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Chargé de cours à l'ULg, Daniel Droixhe vient d'être distingué parmi les meilleurs bluesmen européens.
Photo: Cellule Internet
Depuis qu'il
s'est produit pour la première fois dans la salle académique
en 1968 en interprétant du blues, alors qu'il était en deuxième
licence, Daniel Droixhe a pris goût au public. Tout en continuant
ses études, qui vont le mener au métier d'enseignant, celui
qui, dans le monde de la musique, est mieux connu sous pseudonyme d'Elmore
D continue à pratiquer sa passion. Voyageant d'un pays à l'autre,
de festival en festival, il s'est acquis un sérieux palmarès.
Entre le trophée France Blues remporté en 2001 et en 2003
dans la catégorie "artiste francophone hors de France",
et le prix international BB King des BottleNets 2002, décerné
par la communauté des internautes affiliés à la "Chaîne
du blues", il tient surtout à distinguer le grand prix de la
chanson wallonne remporté en décembre 2003.
Issu d'un milieu ouvrier, Daniel Droixhe a baigné dès sa jeunesse dans la culture et la chanson populaires. Avec un père amateur de jazz, il ne pouvait échapper à un genre en rupture avec les valeurs établies. " La chanson populaire est une chanson de protestation, tout comme le blues, explique-t-il. Ceci a sans doute eu une influence sur mes choix musicaux. " Un virus qui se transmet, puisque Gilles, aussi féru de musique que son père, l'accompagnera lors du prochain Festival de Jazz de Liège, en mai.
Ses deux premières productions, Basse-Moûse Blues (sorti en 1997) et Saturday Night Rub (2001), devraient être suivies bientôt d'un album proposant un choix d'enregistrements publics réalisés en Belgique et en Suède. Il travaille actuellement à l'enregistrement d'un album entièrement en wallon - en espérant que le label français Frémeaux, qui a sorti Saturday Night Rub, accepte la réalisation d'un livret reprenant les textes des chansons et leur traduction. Daniel Droixhe bénéficie cette fois, grâce à Paul-Emile Mottard, du tout récent studio d'enregistrement de la province de Liège. Une quinzaine de titres nouveaux s'inspireront du blues traditionnel des années 30-40 (notamment Big Bill Broonzy) et particulièrement du "hokum", type de chanson à "double-entendre" illustré par les "race records" de l'entre-deux-guerres.
À cet égard, nous confie notre interlocuteur, la chanson wallonne populaire n'était pas de reste, si on relit les salaces "pasquilles" d'un Hasserz, célèbre chanteur de rue à Liège au milieu du XIXe siècle. Un héritage dont traite notamment Daniel Droixhe dans son dernier livre, Le Cri du Public (Bruxelles, Le Cri, 2003), et qu'il ne désavoue pas, comme interprète...
Fatos Zejnullahu
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