Un musée pour le folklore

 

Il est vrai qu'au sortir du baptême, peu d'étudiants fraîchement pennés semblent autant érudits sur l'histoire de leur folklore qu'ils ne le sont sur les historiettes savoureuses circulant entre leurs tabliers, les jours de ripaille. Et ils le sont d'autant moins que, au sortir de périodes plus ou moins léthargiques jalonnant son histoire, le folklore estudiantin se révèle parfois lui-aussi cruellement amnésique.

Rejoignant certaines velléités formulées cette année par la présidente de l'Agel, Frédéric Widart, étudiant en 3e licence psychologie et récent éditeur du Bitu Ardent, a donc eu l'idée d'archiver de manière la plus exhaustive possible l'ensemble des éléments tangibles représentatifs de la vie estudiantine actuelle ou passée. Et cela, dans la perspective, à terme, de mettre sur pied une sorte de musée du folklore estudiantin liégeois et d'élaborer un vade-mecum. " Les comités actuels, qui ont pour les plus vieux une vingtaine d'années, ne conservent en général pas d'archives permettant de retracer leur histoire (…). J'ai donc eu l'idée de rassembler au sein d'une même association toutes les associations folkloriques estudiantines afin d'initier ce travail historique au sein de chacune d'elles et de centraliser nos efforts pour publier le fruit de nos travaux ", explique ce passionné d'annales estudiantines. Instituée de façon permanente, l'association devrait être prochainement baptisée "Fonds Jean-Denys Boussart". Du nom de l'éternel étudiant et emblématique folkloriste liégeois prompt à confirmer que " de la fin des années 60 aux années 80, la vie des comités a effectivement sombré dans le néant de deux générations académiques. D'où le jeune âge des comités actuels. " Et autant de souvenirs engloutis.

En vue d'étoffer ses collections, la jeune association cherche donc à récolter objets, photos, souvenirs et autres anecdotes de nos aïeuls (ordres, régionales et comités). Le don n'étant pas le seule solution retenue, nos conservateurs en herbe se proposent également de photocopier, ou photographier les reliques incessibles et aimerait également recueillir autant de témoignages écrits. Histoire de récolter le passé pour enrichir le présent.

F.T.

 


Réunion d'étudiants devant les bâtiments de l'Université, entre 1894 et 1900. On remarque à gauche, l'Harmonie des étudiants et à l'arrière, les drapeaux des différentes associations.
Photo Musée de la Vie Wallonne, extraite du Catalogue de l'exposition "Philo fête ses 10 ans... L'éternelle jeunesse du Folklore Estudiantin" (1996), p.7


Faluche des étudiants de Philosophie et Lettres de l'ULg vers 1920 (à gauche). Penne blanche des Hautes Etudes Commerciales et Consulaires de Liège vers 1940 (à droite). Le V découpé dans la toile cirée était porté au nez et à la barbe de l'occupant allemand pendant la seconde guerre mondiale. Collection Jean-Denys Boussart.
Photos extraites du Catalogue de l'exposition "Philo fête ses 10 ans... L'éternelle jeunesse du Folklore Estudiantin" (1996).

 


Calotte et penne de l'étudiant liégeois actuel. Collection privée.

 

Contacts : Frédéric Widart, tél. 0494.16.25.79, courriel fredericwidart@hotmail.com