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" Je n'aime pas les mouvements d'hystérie collective ",
se fendait un journaliste de la deuxième chaîne de télévision
française pour justifier sa non-participation à une émission
visant à récolter des fonds pour l'Asie en détresse.
Tout aussi louable qu'il puisse être (le manichéisme n'a pas
cours en matière d'humanitaire), ce raz-de-marée médiatique
à vocation caritative laisse un petit goût amer à certaines
organisations au long cours, telles les agences de coopération au
développement.

P.G.
Le monde universitaire a un rôle à jouer aux côtés des ONG
Et l'Afrique ?
" Au Congo, l'on considère qu'il se produit un tsunami tous les cinq mois si l'on raisonne en nombre de morts, s'indigne Véronique Biquet, responsable éducation et développement pour l'Agence Coopération-Développement-Liège (ACD-Liège). L'énorme campagne de communication autour du tsunami occulte le fait que l'on ne parle pas de l'Afrique centrale. Or, la situation y est extrêmement préoccupante. Nous souhaitons toucher les politiques et leur rappeler que le Burundi, le Rwanda et le Congo sont touchés par la guerre civile. "
Voilà donc l'un des objectifs de la troisième édition de "Campus Plein Sud" organisé du 21 au 25 février à l'ULg. Un événement inter-universitaire qui fait écho dans les huit campus francophones du pays et consiste en une semaine d'animations, d'informations et de débats visant à raviver l'intérêt des membres de ces communautés pour les problématiques de développement et de coopération. Cadré dans la problématique des rapports Nord-Sud, l'événement tend à en souligner l'interdépendance entre ces deux pôles et à impliquer l'université dans la construction d'une société plus solidaire. Cela passe bien sûr par l'information, mais aussi par le tissage de liens plus étroits entre les institutions universitaires, les partenaires et les autres acteurs de la solidarité Nord-Sud (ONG, collectivités locales, organismes régionaux, syndicats, associations culturelles, etc.).
Or, en matière humanitaire, beaucoup d'élans révèlent souvent leurs seuls aspects velléitaires. Lorsque ce n'est pas l'intérêt qui fait défaut : " Nous rencontrons beaucoup de difficultés pour sensibiliser un nouveau public ", confirme Véronique Biquet. D'où l'idée de l'action "Cuisine du monde" organisée en collaboration avec les restaurants universitaires. Pour toucher un public inhabituel. " Bernard Legrand, le district manager de la Sodexho, a tout de suite été emballé par le projet. D'autant que cette entreprise chargée de la gestion des restaurants universitaires a contractuellement pour mission d'animer les sites. "
Durant cinq jours, les restaurants du B8 et celui de la Faculté vétérinaire proposeront un tour du monde culinaire en cinq plats. Quotidiennement, en plus du traditionnel plat du jour, paëlla, wok, couscous, poisson grillé et poulet aux ananas tendront à élargir votre champ gustatif et à ouvrir votre conscience aux menus pas toujours appétissants qui font le quotidien de populations moins bien loties que nous, sur d'autres continents. L'idée est d'autant plus séduisante que l'opération n'engendre pas de véritable surcoût pour les restaurants. Et si l'assiette ne vous rend pas solidaire, il reste les panneaux et les sets de table qui, imprimés pour l'occasion, mentionneront le programme de la semaine "Campus Plein Sud" ainsi que des informations sur l'ACD-Liège. Créée en 1978 par des membres et des anciens étudiants de l'université de Liège défendant l'idée que le monde universitaire a un rôle a jouer au niveau des projets relevant des organisations non-gouvernementales (ONG), l'association est active auprès de l'Université sans pour autant être un service universitaire.
Colloque
Autre temps fort de cette semaine, le colloque du jeudi 24 février
organisé conjointement avec la commission liégeoise Justice
et Paix (d'obédience catholique) et le Cecodel (service universitaire
pour la coopération au développement) à l'Institut
de zoologie. Il abordera les conflits qui compromettent gravement le processus
de paix et de démocratisation au Congo, au Rwanda et au Burundi,
et l'un des intervenants, Bob
Kabamba, chargé de cours adjoint et chercheur au département
des sciences politiques, participe d'ailleurs à l'élaboration
de la future Constitution de la République démocratique du
Congo. Le discours d'ouverture sera assuré par le vice-Recteur Bernard
Rentier et celui de clôture confié à Marie-Dominique
Simonet, ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique
et des Relations extérieures. Enfin, une création originale
du Théâtre universitaire de Namur, une exposition, des témoignages
de coopérants et des petits déjeuners Oxfam viendront étoffer
ce programme métissé et solidaire.
Fabrice Terlonge
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Contacts: ACDLG, tél. 04.366.55.43, courriel acdlg@ulg.ac.be, site www.acdlg.ulg.ac.be |
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