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Fort d'un succès de près de 6000 visiteurs l'an passé, le Printemps des sciences renaît cette année du 22 au 28 mars.
Puisque, pour des raisons pratiques, la science ne vient pas au public, c'est donc le public qui viendra à elle. Via une foule d'ateliers, de tables rondes (notamment autour de Pierre Léna, membre de l'Académie des sciences), expositions, visites, travaux pratiques en laboratoires... Du cyclotron au bassin des carènes, des portes parfois dissimulées seront grandes ouvertes. Car si les études en médecine ou en biologie mènent à des professions bien identifiées, celles en physique fondamentale ou en astronomie, par exemple, apparaissent généralement plus éloignées. Pourtant, la fascination semble davantage perceptible une fois que l'on a ouvert les yeux sur les constellations ou l'espace interstellaire (lire encadré) . Voire même sur certains domaines de la physique, ce que ne démentira pas le regard bleu passionnant que porte Belinda Heyne, chercheuse à l'ULg… sur la spectroscopie biomédicale. Hormis les cours et les exercices qu'elle est également amenée à donner, cette chercheuse de 28 ans consacre l'essentiel de son temps à finaliser sa thèse de doctorat. Un esprit qui aime se torturer, inquisiteur mais ouvert sur le monde : « Tant au travers de l'enseignement que de mes recherches, je trouve formidable de pouvoir constamment rattacher la physique, rébarbative pour certains, à ses applications dans la vie quotidienne. Concrètement, ma thèse vise à démontrer les propriétés anti-oxydantes de molécules d'intérêt médical. Or je travaille sur un type d'anesthésiant qui est utilisé tous les jours dans les salles d'opération et mes travaux pourraient conduire à ce qu'on l'utilise également, pour d'autres propriétés, lors d'interventions à risques. »
Pour sa quatrième édition, le Printemps des sciences s'articulera autour du thème des mesures, notion indispensable à l'abord d'un phénomène scientifique. Un exemple simple, reflétant l'esprit ludique et interactif cultivé par un l'événement qui se veut résolument à la portée de tous, démontre bien l'utilité des unités et des instruments de mesure : préparez trois seaux, le premier rempli d'eau chaude, le second d'eau très froide, le troisième d'eau à température ambiante. Plongez pendant quelques minutes une main dans l'eau chaude, l'autre dans l'eau froide. Puis immergez-les toutes les deux dans le troisième seau : la perception de la chaleur sera différente d'une main à l'autre pour une température identique.
De la tension artérielle à la qualité de l'eau, en passant par la découverte du système solaire , il est fort à parier que, pour tous, bon nombre de notions scientifiques apparaîtront aussi limpides que l'eau des seaux. Mais afin d' éviter la noyade, une fois le principe des mesures acquis, encore faut-il veiller à leur standardisation. Car à l'heure de l'intensification des explorations martiennes, n'oublions pas que c'est une simple erreur de mesure qui est à l'origine de l'écrasement de la sonde Mars Orbiter en 1999… Les ingénieurs de la Nasa ayant fourni les mesures de poussée du moteur de freinage en livres, alors que les contrôleurs de la mission étaient convaincus qu'il s'agissait de minuscules newtons, l'unité de poussée du système international. Les scientifiques sont avant tout des humains.
Visite au Sart-Tilman en accès libre pendant la semaine. Egalement le week-end du 27-28 mars de 14 à 18h (accueil au B6d, au bassin de carènes B48 et à l'Institut de Montefiore B28)
Programme détaillé sur le site http://www.ulg.ac.be/sciences/printemps2004.htm
Contacts :
tél.04.366.96.96, fax 04.366.29.33
courriel sciences@ulg.ac.be
Fabrice Terlonge
Passions en partance Qui donc, sous prétexte d'un pragmatisme qui leur serait immanent, ose encore prétendre que les étudiants de la faculté des Sciences ont moins la tête dans les nuages que l'éternel tourmenté de philo et lettres ? « C'est difficile de ne pas se passionner pour des thèmes ayant trait à l'univers, à sa composition ou a ses origines. » Et si le tablier de laboratoire semble bien valoir l'écharpe du philosophe, « la carence de vocations réside peut-être dans le fait que les cours distillés dans les études secondaires nous parlent de poulies, mais pas d'étoiles, de relativité, de paradoxes ou de questions fondamentales qui nous permettent d'imaginer des réponses plus folles les unes que les autres », analyse l'étudiante. En ce qui concerne Marie Suleau, Aurore Courtoy, Angeliki Grammenos et Antoine Dellieu, quatre étudiants de première licence en physique, le besoin de voir notre monde de plus haut et la passion qui en résulte, tel un dénominateur commun, se substitueraient avantageusement au plus subtil plaidoyer de la cause scientifique. La fraîcheur en plus.Mais à défaut de navette spatiale, c'est à bord d'un Airbus A-300 ZERO-G que nos spationautes en herbe s'envoleront au début du mois de juillet depuis Bordeaux en vue de mener une série d'expériences en apesanteur. Heureux lauréats d'un concours lancé à l'échelon européen, nos quatre universitaires étudieront, sous l'égide de Nicolas Vandewalle, chargé de cours au département de physique, l'étude en microgravité des mouvements d'un banc de poissons. Ce type de vol parabolique consiste en une décélération de l'avion après une montée en altitude à très haute vitesse. Au sommet de la parabole se crée un phénomène de microgravité. « Cela va nous permettre de filmer plusieurs poissons pour modéliser leurs trajectoires et observer les interactions entre voisins et le paramètre gravitationnel», explique Antoine. Les bancs de poissons auraient-ils un comportement prévisible répondant aux lois de la physique? « Ce n'est pas étonnant du tout, poursuit-il. La physique s'applique à tous les domaines : la météo, la médecine, le fonctionnement de la nature et même la finance. Des chercheurs ont d'ailleurs récemment utilisé cette science pour expliquer les tribulations du marché boursier en utilisant les statistiques et la théorie du chaos. » Et Marie d'ajouter : « La physique me semble plus fondamentale et plus généraliste que les autres sciences. On cherche la particule élémentaire, de quoi la matière est faite, tandis que les autres étudient de plus grosses interactions sans se préoccuper de la structure de l'atome. » « Ben oui, parce que ça les intéresse moins dans le cadre de la reproduction du lapin », conclut Antoine. F.T. |
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