Diplômes conjoints

La biotechnologie et la logistique des transports au centre d'un accord entre la Tunisie et Liège


Unité pilote de production de microalgues (notamment Spiruline) à Monastir

En 2001 déjà, l'ULg et l'université du centre en Tunisie signaient un accord cadre de coopération et de développement. Trois ans plus tard à peine, elles lancent deux co-diplômes, l'un en logistique et transports, l'autre en biotechnologie.

Logistique et transports à Sousse

Le "master spécialisé professionnalisant en logistique et gestion des transports" est coordonné par Jacques Rondal, professeur de logistique à l'ULg et chargé de cours à Sousse. " Nous avons mis ce projet en forme avec l'aide de mon collègue le Pr Jean Marchal qui avait déjà collaboré avec l'université du centre de Sousse. C'est un master qui se veut professionnalisant, car le but est d'aller directement vers les entreprises. "

L'enseignement a commencé en octobre dernier à l'Institut supérieur du transport et de la logistique (ISTL) à Sousse. Il dure un an et se présente sous forme de cours et de stages en entreprise. " Les professeurs font un tandem belgo-tunisien pour chaque matière enseignée, explique Jacques Rondal, et plusieurs professeurs de l'ULg se succèdent à l'ISTL. " Cette année, 40 étudiants tunisiens se sont déjà inscrits. Ces études, qui correspondent à un DES dans l'ancien système belge, sont aussi ouvertes aux étudiants de l'ULg, et même si ce diplôme n'est pas encore reconnu formellement en Belgique, son acceptation est en préparation. " Nous voulons construire des collaborations à long terme. Nous espérons bien qu'un tel diplôme suscite aussi l'intérêt de nos étudiants. Bien évidemment, ceux qui s'inscriront pour cette formation iront suivre les cours en Tunisie. Ce qui est loin d'être désagréable ", souligne, enthousiaste, le Pr Rondal.

Biotechnologie à Monastir

Organisé sur le même modèle, le "master spécialisé en biotechnologie appliquées aux bio-ressources aquatiques" a débuté en octobre à l'Institut de biotechnologie de Monastir. Il est coordonné par Michel Brouers, maître de conférences à la faculté de Sciences de l'ULg et chargé de cours à Monastir. " Avant la création de ce master, je collaborais déjà avec la Tunisie dans divers projets de recherches et d'enseignement. " 15 étudiants tunisiens participent à ce programme d'études qui s'étalera sur 18 mois et inclura la mise sur pied d'un projet d'entreprise.
L'objectif est de former des étudiants dans les domaines des biotechnologies liées à l'environnement aquatique et ses différentes applications comme la gestion des eaux ou la valorisation des bactéries et des algues. " L'idée de ce master est d'arriver, à terme, à délivrer un diplôme valable en Tunisie, en Belgique et en Europe, espère Michel Brouers. Pour l'instant, ce n'est pas possible, mais notre programme a été construit sur le modèle européen, attribuant des crédits (ECTS) à chaque cours, afin de parvenir à un tel diplôme. "

Si les formations sont en période d'essai jusqu'en 2006, leurs coordinateurs liégeois mettent tout en œuvre pour leur assurer un bel avenir belgo-tunisien. Car, à plus long terme encore, l'objectif est de conforter la Tunisie comme pays vecteur de transferts de technologies vers les autres pays du Maghreb.

 

Barbara Brunisso