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Justice et sécurité
Justice et sécurité étaient à l'ordre du jour du récent "super" Conseil des ministres. La combinaison de ces deux approches était nécessaire aux yeux de Frédéric Schoenaers, sociologue au Centre de recherches et d'intervention sociologique (Cris) de l'ULg, qui a consacré une partie de ses recherches aux processus accompagnant la réforme des polices. Le manque de coordination entre directeurs d'enquête et services de police est dangereux. Il faut veiller à un maximum d'intégration entre les différents acteurs. D'amont en aval. Ainsi, la mise en place d'un tribunal d'application des peines était indispensable. Pour le justiciable bien sûr, mais aussi pour la police et les magistrats qui ont parfois le sentiment de travailler en pure perte, avec les risques que cela suppose (La Libre Belgique, 01/04).
Mais, ajoute Frédéric Schoenaers, il faut veiller à l'équilibre entre ces deux approches. Il faut éviter de tomber dans le tout sécuritaire. Si la répression est importante, la prévention l'est tout autant. Pour parvenir à un équilibre, il faut travailler sur la triade: procureur du roi, bourgmestre et responsables des zones de polices locales. Justement, la justice n'est-elle pas plus lente à réformer? Ne montre-t-elle pas les signes d'un plus grand corporatisme? s'interroge le journaliste de l'Echo (30/03), qui sollicite à son tour l'avis du sociologue liégeois. Je ne le pense pas, explique celui-ci. Cette lenteur procède de deux phénomènes. Primo, beaucoup de temps et d'énergie a été consacré en priorité à réformer les instances de police (...). Secundo, d'après nos travaux, nous constatons qu'une part de plus en plus importante des magistrats est consciente de la nécessité de trasformer la justice en un véritab le service public (...). Il serait dès lors un peu injuste de crier au corporatisme aveugle et obscirantiste.
D'autant que le phénomène de judiciarisation à outrance de la société s'amplifie. Ce phénomène n'est pas condamnable au niveau des principes, estime Frédéric Schoenaers, mais il comporte un double risque. D'une part, on observe que d'autres instances traditionnelles chargées de régler certains conflits se retrouvent reléguées à l'arrière-plan, je pense notamment à la sphère de la famille et au contexte social. D'autre part, on risque un encombrement judiciaire pour les conlits qui, vus de l'extérieur, sont relativement mineurs. D'une manière générale, Frédéric Schoenaers plaide également pour un recours plus fréquent aux formules de médiation des conflits pour désengorger les cours et les tribunaux.
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