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Carottage lors d'une campagne en novembre 2004 sur la banquise de l'Antarctique
à laquelle a participé l'unité d'océanographie chimique de l'ULg
Du 2 au 6 mai prochain, l'université de Liège accueillera le cinquième congrès international consacré à l'étude des échanges de gaz entre l'atmosphère et l'océan. Le deuxième sur le sol européen, dans le cadre du 37e colloque international de Liège sur la dynamique des océans. La quantification de ces transferts est importante pour la compréhension du cycle du carbone et, par-là, pour une prévision plus précise des futurs changements climatiques globaux de notre planète. " Les organisateurs des quatre précédentes réunions m'avaient fait savoir leur intention de produire la prochaine en Europe, raconte Alberto Borges, chercheur dans l'unité d'océanographie chimique et organisateur de la rencontre. Comme l'ULg organise chaque année un colloque sur la dynamique des océans, je leur ai proposé d'unir nos forces. "
Pluridisciplinarité
Cette rencontre sera l'occasion d'une grande première : la réunion des spécialistes de l'océan profond et de l'océan côtier, des rivières et lacs. Il existe en effet une interaction entre les rivières, les eaux côtières et l'océan profond : ces différents milieux échangent de la matière et de l'énergie. Or, jusqu'à présent, les spécialistes se réunissaient entre eux
L'originalité du colloque se marquera également par la gamme des échelles couvertes - du moléculaire à l'océan dans sa globalité - et la pluridisciplinarité des thèmes abordés : modèles globaux physiques et biologiques de l'océan, travaux expérimentaux en laboratoire et sur le terrain, imagerie satellitaire pour la mesure de la hauteur des vagues ou de la température de surface, etc. Bref, diversité des chercheurs, diversité des échelles, diversité des approches ! Un événement exceptionnel dont la richesse et les retombées scientifiques ne font aucun doute.
Les échanges de gaz à l'interface eau-atmosphère jouent
un rôle primordial dans la modélisation de l'effet de serre.
Les océans sont capables d'absorber une partie des gaz produits par
l'activité humaine. D'autres systèmes aquatiques, tels que
les rivières et les lacs, produisent et émettent vers l'atmosphère
des gaz à effet de serre. Pour estimer la quantité de ces
gaz qui seront dissous ou dégazés des systèmes aquatiques,
il faut connaître ce qui se passe à l'interface avec l'atmosphère
Cela fait près de 30 ans que les scientifiques planchent sur ce problème
et, malgré de grandes avancées techniques et conceptuelles,
ils sont encore loin de tout saisir. " Bien sûr, les prédictions
alarmantes qui ont déjà été faites en matière
de changements climatiques sont fiables, s'empresse de clarifier Alberto
Borges. Nos études cherchent uniquement à améliorer
notre connaissance des processus qui contrôlent les échanges
à l'interface eau-air afin d'affiner ces prédictions. "
Et ces processus sont nombreux : le vent, les vagues, les substances organiques,
la température, les courants, la pluie et les bulles d'air.
CO2 côtier : rôle majeur
Le laboratoire d'océanographie chimique de l'ULg fait partie des pionniers dans l'expertise du milieu côtier en matière de cycle du carbone et du CO2 . Il y a 20 ans, Michel Frankignoulle, directeur du laboratoire liégeois, était un des seuls à travailler sur le CO2 côtier dont le rôle, à cette époque, était complètement négligé dans les bilans à l'échelle planétaire, et pour cause : il ne représente que 7% de la surface des océans du globe. " Mais c'était ignorer que cette toute petite surface abrite l'activité biologique la plus intense des océans ", s'empresse de préciser Alberto Borges. C'est en effet dans les océans côtiers que se développe 30% de l'activité biologique de l'océan. Or, les algues absorbent le CO2 du milieu océanique et les bactéries et les animaux, en dégradant la matière organique, le libère à nouveau. Ainsi, l'ensemble de la chaîne alimentaire de l'écosystème a une influence directe sur le cycle du CO2 et donc sur l'effet de serre. Depuis une dizaine d'années, l'influence des eaux côtières est enfin unanimement reconnue.
Elisa Di Pietro
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Le 37e colloque d'océanographie chimique de l'Université
de Liège sera dédié à Michel Frankignoulle. Contacts: |
Michel
Frankignoulle nous a quittés le dimanche 13 mars dernier. Licencié
en chimie et en océanologie, ensuite docteur en océanologie
en 1986 - chaque fois avec les plus hauts grades -, Michel, dans le domaine
qui était le sien - la dynamique des gaz à effet de serre
dans les écosystèmes marins et leurs échanges avec
l'atmosphère -, jouissait d'une notoriété considérable,
tant ses travaux étaient clairvoyants, originaux et constructifs.
En 2003, il reçut la plus haute distinction scientifique que l'Université accorde, à savoir l'agrégation de l'enseignement supérieur. Grâce à ce titre et à un curriculum scientifique de tout premier ordre, le FNRS lui conféra le grade de maître de recherches en 2004.
Hors du commun par son intelligence et par son humanisme, hors du commun
par sa force physique et intellectuelle, hors du commun encore par sa puissance
de travail, Michel avait en outre un charisme exceptionnel, une autorité
naturelle qui donnait à quiconque l'approchait l'envie de travailler
avec lui. Certes, il avait durant ces dernières années choisi
un chemin de solitude et s'était un peu éloigné des
siens et de ses étudiants. Il avait peut-être ses raisons.
Que ses proches, ses étudiants, collaborateurs et nombreux amis de
l'ULg et d'ailleurs trouvent ici la marque de notre sympathie et grande
estime.
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