Cart et gagnant

La réputation du centre franchit les frontières




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Système de préparation automatisé des échantillons, développé en collaboration avec la société américaine FMS (Fluid Management Systems)

Le Centre interfacultaire d'analyse des résidus en traces (Cart) de l'université de Liège vient de remporter en France un appel d'offre européen portant sur un contrat de 500 000 euros pour réaliser des analyses "dioxine" dans le cadre d'une large étude épidémiologique et ce, malgré une rude concurrence des plus grosses sociétés d'analyse internationales.

Contrat prometteur

Né il y a six ans, juste avant l'apparition de la "crise de la dioxine" - la contamination accidentelle la plus grave qu'ait connu la Belgique ces dernières années -, le Cart compte aujourd'hui près de 50 chercheurs émanant des facultés des Sciences et de Médecine vétérinaire. Leur but est de détecter la présence de substances illégales ou toxiques (antibiotiques, pesticides, dioxine, etc.) dans la chaîne alimentaire.

L'ULg jouit d'une excellente réputation dans ce domaine. Présent à tous les colloques internationaux "dioxine" et, de manière plus large concernant les contaminants, le Cart s'est fait un nom dans l'analyse agroalimentaire. Mais c'est surtout pour les échantillons sanguins qu'il possède une compétence recherchée. Il a réalisé plusieurs études pour le gouvernement fédéral et le gouvernement régional wallon. Preuve de sa renommée, ce centre vient de conclure un contrat avec le gouvernement français.

Dans le cadre du "Plan national de mobilisation contre le cancer", un appel avait été lancé pour la réalisation d'une cartographie des dioxines. 1000 personnes réparties sur tout le territoire de l'Hexagone seront examinées. L'objectif est de quantifier une éventuelle sur-imprégnation aux dioxines des populations vivant à proximité d'usines d'incinération d'ordures ménagères. La phase de prélèvement et d'analyse s'étalera sur six mois environ. Ensuite commencera une période d'évaluation des données et de mesures complémentaires éventuelles. L'étude, qui a déjà commencé, durera jusqu'en 2006.

La concurrence était rude : la plupart des grosses multinationales d'analyse avaient répondu à l'appel d'offre. " Heureusement pour nous, explique le Pr Edwin De Pauw, directeur du Cart, très peu de laboratoires ont développé des méthodes capables de réaliser de façon concomitante un millier d'analyses… en six mois ! Nous travaillons beaucoup avec la Croix-Rouge, la Santé publique, l'Agence pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca), des organismes qui exigent des délais d'analyses très brefs, dans un cadre accrédité "EN ISO 17025". Nos méthodes sont au point depuis longtemps, c'est sans doute ce qui a emporté la décision de l'Institut de veille sanitaire français ".

Le montant du contrat est à la hauteur des ambitions du centre, lequel envisage de renouveler plusieurs appareils de laboratoire. D'autres Facultés devraient donc bénéficier des retombées financières du marché par l'accès aux appareils. " Au-delà de la reconnaissance internationale qu'elle renforcera indéniablement, poursuit le Pr De Pauw, cette étude va nous aider à développer de nouvelles méthodes analytiques essentiellement orientées sur l'analyse indirecte des composés toxiques par le biais de marqueurs de leur effet biologique. Elle va contribuer en outre à maintenir l'emploi de deux techniciens pendant un an et à lancer deux doctorats. "

Projets européens

Le Cart participe déjà à plusieurs projets européens, dont le Biocop (www.biocop.org) qui vise à détecter les pratiques illégales en matière de production alimentaire. " Si l'on désire vérifier la présence ou l'absence de pratiques interdites ou de contaminations environnementales, on peut soit doser les substances incriminées soit détecter la présence de marqueurs à rémanence plus longue, qui dressent une sorte d'historique de contamination de l'animal, explique le Pr De Pauw. On peut imaginer que l'on dépose une goutte d'échantillon sur une plaque composée de plusieurs senseurs qui capturent, chacun spécifiquement, un composé ou un marqueur. On obtient ainsi de façon rapide une réponse pour les différentes molécules. "

Développer des outils d'analyse innovants et performants sur base de nouveaux concepts physico-chimiques est la préoccupation essentielle du Cart. La valorisation des concepts par la mise à disposition des outils développés, soit à la communauté scientifique soit aux industries, est une autre préoccupation répondant à la mission de citoyenneté de l'Université.

 

Samuel Ledoux

 

Contacts:

Informations sur les sites www.ulg.ac.be/mslab ou www.cartulg.be