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Du 14 au 30 mai, l'Opéra royal de Wallonie présente Siegfried , troisième volet de L'Anneau du Nibelung .

La Tétralogie de Richard Wagner, Der Ring des Nibelungen, se compose d'un prélude – L'Or du Rhin – et de trois journées – La Walkyrie, Siegfried et Le Crépuscule des Dieux qui forment ensemble une dramaturgie d'une quinzaine d'heures. « Le poème de ma vie », aimait à dire le compositeur. A Liège, la saison prochaine se clôturera par la représentation du Crépuscule des Dieux. La reprise de l'intégralité, soit quatre opéras, est prévue en 2006.
Un génie imposant
Wagner a conçu L'Anneau du Nibelung entre 1852 et 1874, au cœur de la période romantique. A la froide compréhension de la réalité voulue par le Siècle des Lumières, les romantiques opposent un goût pour les histoires épiques et les univers fabuleux. Leur musique vise à susciter l'émotion, à bouleverser les âmes. En ce sens, elle atteint son apogée avec le génie de Wagner, dont L'Anneau s'inspire de la mythologie germano-scandinave. « Le compositeur a une conception de l'opéra totalement renouvelée, explique Christophe Pirenne, maître de conférences à l'ULg. Pour Wagner, la musique n'est plus un simple accompagnement de la dramaturgie : paroles, musique, mise en scène, interprétation, tout cela doit fonctionner de concert, ne faire qu'un, former un art total “Gesamtkunstwerk” »
La Tétralogie est un opéra « très romantique dans la mesure où s'y marquent une volonté de reconstituer la mythologie germanique et le souci de donner un fondement à la nation, ce qui est le thème romantique par excellence », précise notre musicologue.
Compositeur, poète, penseur, Wagner est un artiste à part. Il travaille seul, écrit ses textes avant de les mettre en musique. Mais jusqu'à la fin des années 1850, il ne connaît qu'un succès très mitigé. « La France, notamment, va le refouler, souligne Michèle Isaac, administratrice de l'asbl Musique en Wallonie. Il va trouver son salut dans le soutien d'un mécène, Louis II de Bavière. Le théâtre de Wagner, le Festspielhaus de Bayreuth, a été en grande partie financé par ce mécène. » L'année 1876 marque l'apogée de sa carrière : La Tétralogie est montée pour la première fois intégralement à Bayreuth. Devenu symbole du XIXe siècle dont il partage le goût du spiritualisme et du symbolisme, Wagner a exercé une grande influence sur les compositeurs du XXè siècle. « Il est une montagne qu'on peut gravir ou contourner, mais qu'on ne peut pas éviter », conclut Michèle Isaac.
Une mise en scène symbolique
La Tétralogie illustre particulièrement la tendance du XIXe siècle à vouloir faire toujours plus grand. L'Anneau du Nibelung est une œuvre si colossale qu'elle est généralement réservée aux grandes maisons d'opéra. « Prévoir une mise en scène qui dure 15 heures nécessite énormément de temps et d'argent, confie Christophe Pirenne. La tâche du metteur en scène est complexe : on ne peut pas réfléchir sur un ouvrage indépendamment des autres ; il faut un projet global qui soit cohérent du début à la fin », renchérit Frédéric Roels, dramaturge à l'ORW.
La mise en scène actuelle renforce le symbolisme de la pièce en renversant une convention de l'opéra. A Liège, les acteurs joueront dans la fosse d'orchestre, monde d'ici-bas, tandis que l'orchestre, surplombant la salle, représentera le paradis des guerriers morts au combat, le Walhalla. Aujourd'hui, la thématique développée par Wagner n'est pas essoufflée. Comme le fait remarquer Frédéric Roels, « ses opéras répondent à un besoin de notre époque, celui de faire appel à un imaginaire lointain… » Et, s'ils sont joués en permanence, c'est probablement parce que « c'est une musique géniale, une puissance évocatrice qui vous transporte incroyablement », résume Christophe Pirenne,
Françoise Wetz et Bénédicte Spies
Le 30 mars, l'ORW propose une journée porte ouverte pour les jeunes de moins de 26 ans. Contacts: tél. 04.221.47.20, courriel de-meyer@orw.be Le 21 avril, à 20h, Philippe Vendrix, chargé de cours à l'ULg et membre du CNRS, donnera une conférence intitulée : “Wagner&Verdi, deux géants face à l'intimité lyrique” au Théâtre royal universitaire Le 7 octobre aura lieu une journée d'étude “Wagner chez lez Belges” organisée conjointement par la section de musicologie de l'Université et l'ORW.s |
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