Numerus clausus

Un classement sera établi dès la fin de la première année en médecine et en sciences dentaires

Le gouvernement de la Communauté française a approuvé vendredi 13 mai un avant-projet de décret instaurant un filtre au terme de la première année de bachelier en médecine et sciences dentaires. Une décision prise - sans enthousiasme - eu égard à la position du ministre de la Santé publique, Rudy Demotte, qui réaffirme le maintien du contingentement des médecins et des dentistes. Jusqu'en 2011, l'Institut national d'assurance maladie-invalidité (Inami) délivrera, chaque année, 280 attestations pour les médecins et 56 pour les dentistes en Communauté française. Chaque université disposant d'un nombre fixe de diplômés admis à pratiquer la médecine générale ou une des spécialités remboursées par la sécurité sociale (21,53% pour l'ULg).

Opposés depuis toujours à ces restrictions, les doyens des facultés de Médecine vont donc reprendre leur boulier à la fin de l'année académique prochaine. Car, dès la rentrée 2005-2006, les étudiants de première année devront non seulement réussir leurs examens mais encore se classer en ordre utile pour obtenir l'attestation indispensable à l'accès en deuxième année. Chaque université délivrant un nombre maximal de places en fonction des quotas prévus pour 2012, lesquels seront définis pendant l'été par le ministre de la Santé.

Pour Gustave Moonen, doyen de la faculté de Médecine de l'ULg, la mesure s'imposait. " Certains des doyens, dont je suis, préféraient que soit organisé un examen d'entrée comme en faculté de Sciences appliquées ou de Médecine vétérinaire, explique-t-il, mais l'important est de rétablir le filtre. Car, depuis la suppression du classement décidée par l'ex-ministre de l'Enseignement supérieur Françoise Dupuis en 2003, nous observons une hausse importante des inscriptions en première année. Or, les quotas sont maintenus par le gouvernement fédéral et les refusés seront dès lors plus nombreux en fin de cursus. Pour les professeurs, il est extrêmement pénible de voir des jeunes s'investir dans des études longues et difficiles en sachant que plusieurs d'entre eux ne disposeront pas du sésame pour exercer leur art. " En présentant son avant-projet de décret, la ministre de l'Enseignement supérieur Marie-Dominique Simonet - peu favorable à ces quotas - a souhaité mettre fin à l'incertitude dans laquelle vivaient les étudiants… et leurs familles.

Depuis la déclaration de Bologne, 60 crédits sont nécessaires pour réussir une année universitaire. En médecine, la première année comportera 50 crédits communs à toutes les universités de la Communauté française, cinq crédits spécifiques à l'institution et cinq autres consacrés à un enseignement destiné à former les étudiants à l'utilisation transversale des matières enseignées. " Cinq crédits vaudront 20% des points, précise le doyen. L'idée est aussi d'anticiper les inévitables réorientations et d'aider les étudiants qui échoueront à l'issue de cette année-concours à se tourner vers la pharmacie, la kinésithérapie, les sciences biomédicales, etc. " Dans ce cas, les étudiants pourront valoriser leurs crédits mais, par contre, ils repartiront à zéro s'ils décident de recommencer leur première année de médecine ou de dentisterie.

Au CHU, les médecins sont inquiets. Le manque d'étudiants se fait, en effet, déjà sentir dans des spécialités comme l'anesthésie ou la gynécologie. Difficile aussi d'assurer partout des services d'urgence 24h/24. Et les mesures de restriction d'accès aux professions médicales montrent leurs limites, tant en Angleterre qu'en France où un récent rapport tire la sonnette d'alarme.

De quoi influencer le gouvernement belge ? Beaucoup l'espèrent. " Un assouplissement des règles serait déjà le bienvenu, concède le Pr Moonen. L'élargissement des quotas est vraiment indispensable. " Avant leur suppression ? C'est sans nul doute ce que souhaitent les doyens qui aimeraient remiser les bouliers.

 

Pa.J.

Photo: Françoise Denoël - ULg

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