Au service du vivant

L'informatique, le chaînon manquant


Depuis deux ans déjà, le projet "Giga" - ou Génopôle - rassemble au Sart-Tilman une multitude de chercheurs. Médecins, biologistes, chimistes et autres spécialistes y collaborent afin de promouvoir la recherche dans le domaine de la génétique et de la protéomique. Si tous les intéressés semblent être au rendez-vous, une nouvelle discipline quelque peu inattendue pourrait bien apporter une aide précieuse à l'ensemble. En effet, depuis janvier dernier, à l'instar du Pr Louis Wehenkel de l'Institut Montefiore, plusieurs spécialistes en informatique mettent leur science au service du vivant.

Bio… informatique ?

Le projet Giga consiste notamment en la mise sur pied d'un centre de recherches pluridisciplinaires visant la centralisation des laboratoires en génétique et en protéomique. " L'objectif est de fédérer les différents laboratoires pour financer les outils et maximiser l'efficacité des recherches ", explique Louis Wehenkel. Responsable du projet Giga, André Renard a fait appel au service informatique de l'ULg afin d'améliorer les investigations d'un point de vue technique.Curieuse collaboration ? Pas tant que ça. En effet, si les recherches étaient jusque-là fructueuses, un problème majeur restait cependant irrésolu : celui du traitement statistique des données permettant d'isoler les cellules génétiques porteuses d'un trouble éventuel. Le volume des données étant tel qu'il devenait nécessaire de se doter d'outils statistiques performants pouvant les exploiter. " Il est devenu évident de faire travailler les chercheurs en sciences du vivant avec les informaticiens puisque des spécialistes en informatique sont capables de développer et d'utiliser des méthodes avancées dans le traitement des données ", poursuit le professeur. L'avantage de ces nouveaux outils n'a rien de facultatif dans les recherches. Car, même si les spécialistes des sciences du vivant étaient déjà en mesure de détecter les symptômes associés aux maladies étudiées, bon nombre d'entre eux ne se manifestaient qu'à un état avancé de la maladie, ce qui augurait mal d'une possible guérison.

Rôle préventif

C'est ainsi que la plate-forme bio-informatique s'est greffée au système, sous la responsabilité de Raphaël Marée, lequel vient de présenter une thèse en informatique. Travaillant sur les techniques du "Data Mining", les chercheurs ont pour tâche d'isoler le plus tôt possible les cellules porteuses d'un trouble quelconque. Plus que de simples techniques de calcul, c'est bien un rôle préventif en matière de santé qu'apporte ce nouvel outil. " Même si toutes les maladies ne nécessitent pas le recours à notre technique, d'autres, comme la polyarthrite rhumatoïde, y trouveront un intérêt majeur, commente le professeur. Pierre Geurts , ingénieur chargé de recherche au FNRS, publie d'ailleurs dans la Revue bio-informatique un article fort intéressant à ce propos. "

Les logiciels de détection mis en place par la plate-forme ont fait l'unanimité et, à l'heure actuelle, les regards se tournent vers des troubles comme la maladie de Crohn ou le cancer. Dans la foulée de ces premiers succès, de nouveaux projets sont envisagés, d'autant que la rénovation d'une tour du CHU est actuellement en cours, laquelle regroupera l'ensemble des services et simplifiera l'accès aux facilités technologiques.

 

Marc Bechet

Contacts: Louis Wehenkel, tél. 04.366.26.84, site www.giga.ulg.ac.be