Echo

Chantiers judiciaires


Voici un an, la KUL et l'ULg présentaient les résultats d'une enquête sur la perception que les citoyens avaient de "leur" justice. Et les résultats n'étaient pas bons : méfiance à l'égard de l'appareil judiciaire, lenteur des procédures et jargon obscur pour le profane.

Partant de ce constat alarmant, la ministre de la Justice a confié à deux "sages" la mission de nouer des "dialogues avec la justice" afin d'en améliorer le fonctionnement global. Fred Erdman, avocat et ancien sénateur SP.A, et le Pr Georges de Leval, pro-doyen de la faculté de Droit de l'ULg, viennent de rendre leur rapport après une année de consultations de tous les acteurs du monde judiciaire, des avocats aux magistrats en passant par les greffiers, les universités, etc.

Prudents, les deux experts ne prônent pas un chamboulement complet mais impossible de l'édifice ; ils préconisent au contraire une série de "retouches", une liste d'adaptations réalistes et raisonnables des procédures et des pratiques.

Plus de transparence, d'efficacité et de participation des justiciables sont les maîtres mots d'un rapport de plus de 400 pages d'analyses et de recommandations. Une "boîte à idées" qui se veut aussi une "boîte à outils".

Si les auteurs suggèrent une révolution des esprits, ils relèvent toutefois que la justice globalement envisagée vaut bien mieux que sa réputation (Le Vif-L'Express, 1/10). Ce que nous avons découvert, précise le Pr de Leval, c'est que nombre de bonnes pratiques existent mais qu'elles sont artisanales, cloisonnées, inconnues du voisin. Notre travail a consisté à rationaliser tout cela. (La Libre Belgique, 1/10). Il nous faut retrouver une justice qui propose des "normes carrossables", c-à-d. une justice immédiatement compréhensible qui apporte aux justiciables, notamment les plus vulnérables, sécurité et protection.

Comment ce rapport va-t-il maintenant être reçu par le monde judiciaire ? J'aurais été inquiet que nos propositions fassent l'unanimité, relève le Pr de Leval. Je comprends que tous les professionnels ne soient pas nécessairement intéressés par une augmentation de la qualité de la justice car cela peut perturber certaines pratiques, pénaliser certaines activités (…) Je suis en tout cas fidèle au slogan selon lequel ce qui est bon pour le justiciable est bon pour la justice. Ce dont nous avons besoin, c'est d'action. (La Libre Belgique, 1/10).


D.M.