans un bar, par exemple, après les heures de travail, lorsque les femmes rentrent au foyer. Elles sont donc moins vite reconnues et leur voix est moins prise en compte.
Cette prise de conscience a entraîné la création, à Liège, d'un groupe de réflexion destiné notamment à promouvoir la place des femmes au sein de l'Université. Grâce au coup de pouce de Laurette Onkelinx qui, en 2001, a lancé une chaire "Etude, femmes - Etudes de genre" afin d'inciter les études de genre au sein de l'université francophone, quelques femmes, émanant de plusieurs Facultés, ont décidé de se regrouper en une association : le FER (femmes, enseignement, recherche) est né à l'ULg le 8 mars 2001. Depuis lors, séminaires, débats et rencontres se multiplient ( Lise Thiry en sera la prochaine invitée ). Une collaboration avec les cinémas Le Parc et Churchill a, en outre, permis de porter le "combat" sur la place publique.
Les scientifiques d'aujourd'hui et de demain devront donc continuer à se battre pour une meilleure représentation de la gent féminine dans leurs rangs. Il faudra que ces messieurs aient un peu moins peur du pouvoir de ces dames et que ces dernières apprennent à persévérer davantage. Ensemble, ils peuvent prouver que la parité dans le monde des sciences n'est pas une chimère…
Bérengère Daxhelet et Alice Descamps
Contacts: tél. 04.366.37.20,
courriel Martine.Jaminon@ulg.ac.be
Michel Delville et Pierre Michel
Hamlet and Co
Liège, éditions de l'université de Liège, 2003

Laurence Olivier a dit qu'il pourrait jouer Hamlet pendant cent ans et lui trouver un nouveau sens à chaque représentation. Le personnage est ambigu, presque nsaisissable, en effet, comme l'est la langue de la pièce. Mais cette ambiguïté renforce la richesse de Hamlet plutôt qu'elle ne l'appauvrit. Et c'est précisément ce mystère qui permet à chaque lecteur et à chaque acteur de se livrer à une lecture personnelle et intime du personnage, de faire sienne sa complexité. Hamlet, c'est lui, toi, moi, c'est nous tous; étant nous tous, il est universel, le mythe que chacun d'entre nous essaie, dans son individualité, de comprendre et ne peut s'empêcher de reconnaître dans sa propre nature.
Les lectures de cet œuvre de Shakespeare sont innombrables et sont fonction de la personnalité de chacun, du metteur en scène et de l'acteur. Hamlet est un des rares personnages du théâtre, peut-être le seul, qui permette un échange constant. Chacun de nous, quel que soit son âge, peut se reconnaître en lui et peut façonner le mythe de Hamlet à son image.
Ne présupposant aucun savoir particulier, cet ouvrage introductif - destiné à la fois au grand public et aux étudiants de l'enseignement secondaire et du premier cycle universitaire - offre un aperçu critique des principaux thèmes de Hamlet tout en permettant au lecteur de se familiariser avec les interprétations et les prolongements littéraires et cinématographiques de la pièce.
Michel Delville est chargé de cours à la faculté de Philosophie et Lettres, Pierre Michel est professeur ordinaire honoraire à la même Faculté.
André Dumoulin, Philippe Manigart et Wally Strys
Louvain-la-Neuve, Academia-Bruylant, 2003
Dans ce premier ouvrage pluridisciplinaire sur la Belgique, ses forces armées et la montée en puissance de la Politique européenne de sécurité et de défense (Pesd) de l'Union européenne, les auteurs tentent de démêler l'écheveau des contraintes politiques et budgétaires, des démarches diplomatiques et des restructurations de l'institution militaire associées à cette nouvelle posture de sécurité.
Cette politique de sécurité se caractérise par la mise en avant de principes éthiques sous-jacents à une culture européenne fédérale. Cette dimension nouvelle dans les discours implique que, davantage que par le passé, les valeurs et les cadres de légitimation doivent dicter les comportements et les choix politico-militaires belges; que ces dimensions "philosophiques" doivent être définies et assurées avant tout engagement multinational, qu'il soit diplomatique ou militaire.
André Dumoulin est chargé de recherches à l'Ecole royale militaire et maître de conférences à la faculté de Droit de l'ULg.
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