100 douleurs

Le Centre de la douleur du CHU labellisé

 

Photo: Françoise Denoël

1 000 nouveaux patients sont accueillis chaque année au Centre de la douleur du CHU

 

Le Centre de la douleur du CHU vient d'être reconnu "Centre de référence multidisciplinaire de la douleur chronique" par l'Inami. Une distinction qui couronne les efforts entrepris et qui offre de nouvelles perspectives de collaborations et de recherches dans le domaine.

Qui ne s'est jamais plaint d'avoir fréquemment mal au dos, de souffrir de migraines ou d'avoir un genou fragile ? Lorsque ces maux sont le résultat d'un mauvais coup ou d'une petite grippe, les médecins parleront de douleurs aiguës, mais il existe des douleurs plus pernicieuses, plus complexes à guérir. D'après Marie-Elisabeth Faymonville, professeur de clinique et coordinatrice du Centre, " la douleur constitue environ 60 % des motifs de consultation médicale dans notre pays. Pourtant, elle demeure l'un des problèmes médicaux les moins reconnus et les moins traités à ce jour ".

Ces douleurs chroniques sont pourtant d'une impertinente longévité. " Si la douleur agit pour protéger l'être humain, elle peut, dans certains cas, perdre de vue cette fonction, explique Marie-Elisabeth Faymonville. Plus qu'une simple sonnette d'alarme signalant un problème physique, la douleur chronique devient un problème bio-psycho-social particulièrement tyrannique. "

Constitué de spécialistes multidisciplinaires, le Centre de la douleur envisage chaque cas de façon globale.

Un véritable suivi physiologique et psychologique est mis en place. " Nous nous occupons des cas graves, précise la coordinatrice, ceux que les médecins n'ont pu résoudre de manière isolée et qui ont été souvent relégués dans la case "psy". "

Le Centre accueille près de 1000 nouveaux patients chaque année. Gare aux illusions cependant : l'annihilation totale de la douleur est assez rare. Mais l'objectif d'en réduire l'intensité avec l'aide de médicaments, de techniques d'infiltration et même l'apprentissage d'auto-hypnose, est souvent atteint. " Il faut savoir que la douleur chronique a des conséquences psycho-sociales parfois très importantes, poursuit M.-E. Faymonville. Aider les patients à sortir de cet engrenage est le rôle spécifique des psychologues. Cependant, l'objectif principal de toute l'équipe multidisciplinaire est d'amener les patients souffrant de douleurs chroniques à mieux gérer cette problématique et à augmenter ainsi leur qualité de vie. "

Maintenant labellisé "Centre de référence", le Centre de la douleur du CHU se devra de réussir le pari d'offrir à chaque patient un plan thérapeutique optimal dans une approche pluridisciplinaire incluant médecins généralistes et spécialistes. Il peut maintenant envisager plus sereinement l'avenir pour les "traitements globaux", particulièrement coûteux. Signalons cependant que, " si le fonctionnement des soins de santé laisse à désirer dans le domaine de la douleur, c'est en partie à cause d'une connaissance insuffisante et d'une formation incomplète des médecins ". Raison pour laquelle la faculté de Médecine de Liège souhaite intégrer dorénavant dans sa formation un bagage plus complet sur le traitement de la douleur pour éviter au maximum qu'une douleur aiguë devienne chronique. Car, on le sait, "mieux vaut prévenir que guérir".

 

Marc Bechet