Chercher en toute biosécurité

Une nouvelle formation pour appréhender correctement les risques biologiques


Depuis les débuts de la recherche en microbiologie, on sait que l'exposition aux agents biologiques constitue un danger pour le personnel de laboratoire. A l'époque de Robert Koch et de Louis Pasteur, des infections acquises en laboratoire étaient déjà constatées successivement après l'isolement de germes responsables de diverses maladies.

Protection maximale

Actuellement, nul n'ignore plus que la manipulation d'organismes, de tissus, de cellules ou d'organismes génétiquement modifiés engendre des risques spécifiques. Ainsi, des activités peuvent également conduire à une exposition nocive, notamment dans les hôpitaux où les contacts avec les patients infectieux et les manipulations d'échantillons sanguins représentent un risque permanent.

La biosécurité vise à régir ces risques. " Notre objectif, explique Willy Zorzi, chargé de cours adjoint en faculté de Médecine, directeur de gestion du Centre de recherches sur les protéines prions, est de prévenir les infections contractées en laboratoire et d'éviter la dissémination accidentelle d'agents biologiques manipulés. Nous devons avant tout assurer une protection maximale au personnel et à l'environnement. Cela passe par une bonne connaissance des risques potentiels encourus et leur bonne gestion. "

P.G.

A tout risque biologique, une gestion adaptée: ici, manipulation dans le laboratoire du Centre de recherches sur les protéines prions.

Codifiées par des scientifiques, certaines bonnes pratiques de laboratoire se sont imposées. L'Union européenne a ainsi adopté une approche préventive en élaborant des législations-cadre. Celles-ci définissent une série de normes scientifiques et réglementaires communes aux Etats membres visant tant l'évaluation des risques biologiques que les mesures professionnelles de sécurité destinées à protéger le travailleur, la collectivité et l'environnement.

La transposition de ces législations en droit belge a abouti à la réglementation des installations dans lesquelles s'effectuent des opérations à partir d'organismes pathogènes ou génétiquement modifiés. Aujourd'hui, chaque laboratoire doit avoir son agent en biosécurité et chaque institution son instance responsable. " Jusqu'à présent, à côté de certains cours spécifiques, les notions en biosécurité étaient apprises sur le tas par la plupart des scientifiques, souligne Willy Zorzi. On s'est vite rendu compte que le niveau de formation était très hétérogène, d'où notre souhait d'organiser une formation pour harmoniser toutes les connaissances en la matière. "

Formation continuée

La section des sciences biomédicales de la faculté de Médecine propose, depuis cette année, une formation continuée en biosécurité. L'enjeu est de faire le point sur la nature de ces risques potentiels dans différents secteurs d'activité : du laboratoire d'analyse à la thérapie génique, en passant par la biotechnologie, la problématique des plantes transgéniques, le bioterrorisme et les aspects de communication du risque.

Les grands principes visent à déterminer les lacunes face à certains types de risques (comme les virus émergents), à énoncer des règles et à faire appliquer une gestuelle de travail susceptible de limiter les effets néfastes sur la santé ou l'environnement. Cette formation s'adresse à tout chercheur confronté à ce danger dans son travail quotidien et à tout étudiant, porteur d'un diplôme universitaire de 2e cycle, désirant parfaire ses connaissances en biosécurité.


Samuel Ledoux
Avec la précieuse collaboration de Jean-Marc Collard, chargé de cours adjoint à la faculté de Médecine de l'ULg et chef de section à l'Institut scientifique de santé publique à Bruxelles.

 

 

Le programme des enseignements porte sur un minimum de 150 heures de cours théoriques et de travaux pratiques. Informations sur le site www.ulg.ac.be/aacad/prog-cours/medecine/FCBiosDomSBIM.html

Contacts: bureau du conseil des études en sciences biomédicales,
tél. 04.366.35.78, courriel sabrina.deliuliis@ulg.ac.be
ou tél. 04.366.35.77, courriel g.dandrifosse@ulg.ac.be, ou Willy.Zorzi@ulg.ac.be