Festival de Liège

Cette année, il revient sur le passé pour mieux lire le présent

 

Du 14 janvier au 12 février, la cité Ardente accueille la troisième édition du Festival de Liège, un festival international de danse, de théâtre et de musique. Des troupes venues d'Afrique du Sud, de Bolivie, d'Haïti, d'Allemagne, d'Italie, mais aussi bien sûr de Belgique proposent des rencontres qui, comme tout contact avec une œuvre d'art, doivent nous permettre de faire l'expérience d'autres formes d'existence et d'interroger les nôtres. Parmi tous les créateurs présents, certains sont très jeunes, d'autres ont une renommée internationale, certains viennent pour la première fois, d'autres sont des habitués… Mais tous se veulent novateurs et proposent une réflexion sur le monde et sur l'homme.

Petit bout d'histoire

En 1958, la Belgique accueille l'Exposition universelle et Robert Maréchal crée le "Festival du jeune théâtre". Il le dirigera pendant 40 années. En 1999, Jean-Louis Colinet lui succède ; le festival s'appellera désormais "Festival de Liège" et se tiendra tous les deux ans, de la mi-janvier à la mi-février. La plupart des spectacles ont lieu à Liège (Hangar Saint-Luc, Le Manège et Théâtre de la Place), mais le Festival entame cette année un partenariat avec le Théâtre national, afin de renforcer les liens entre la Wallonie et Bruxelles.Les précédentes éditions ont fait la preuve que des œuvres de qualité trouvent toujours leur public : pour des spectacles souvent inconnus et toujours engagés, il a accueilli environ 20 000 spectateurs, témoins du désir, sinon de la nécessité qu'il y a aujourd'hui à rencontrer et découvrir d'autres cultures …

Photos: Festival de Liège

Il Vuoto ou ce qu'il reste de Bertold Brecht d'Armando Punzo (création)

A travers une réelle diversité culturelle et artistique, les spectacles de cette année ont tous en commun de se pencher sur la folie humaine et ses conséquences. Certains posent un regard incisif sur le présent, par exemple Les Olives Noires, qui transforment les paroles des succès du hit-parade pour dire notre vie telle qu'elle est. Plus dépaysant, le spectacle de la chorégraphe Hlengiwe Lushaba s'est construit librement autour des questions identitaires et politiques. Son corps nous parle de son pays, l'Afrique du Sud où, malgré l'abolition de l'apartheid, la richesse reste blanche et la pauvreté noire. D'autres spectacles ont choisi d'interroger les moments de l'histoire où l'être humain a été bafoué… Pour nous inciter à réfléchir, à comprendre notre passé et à ne pas faire les mêmes erreurs au présent….C'est probablement le but de Neville Tranter lorsqu'il met en scène des marionnettes qui s'appellent Adolf Hitler, Hermann Goering, Joseph Goebbels ou Eva Braun dans les derniers jours du règne nazi, lorsque les soldats russes arrivent dans la banlieue de Berlin et que la fête du 56e anniversaire d'Hitler bat son plein dans le bunker où il s'est enfermé. A mourir de rire ! Moins drôle peut-être, mais tout aussi fécond en interrogations, Noël 1942, lettres de la Volga d'Ivan Latyshev nous présente la bataille de Stalingard, à travers les lettres de soldats allemands, missives écrites pour Noël et qui ne sont jamais parvenues à destination pour cause d'un contenu jugé trop subversif.

Rencontre avec les artistes
Après chaque représentation, le public aura la possibilité de rencontrer les artistes dans une ambiance amicale. Michel Antaki de l'asbl "Une certaine Gaieté"a imaginé en effet une série d'après- spectacles, aussi insolites que chaleureux, qui questionneront la diversité culturelle sur le thème "On a la frite !".

Comme le dit un des artistes, " la culture est salvatrice, parce qu'elle est irremplaçable pour ouvrir les esprits, les rendre plus tolérants et aussi les distraire ". Comment mieux vous inviter à découvrir ce Festival ?

 

Stéphanie Taton et Emilie Tissot

Contacts :

tél. 04.343.42.47. Infos sur le site www.festivaldeliege.be