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Hit-parade des universités

 

Un supplément du Times londonien (le Times Higher Education Supplement) a publié en novembre dernier un classement des universités dans le monde. En tête, Harvard, Berkeley, Oxford et Cambridge. L'UCL et l'ULB apparaissent respectivement à la 52e et à la 54e place. Et si l'on regarde uniquement le classement des universités européennes, on s'aperçoit que ces deux mêmes institutions occupent les 14e et 15e place, derrière Oxford et Cambridge évidemment.

Cocorico pour la Communauté française ? Assiste-t-on à la revanche de Pisa (l'étude européenne sur les compétences des élèves de 15 ans) ? " A première vue, déclare le Recteur, mais l'honnêteté pousse à relever la confusion entre les deux universités bruxelloises (ULB et VUB) et louvanistes (UCL et KUL), laquelle a profité aux institutions francophones et laissé les partenaires flamandes dans l'ombre alors que la KUL et l'université de Gand figuraient en haut de la liste de l'Academic Ranking of Word Universities 2004 établie par l'université de Shangaï quelques mois auparavant. "

Et l'ULg ? Classée 97e dans le "Top 100" des universités européennes selon Shangaï, elle ne figure pas au palmarès du Times. " Ce n'est pas étonnant, explique le Recteur. Envoyée à 1300 professeurs répartis sur toute la planète, l'enquête du Times mesure la notoriété des institutions. Pas leur qualité. " Et il est évident que les chercheurs de l'ULB bénéficient de l'aura de la capitale européenne, ceux de Louvain tirant parti de la renommée d'une institution vieille de plusieurs siècles.

Depuis une dizaine d'années pourtant, l'ULg a assis sa réputation d'enseignement et de recherche au plan local, régional et eurégional. " Reste maintenant à s'affirmer sur la scène internationale ", poursuit le Recteur. Certes, une grande majorité de ses chercheurs ont noué des contacts fructueux avec leurs homologues européens et américains. Beaucoup ont réussi à se forger une réputation qui dépasse nos frontières. " Notre résultat dans le sixième programme-cadre le montre à l'envi : les équipes liégeoises font partie de plusieurs réseaux retenus et certains grands projets sont coordonnés ici. " Plusieurs contrats de recherche également associent les structures universitaires liégeoises aux laboratoires asiatiques ou africains. Manifestement, les chercheurs sont connus à l'étranger, mais ils ne sont cependant pas toujours identifiés comme membres de l'ULg.

Or, les méthodes de classement s'appuient principalement sur les moteurs de recherche en ligne qui recensent (voyez Scholar Google) les signatures des articles publiés dans les revues prestigieuses - principalement anglophones. La mention "Université de Liège" n'est pas toujours visible alors que d'autres labels apparaissent : "CHU de Liège", "Centre Y" ou même "Service Z". " Une première mesure simple à mettre en oeuvre serait d'adopter une signature uniforme, poursuit Willy Legros. Et, dans tous les cas, de veiller à ce que l'Institution apparaisse toujours au bas des papiers. "

Le Times prépare maintenant le classement 2005. Malgré tous les reproches que d'aucuns formulent à l'encontre de ce palmarès un peu futile, il serait sans doute nécessaire que l'ULg y soit répertoriée. Car, même si ces "hit-parade" présentent des biais méthodologiques de nature à les déconsidérer, même s'ils introduisent des approximations grossières et négligent des domaines entiers du savoir et de la culture, ils finissent par avoir une influence sur le public, sur les parents des futurs étudiants, les chercheurs étrangers soucieux d'établir des relations avec des laboratoires prestigieux (et donc de qualité…), sans parler des bailleurs de fonds éventuels.

Comment faire ? L'Institution doit amplifier ses actions de notoriété " en donnant aux chercheurs les moyens de mener à bien, et rapidement, leurs travaux pour publier davantage encore. Ce qui suppose des bibliothèques fournies, des équipements à la pointe et du personnel compétent pour seconder les chercheurs dans leurs tâches administratives ", a expliqué le vice-recteur Bernard Rentier lors de la cérémonie des voeux au corps académique. Un point de vue qui fut classé au pinacle des bonnes résolutions en ce début 2005.

 

Patricia Janssens