Les chevaux du bonheur

L'hippothérapie améliore les capacités fonctionnelles et physiques

Photos: Jean-Louis Wertz

 

Depuis quatre ans maintenant, Fabienne Pyr, agent spécialisé de la faculté de Médecine vétérinaire, partage bénévolement sa passion des chevaux avec des enfants handicapés. Pour eux, l'après-midi au Sart-Tilman constitue un vrai plaisir. Rencontre avec l'initiatrice du centre "Les chevaux du bonheur", hébergé au Sart-Tilman.

Le 15e Jour du mois : Qu'est-ce que l'hippothérapie ?

Fabienne Pyr. : Du grec "hippos" (cheval), l'hippothérapie est un ensemble d'"activités assistées par le cheval". Elle s'adresse spécifiquement aux patients souffrant d'incapacités motrices, cérébrales et psychologiques. Il s'agit d'une technique utilisant le cheval comme un partenaire : l'enfant bénéficie des mouvements provoqués par le déplacement de l'animal. L'objectif est d'éveiller les sens des enfants afin d'améliorer leurs capacités fonctionnelles et physiques. Or, le cheval est un excellent compagnon qui stimule la motivation et la communication tout en améliorant les perceptions sensorielles. Les expériences menées en France ou en Suisse prouvent les bienfaits de ces contacts puisque l'on constate chez les petits une amélioration de l'équilibre, du tonus et de la concentration accompagnée d'une détente musculaire et d'une meilleure perception du corps. Autant de points positifs qui se répercutent à tous les niveaux. Le centre accueille aussi des enfants ayant subi des sévices corporels : à cheval, ils dépassent leurs peurs, augmentent leur confiance en eux et améliorent l'image qu'ils se font d'eux-mêmes.

Le 15e : Les chevaux doivent-ils suivre un dressage particulier ?

F.P. : Bien sûr. Il faut environ une dizaine de séances pour leur apprendre à refouler leurs instincts naturels. Ils doivent être capables de prévenir les chutes ou de rester immobiles dans certains cas : à la moindre manifestation "anormale", ils doivent s'arrêter. Un tel dressage n'est possible qu'avec des chevaux intelligents, curieux, dotés d'une excellente mémoire, d'une grande douceur et d'une patience infinie.

Le 15e : Les enfants viennent-ils à la Faculté ?

F.P. : J'ai d'abord commencé cette activité dans une ferme près de Mortier. Mais depuis quelques mois, en accord avec les autorités universitaires, les enfants sont accueillis, pendant les week-ends et les vacances, dans le domaine du Sart-Tilman, par une petite équipe constituée pour l'instant de cinq étudiants vétérinaires bénévoles.

Le 15e : Comment se déroule une séance ?

F.P. : Plaisir et détente sont les bases mêmes de la rencontre entre l'enfant et le cheval. Celui-ci est un animal éminemment social et la communication s'établit dès les premiers gestes. La préparation constitue un moment très important pour l'apprivoisement réciproque, et le toilettage qui termine la leçon également. L'ensemble dure en général 1h30. Durant la première séance déjà, une véritable complicité se noue entre l'animal et l'enfant. Le sourire est toujours au rendez-vous.

Le 15e : Pouvez-vous déjà mesurer les résultats de votre activité ?

F.P. : Indiscutablement, les enfants ressentent un véritable bien-être lors de ces séances et font des progrès dans l'expression de leurs émotions. Nous avons connu un petit garçon souffrant de troubles importants de communication qui, aujourd'hui, va à l'école et participe à des stages en internat… Bien sûr, l'hippothérapie n'est qu'un complément du traitement médical global, mais on mesure un peu mieux maintenant son apport.

Le 15e : Pour l'heure, vous exercez de façon bénévole…

F.P. : Oui. Les activités sont gratuites pour les enfants et je me réjouis que la collaboration avec l'Université assure au centre un avenir plus serein… D'autant que des discussions sont en cours avec quelques enseignants des facultés de Médecine et de Psychologie, ce qui lui donnerait une dimension interfacultaire.

 

 

Propos recueillis par Patricia Janssens
Photos: Jean-Louis Wertz

 

Contacts:

Fabienne Pyr, tél. 04.366.40.30,
courriel Fabienne.Pyr@ulg.ac.be