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L'eye tracking
est une technologie qui permet l'enregistrement du parcours du regard sur
un stimulus visuel (affiche publicitaire, journal, écran d'ordinateur,
etc.). Grâce à cette technologie, il est possible de déterminer,
avec précision, les endroits où se pose, en premier lieu,
notre regard ainsi que les éléments qui retiennent notre attention.
L'intérêt de cette nouvelle technique est d'augmenter nos connaissances
quant aux stratégies attentionnelles pour mieux concevoir les écrans
et l'environnement de travail.
Utilisée déjà dans le secteur de la publicité, l'eye tracking embrasse aujourd'hui d'autres champs d'application. On y recourt, par exemple, dans le domaine de la sécurité routière (perception des signaux) ou de l'édition (mise en page des textes et photos). Mais les recherches les plus en vue, actuellement, sont celles consacrées au design des sites internet. Selon ces études, l'il est d'abord attiré par le centre de la page avant de se déplacer vers la gauche, puis vers la droite. Etonnamment, le regard de l'internaute se détourne de ce qui ressemble à de la publicité et se concentre d'abord sur les textes, au détriment des images.
La technologie de l'eye tracking s'inscrit dans un contexte de recherche plus large : celui de l'ergonomie. Créée dans le courant des années 1960, celle-ci étudie les conditions de travail en entreprise. Son objectif est d'améliorer ces conditions en élaborant des outils adaptés aux capacités physiques et mentales du travailleur. Elle garantit ainsi plus de confort, de sécurité et de productivité au sein de l'entreprise.
Depuis quelques années, l'ergonomie est en pleine expansion. L'ULg l'a bien compris, qui a créé en 2003 une charge d'ergonomie cognitive. Plus récemment, en janvier 2005, elle a accordé un crédit de recherche à Anne-Sophie Nyssen, chargée de cours dans ce domaine. Ce crédit sera consacré à l'acquisition d'un système d'eye tracking. " De nombreuses entreprises achètent de nouveaux systèmes techniques sans les tester efficacement au préalable. Par conséquent, il arrive que ce nouveau matériel soit inadapté. L'employé s'en sert mal ou l'utilise de la même manière que les anciennes techniques. Cette mauvaise adaptation de la technologie à l'homme peut être à la base d'erreurs ou d'accidents. L'eye tracking va nous aider à résoudre ces problèmes. Prenons l'exemple d'une salle de contrôle. En étudiant les besoins d'informations et les stratégies attentionnelles de l'opérateur, nous pourrons améliorer sa conception, c'est-à-dire veiller à ce que les informations disponibles soient pertinentes par rapport aux besoins du travailleur et présentées de façon satisfaisante et efficace. "
Les techniques d'enregistrement du regard ont beaucoup évolué au cours des dernières années. " Désormais, nos chercheurs pourront jouir d'un système mixte comprenant deux modules : un module portatif composé d'un casque muni de deux caméras qui enregistreront à la fois le champ de vision et le déplacement du regard. Il s'agit d'un outil indispensable dans le cadre d'une utilisation en situation réelle. Nous disposerons également d'un module fixe. Il sera exploitable en laboratoire et permettra des expériences plus poussées et une analyse plus fine des données. "
D'autres Facultés ont déjà manifesté leur intérêt pour ce projet. C'est le cas, notamment, des équipes du cyclotron avec lesquelles une collaboration est envisagée en vue de relier l'enregistrement du regard et les stratégies attentionnelles de l'homme au fonctionnement cérébral.
Céline Léonard
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Contacts : tél. 04.366.46.66, courriel asnyssen@ulg.ac.be |
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