Wallonie-Québec, même combat !

Partage autour d'une expérience de valorisation de la recherche.

 

Dans le cadre de la mission de l'ULg-FUSAGx au Québec, l'interface Entreprises-Université a organisé le 18 mars dernier un séminaire sur la valorisation de la recherche avec ses homologues québécois. En effet, au Québec, chaque université dispose d'un "Bureau de liaison entreprises-université", communément appelé un "Bleu". Leur mission est de gérer toutes les relations entre l'université et les entreprises, et bien entendu la valorisation les licences et la création d'entreprises. "La table des Bleus", association dont font partie tous les "Bleus", se réunit tous les deux mois pour partager les expériences et organiser des projets communs, à l'instar de "Lieu" en Wallonie. Plus de 80 personnes ont assisté au séminaire, parmi elles des membres des "Bleus", mais aussi des société de valorisation, sociétés de capital à risque, organismes d'accompagnement à la création d'entreprises, délégués du ministère ou encore professionnels et stagiaires en valorisation.

" Ce qui m'a surpris très agréablement, commente Michel Morant, le directeur d'Interface Entreprises-Université, c'est de m'apercevoir que l'organisation des universités québécoises, procède de la même philosophie et du même pragmatisme que ce que nous élaborons en Wallonie, et à Liège en particulier. " Les solution sont en effet très proches, tant en ce que concerne la propriété intellectuelle, que la structure du "Bleu", que l'existence des sociétés de valorisation ou des fonds d'investissement. Quatre sociétés de valorisation pour le Québec gravitent autour des quatre plus grandes universités. " Elles font le même métier que Gesval ou Spinventure chez nous. "

Par contre, il y a des différences notoires quant au de financement du système, et quant au degré de maturité des organisations. La valorisation au Québec date du milieu des années 90 mais a été fortement accélérée au début des années 2000 grâce à "VRQ", société dotée de 220 millions de CAD (près de 140 millions d'euros) pour la valorisation. Par ailleurs, les crédits publics de recherche sont nettement plus élevés qu'en Belgique. Le partenariat entreprises-université est bien rodé, avec un fonctionnement à coût complet, augmenté d'une "PFG" de 40 à 50% pour les contrats, dont 60% au bénéfice du laboratoire. 15 à 20 % des ressources en recherche des universités proviennent de contrats industriels, ce qui est semblable à Liège (25%).

" Ce qui m'a vraiment intéressé, poursuit Michel Morant, c'est de constater que les chercheurs du Québec déclarent, presque systématiquement avant publication, leur invention : le taux est de 5 à 10 fois supérieur à notre université. " Et les résultats s'en ressentent : de très nombreuses spins-off voient le jour et des licences bien négociées sont prises. Le record est détenu par l'université de Sherbrooke, qui affiche l'équivalent de 10 millions d'euros de revenus de licence par an, notamment grâce à une licence multiple d'un logiciel de compression de la parole utilisé dans tous les gsm du monde.

Le bilan de l'ULg en la matière est cependant encourageant. " Malgré de plus faibles moyens, nos résultats sont tout à fait à la hauteur, estime Michel Morant, d'autant que nous avons quelques années de retard dans le développement et le déploiement du système. " Et les collègues Québécois conscients de ces similitudes, ont manifesté l'envie de venir admirer les rives de la Meuse.

 

Pa.J.