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Le 31 août dernier, un marsouin de plus a été retrouvé sur le littoral belge. Un phénomène presque banal maintenant. En effet, depuis 1996, la côte belge et celle du Nord de la France connaissent une augmentation significative des échouages de mammifères marins. L'année 2003 fut à cet égard exceptionnelle, puisque l'on dénombra 60 décès sur les plages. Parmi eux, 43 marsouins, l'espèce de cétacés la plus couramment rencontrée en mer du Nord.
Hélas,
ce triste record est en passe d'être battu. " Depuis le début
de cette année, explique Thierry
Jauniaux, du service de pathologie générale
de la faculté de Médecine vétérinaire, on
a déjà répertorié 54 échouages, les mois
de mars et d'avril ayant été particulièrement meurtriers.
" L'accroissement des échouages de delphinidés témoignerait
tout d'abord d'une augmentation locale de leur population. " Estimée
à 300 000 individus, la population n'a pas vraiment évolué,
poursuit Thierry Jauniaux. Mais, depuis une dizaine d'années,
elle semble se déplacer vers le sud, c'est-à-dire vers nos
côtes, probablement suite à un mouvement de leurs proies. "
Les observations collectées par l'UGMM avaient révélé
une présence accrue de ces mammifères marins aux mois de mars
et d'avril derniers. Or, les activités de pêche ont été
particulièrement importantes durant cette période. "
Entre 1990 et 2002, 20% des marsouins sont morts, capturés dans
les filets de pêche. Mais au printemps, les décès se
sont multipliés pour atteindre 60% ! "
Les marsouins, dont la taille varie entre 1,20 m et 1,50 m, seraient particulièrement
sensibles à la capture dans les filets de pêche, car ils vivent
à proximité des plages en se satisfaisant d'un niveau d'eau
assez bas. " Nous devons absolument continuer le dialogue avec le
monde de la pêche afin de mieux contrôler ses activités,
explique Thierry Jauniaux. Il serait tout à fait possible, par
exemple, de disposer sur les filets des appareils émettant des signaux
sonores qui écarteraient les marsouins, mais il faudrait aussi réglementer
la taille des filets et les saisons de pêche pour diminuer l'activité
pendant la période de forte fréquentation des marsouins.
" Si des lois existent déjà au niveau national et international,
manifestement, elles ne semblent pas suffire dans la pratique.
Autre sujet de préoccupation : l'état de santé
des animaux échoués. " Il devrait être bon,
remarque le chercheur, puisque la mort est accidentelle, mais on constate
que 25% des individus sont trop maigres et que bien souvent, leur tube digestif
ne contient aucun résidu alimentaire. Par ailleurs, certaines maladies
respiratoires et digestives sont fréquemment décelées.
" Un problème que le service de pathologie générale
devra clarifier.
Maëlle Dabee
Photo: J. Haelters-UGMM
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Contacts: laboratoires de paléobotanique, paléopalynologie
et micropaléontologie, |
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