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Faire vivre le cinéma d'auteur
Les nouvelles sont plutôt réjouissantes pour les cinémas Le Parc et le Churchill : la fréquentation de leurs salles est en hausse sensible. Souvenez-vous : en 1982, l'asbl Les Grignoux reprend en location une ancienne salle de quartier reconvertie dans les années 70 en salle de projection de films d'auteur ou marginaux. " On a commencé par projeter un film par semaine, puis deux, puis trois Pour ensuite élargir la diffusion à une séance par jour. Comme les distributeurs voulaient faire plus d'entrées et que des films nous échappaient à l'époque à cause du manque de salles, nous avons dû nous développer ", raconte Jean-Pierre Pécasse, un des responsables de l'asbl. Le Churchill ouvre ses portes en 1993.
Culture vivante
Aujourd'hui, malgré l'arrivée du Kinépolis - ou serait-ce grâce à elle ? -, le public est de plus en plus nombreux : 330 000 entrées en 2004, soit une augmentation de 8% par rapport à l'année précédente. Un chiffre record qui témoigne de la bonne santé du cinéma en général. Et l'aventure continue puisque quatre nouvelles salles verront le jour d'ici fin 2006, place Xavier Neujean.
Dans les villes où se sont installés des multiplex, on a constaté une forte augmentation de la fréquentation des salles du type "Churchill". La plupart ont en commun d'instaurer un rapport d'intimité avec leur public à travers des rencontres avec acteurs et réalisateurs, des soirées débat, des concerts, des festivals, des concours de musique de films, etc. Il s'agit dans tous les cas de faire vivre la culture en intégrant ses enjeux politiques et sociaux, en donnant la parole aux spectateurs, en rétablissant un lien entre apprentissage et plaisir comme l'action Ecran large sur tableau noir à l'intention du public scolaire. Dans le même esprit, l'asbl Les Grignoux distribue sous le nom de Le Parc distribution des films d'animation.
Au départ, cette asbl s'est positionnée par rapport au Palace, qui laissait de côté tout un panel de films dont certaines Palmes d'or pourtant distribuées en Belgique. Aujourd'hui, la différence peut sembler s'être émoussée : même si une grande partie des 300 films qui passent au centre-ville restent ignorés par le multiplex, Le Parc et le Churchill diffusent des productions dites "grand public" alors qu'on trouve des films dits "d'auteur" au Kinépolis.
Selon Jean-Pierre Pécasse, les deux logiques restent cependant assez différentes : " Les multiplex passent aussi des films d'auteur. Mais, alors que chez nous il y a un réel engouement pour ce type de films, ce n'est pas le cas pour le Kinepolis. Si l'on prend l'exemple du dernier opus de Costa-Gavras, Le Couperet, il se trouve à l'affiche du Kinepolis et chez nous; cependant il n'aura pas le même attrait là-bas que dans nos salles. Notre logique est d'essayer de faire vivre sur la longueur des films qui ne sont pas forcément rentables, et donc de distiller les séances pour que le public ait le temps de les repérer. " Et puis, il y a L'Inédit, qui est très largement diffusé et qui soutient les films marginaux ne faisant l'objet d'aucune publicité. Ajoutons qu'entre 80 et 90% des films diffusés au Kinépolis sont américains alors que 60% de ceux proposés au Churchill sont européens.
Plaisir et combat
Un cinéma tel que le conçoivent Le Parc et le Churchill fait exister le très large groupe social que constituent ses spectateurs, pour qui le 7e art est l'occasion de plaisir esthétique, de rencontres culturelles, de divertissements mais aussi de combats politiques. Les deux salles ont, jusqu'à présent, fait face à la concurrence du pop corn et des sodas. Il nous reste à espérer que l'arrivée du nouveau complexe "Médiacité" au Longdoz n'entravera pas leurs objectifs culturels.
Caroline Balaes et Gaëlle Gozzi
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