Hockey… sous eau !

Une nouvelle discipline au programme du RCAE

Photo: CMAS - Michel Leleu


Au rang des singularités sportives déclinées par le RCAE, le vovinam viet vodao conserve la palme de l'appellation originale. Mais pour ce qui est du non-conformisme éthéré, cet art martial vietnamien est depuis peu détrôné par de nouvelles sections comme le cirque, l'apnée… ou le hockey subaquatique.

A bout de souffle

" Le hockey subaquatique est un sport d'équipe qui se pratique en piscine et qui voit deux équipes de six joueurs équipés de masque, tube et palmes s'affronter en apnée pour un palet gisant à plus ou moins deux mètres, qu'ils doivent propulser à l'aide d'une crosse courte en bois dans des goals immergés. " Scandés d'une traite, ces propos liminaires présentant l'activité dans le guide des sports constituent, semble-t-il, le premier entraînement à ce sport de la grande profondeur que Michel Hubert, moniteur et grand amateur de plongée sous-marine, a porté cette année jusque dans les fonts baptismaux.

A l'instar du rugby et du tir à l'arc développant également une formule subaquatique, nos dissidents s'entraînent en piscine. Outre l'assurance de ne pas être aquaphobe, " notre discipline requiert uniquement une bonne aquacité, c'est-à-dire une bonne faculté de déplacement dans l'eau ", assure le moniteur. C'est évidemment oublier que, pour ne pas être relégué au rang de simple figurant surnageant à la surface de l'eau, de bonnes performances en apnée doublées d'une réelle condition physique sont plus que nécessaires. Mais le club se fait fort de vous muer en poissons à bras.

Encore confidentiel en Belgique, le hockey subaquatique se développe autour de sept clubs embryonnaires qui tentent de s'organiser en championnat. Mais il semble déjà faire fureur dans certains pays comme l'Australie, la Nouvelle-Zélande ou chez nos voisins français et hollandais qui déplorent néanmoins un manque d'engouement du public. Il est vrai qu'à travers la buée de leur masque et les remous générés par les joueurs, les spectateurs frigorifiés auraient du mal à extérioriser un engouement comparable à celui d'un soir de match victorieux au stade de football du Standard (tout proche). La solution : filmer avec des caméras sous-marines et projeter des images sur grand écran, comme ce fut le cas lors de la finale du dernier championnat de Belgique. Mais pour un vendredi un soir d'entraînement à la piscine du Sart-Tilman, la solution reste un peu trop coûteuse.

Après quelques largeurs d'apnée rapide et autres exercices en guise d'échauffement, c'est muni d'un gant (protégeant des coups de crosse) que l'on apprend promptement les quelques techniques de base comme les demi-tours ou les lancers. Une fois le palet posé au milieu de la piscine, la motivation fait le reste : 12 joueurs mixtes se retrouvent sur la "balle" et, après 45 secondes, tout le monde est en surface… épuisé. " En réalité, le jeu nécessite beaucoup de stratégie puisqu'il s'agit de gérer l'air de toute une équipe. Le rôle du capitaine est de structurer un team constitué de deux avants, de deux centres et de deux arrières. L'essentiel sera, pour chacun, d'être au bon endroit au bon moment, en vue de prendre le relais de son équipier ", résume Michel Hubert, promu spécialiste de ce sport après avoir assisté à une démonstration dans son club de plongée il y a deux ans. Le coup de cœur !

Avis aux amateurs

Et même si la section dispose actuellement d'un nombre insuffisant de membres pour constituer des équipes complètes à chaque entraînement, l'homme fait preuve d'un engouement inébranlable. Ne vous hasardez d'ailleurs pas à demander à ce biochimiste œuvrant dans le domaine de la vache folle si son club n'est pas un repère de déjantés. Il pourrait bien vous convertir au tennis ou à l'équitation subaquatique; d'ici à ce que des hippocampes surdimensionnés galopent dans nos mers polluées…

 

Fabrice Terlonge

Contacts:

RCAE, Michel Hubert, tél. 0477.55.02.07, site www.rcae.be ou celui de Brussels Underwater Hockey (BUWH): www.buwh.be