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Jean-Michel Dogné et Pierre-Vincent Driont, à la tête du cups
Photo : Françoise Denoël
Le 15 e jour du mois : Le Cups que vous présidez tire la sonnette d'alarme : le projet de décret “ Bologne” vous ignore !
Jean-Michel Dogné : Effectivement. En l'état actuel des choses, ce texte qui réforme en profondeur l'enseignement supérieur définit le personnel enseignant universitaire comme étant composé de “professeurs ordinaires, de professeurs extraordinaires, de professeurs et de chargés de cours”. Le “personnel scientifique” n'est pas mentionné dans ce décret alors qu'il rassemble, au sein de l'ULg, près de 2000 personnes ! Concrètement, beaucoup de scientifiques dits “définitifs” font le même travail que les “académiques” : ils donnent des cours (suppléances), encadrent mémoires et thèses de doctorat, se soucient du service à la collectivité et mènent des activités de recherche de haut niveau (conférences, publications, colloques). Statutairement cependant, la différence est notable. Les uns participent à la carrière académique qui va du chargé de cours au professeur ordinaire (et qui inclut des droits tels que la participation à l'élection du Recteur), alors que les autres sont 1 er assistants ou chefs de travaux, sans autre perspective à l'Université. Enfin, les membres du personnel scientifique dits “temporaires”voient se fermer la porte des quelques rares possibilités de nomination de premier assistant (je mets de côté les chercheurs du FNRS qui évoluent dans une autre sphère).
Le 15 e : Il y a donc plusieurs carrières pour les chercheurs ?
J-M.D. : En Communauté française, on distingue quatre filières pour les chercheurs : celle du personnel scientifique et académique, celle du FNRS et celle du “cadre parallèle”, lequel regroupe les chercheurs rémunérés sur contrats par les universités. Depuis une dizaine d'années, le nombre de chercheurs temporaires est en constante augmentation alors que celui des chercheurs confirmés est plutôt en baisse. Le bilan est donc très mitigé : il y a davantage de chercheurs qu'hier à l'Université, mais leurs emplois sont très précaires.
Le 15 e : En quoi la situation est-elle plus inquiétante aujourd'hui ?
J-M.D. : Ce qui nous préoccupe à l'heure actuelle, c'est la précarité de la carrière de chercheur encore accrue par la disparition à court terme des postes de 1 er assistant (statut définitif). Quelles sont les possibilités au sein de l'Université? L'institution a récemment imaginé la création de postes de “logisticiens”, postes qui relèvent du cadre ATO (Administratif, Technique, Ouvrier). Ils ont pour mission “d'offrir un appui logistique de haut niveau au personnel académique et scientifique des départements. Ils encadrent les étudiants, assurent les travaux de labo et quelques tâches administratives”. Cette possibilité est particulièrement importante pour certaines Facultés et permet d'offrir à certains un plan de carrière intéressant. Néanmoins, les scientifiques qui veulent poursuivre leurs recherches ont légitimement d'autres ambitions.
Le 15 e : Avez-vous des propositions pour sortir de cette impasse ?
J-M.D. : Pour le Cups – dont je souligne la cohésion face à cette revendication – la solution réside dans l'adoption, au premier échelon de la carrière académique, du nouveau grade de “docent” (que la Flandre a déjà instauré). D'une part, pour pallier le déficit d'encadrement inévitablement lié à la suppression de la carrière scientifique et, d'autre part, pour éviter de grever les finances de l'Institution. Cela mènerait à la “carrière unique” pour les chercheurs. Fort du soutien du Recteur et du conseil d'administration de l'ULg, le Cups a suggéré un amendement au prochain décret “Bologne”afin d'introduire cette nouveauté. Si la mesure est adoptée, des membres du personnel scientifique définitifs seraient, à terme, intégrés dans la carrière unique. De plus, dans ce contexte, les nominations dans ce nouveau cadre pourraient utilement se substituer aux anciennes confirmations de premier assistant. Les modalités devront être définies dans un prochain décret, annoncé pour la législature prochaine.
Propos recueillis par Patricia Janssens
Contacts : Jean-Michel Dogné, ( Jean-Michel.Dogne@ulg.ac.be ); Pierre-Vincent Drion, ( pvdrion@ulg.ac.be ); MarcVandenheede ( Marc.Vandenheede@ulg.ac.be ), Claire Martin ( cmartin@ulg.ac.be ).
Infos sur le site www.ulg.ac.be/cups
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