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Le département du Pr Jean-Paul Pirard vient de créer un réacteur
capable de produire des nanotubes de carbone à l'échelle industrielle.
Les nanotubes de carbone sont des macromolécules extrêmement
longues et fines, exclusivement composées d'atomes de carbone organisés
sous forme d'hexagones reliés entre eux pour former un tube. Leur
structure remarquable leur confère des propriétés mécaniques,
thermiques, électriques et électroniques exceptionnelles.
Invisibles à l'il nu, ils peupleront bientôt notre quotidien
: on les retrouvera dans les microprocesseurs, les gsm et comme "nano-pixels"
dans nos téléviseurs.
Convaincu de leur grand potentiel, le Pr Janos B.Nagy, des Facultés universitaires Notre-Dame de la Paix à Namur, crée en 2001, une spin-off du nom de Nanocyl, afin d'exploiter industriellement des catalyseurs développés dans son laboratoire, capables de produire des nanotubes par décomposition d'hydrocarbures (acétylène, méthane, etc.). En 2002, l'université de Liège devient actionnaire de Nanocyl.
Dès 1999 en effet, le Pr Janos B.Nagy contacte le Pr Jean-Paul Pirard pour lui confier l'élaboration d'un réacteur qui serait capable de fabriquer des nanotubes à l'échelle industrielle. Le laboratoire conçoit d'abord un réacteur discontinu pour étudier la cinétique de la réaction de synthèse et vérifier les bilans de matière. Dans un second temps, il se lance dans la conception d'un réacteur totalement continu et complètement automatisé.
" Nous devions surmonter plusieurs difficultés, explique
Jean-Paul Pirard. Premièrement, les réactions sont relativement
lentes. Deuxièmement, elles s'accompagnent d'une variation considérable
du volume du solide. Le rapport entre le volume de solide sortant et celui
introduit est entre 20 et 50. Enfin, la décomposition des réactifs
se réalise à haute température (700-1100°C) et
les réactifs ainsi que les gaz produits sont très inflammables,
voire explosifs. "
Une fois le brevet déposé, l'ULg a cédé l'exclusivité d'exploitation du procédé de synthèse à Nanocyl. A l'heure actuelle, le premier réacteur industriel est en voie d'achèvement : il devrait être totalement opérationnel dès février 2005. Ce réacteur devrait être alors capable de produire 10 à 25 kg de nanotubes par jour. Marc Mostade et Christophe Bossuot, deux ingénieurs formés au laboratoire du Pr Jean-Paul Pirard et engagés par Nanocyl, uvrent à la mise en route du procédé.
Une réussite liégeoise qui prouve, une fois de plus, combien la recherche fondamentale est indissociable de la recherche appliquée, toutes deux prises dans une dialectique dont la synthèse est l'exploitation industrielle et le dynamisme d'une région.
Hugues Demeuse
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