Femmes,
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Une exposition vivante pour souligner le rôle des femmes dans les sciences

 


Féminin-Masculin : un thème décliné sous la forme de trois expositions qui se tiendront du 13 novembre 2004 au 31 janvier 2005 dans la Cité ardente. Tandis que la Maison de la métallurgie s'attachera à l'évolution de la condition féminine à travers les métiers - dans le bassin liégeois en particulier -, l'Aquarium de l'université de Liège et ses "Petites histoires d'amours animales" évoqueront les multiples facettes de la reproduction dans le couple animal. Enfin, avec "Femmes, sciences et technologies", la Maison de la science de l'ULg illustrera la carrière de 40 femmes scientifiques, de l'Antiquité à nos jours. Martine Jaminon, directrice de la Maison de la science, et Catherine Vercheval, organisatrice de cette troisième exposition, nous en donnent un avant-goût.

Choix difficile

L'exposition "Femmes, sciences et technologies" est une occasion de rappeler le rôle souvent ignoré des femmes dans l'histoire des sciences afin de motiver les jeunes filles, scientifiques ou techniciennes potentielles, à entreprendre ce type d'études. Livrez-vous à ce petit test : combien de femmes scientifiques pouvez-vous citer ? Marie Curie et… et ?
Pour monter cette exposition, Catherine Vercheval a épluché de nombreuses bases de données. Au total, 4000 femmes scientifiques ont ainsi été recensées ! Finalement, c'est un fameux choix qu'il lui a fallu faire… " Nous avons préféré des femmes dont les expériences étaient reproductibles ou qui avaient une vie attachante, explique Catherine Vercheval. La nationalité belge était aussi un atout dans cette sélection. Le matériel déjà disponible à la Maison de la science, pour effectuer des manipulations devant le public, a aussi influencé notre choix. "

Si l'histoire des sciences n'a gardé que peu de souvenir des femmes, c'est parce que leur présence dans les universités n'a été tolérée qu'à partir de la seconde partie du XIXe siècle. " L'université était certes ouverte aux femmes au début du XXe siècle, souligne Catherine Vercheval, mais il y avait une telle pression familiale et sociologique qu'elles n'étaient pas encouragées à entreprendre des études. " Certaines, pourtant, n'ont pas hésité à recourir à quelque subterfuge. " Pour accéder à la connaissance, Sophie Germain, mathématicienne, a utilisé un nom d'emprunt masculin : elle est inscrite sous le pseudonyme de Monsieur Le Blanc ", relève Martine Jaminon. Une ténacité que l'on retrouve chez la majorité des femmes scientifiques : " Emmy Noether donnait les cours d'Hilbert sans être reconnue, ni rémunérée… "

Malgré les embûches, plusieurs femmes se sont illustrées dans ce milieu hostile. Comme Diane Fossey par exemple, ce sont principalement des femmes qui se sont intéressées à la biologie comportementale des grands singes. Et si tout le monde connaît les verres anti-reflets utilisés notamment comme verres à lunettes, qui connaît Katharine Burr Blodget, leur conceptrice ? C'est à la fameuse actrice hollywoodienne, Hedy Lamarr, que nous devons la mise au point d'un système de radioguidage des torpilles, système que l'on retrouve aujourd'hui dans le gsm. Quant à Rosalind Franklin, elle a été un maillon essentiel dans la découverte de la structure de l'ADN, grâce à sa figure de diffraction aux rayons X. " La ferme Libert est un haut lieu de la région de Malmedy, célèbre pour ses gaufres en forme de cœur, souligne Martine Jaminon. Mais Libert est aussi un nom connu en Europe dans le milieu des botanistes : Marie-Anne Libert, pionnière en la matière, a recensé au XIXe siècle la végétation des Fagnes. "

Une exposition interactive

En plus de panneaux conçus sur un ton parfois humoristique, l'exposition proposera une trentaine d'expériences interactives associées, de près ou de loin, à des découvertes scientifiques réalisées par des femmes. Elle sera ouverte au grand public et aux jeunes, mais aussi aux écoles primaires pour lesquelles des visites guidées et un parcours particulier seront prévus.

Elle aura lieu dans la salle Saint-Georges, en Féronstrée, une première dans cet endroit plus généralement voué à l'art. " Nous voulons montrer que la science fait partie de la culture, avoue Martine Jaminon. S'il y avait beaucoup d'activités comme celle-ci, il y aurait une conscientisation de la population par rapport à l'importance des sciences. " L'exposition sera complétée par un cycle de conférences et aura un prolongement sur le net dans le cadre de la formation à distance Formadis.

 

Elisa Di Pietro

Voir le site http://www.feminin-masculin.be