Médecine nucléaire

Contrôle renforcé des appareils

 

Si le terme "médecine" est synonyme de soins et de vie pour tout un chacun, nous sommes naturellement plus sceptiques lorsqu'il est associé à celui de "nucléaire". Depuis plusieurs dizaines d'années pourtant, le domaine de la médecine dite nucléaire s'est inscrit au rang des disciplines incontournables en imagerie médicale. Peu connue du grand public, elle constitue une variante de la radiologie consistant à injecter une substance faiblement radioactive dans le corps humain. L'objectif est d'obtenir une image des organes ciblés susceptible de mettre en évidence des troubles fonctionnels éventuels.

Loin d'être aussi dangereuse qu'elle n'y paraît, la médecine nucléaire nécessite cependant un suivi tout particulier : la -caméra, appareil qui réalise la prise des images scintigraphiques et l'activimètre, appareil qui mesure la très faible activité radioactive administrée au patient, font ainsi l'objet d'un contrôle annuel obligatoire. Alain Seret, chargé de cours au département de physique de l'ULg et expert en radiophysique pour la médecine nucléaire, a néanmoins décidé d'accentuer ce processus de contrôle qu'il juge insuffisant.

" La médecine nucléaire est une technique en constante progression. Les troubles examinés étant de plus en plus vastes, les médecins sont de plus en plus nombreux aujourd'hui à faire appel à cette méthode. Bien qu'elle ne soit le plus souvent utilisée qu'en deuxième ou troisième intention, cette technique d'imagerie médicale est souvent nécessaire, comme dans le cas des affections de la thyroïde ou de la détection de certains cancers par exemple. Afin de garantir au patient une qualité optimale, un contrôle annuel n'est pas suffisant ", explique Alain Seret. C'est là une opinion partagée par plusieurs services hospitaliers de médecine nucléaire, notamment ceux de la Citadelle, des cliniques Saint-Joseph et du CHU au Sart-Tilman. A leur demande, Alain Seret a mis sur pied un système de contrôle continu des techniques utilisées en médecine nucléaire dans le cadre de ses recherches.

En tant qu'initiateur du projet, il est depuis quatre années le coordinateur d'un vaste plan de formation destinée aux médecins spécialisés et surtout aux infirmiers. " L'objectif est que ces technologues effectuent eux-mêmes un maximum de contrôles sur les machines utilisées. Je me charge, lors de visites périodiques sur site, d'une analyse plus fine. " Et de rappeler que la faculté des Sciences organise un DES en physique médicale, orienté vers l'expertise en radiophysique. Une adresse à retenir.

 

Marc Bechet

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