Liberté, égalité, … mobilité ?

Université d'été du Fer ULg


"Tous les hommes naissent libres et égaux en droits. " Le principe est clair. Néanmoins, selon qu'on naisse fille ou garçon, les droits ne se déclinent toujours pas de la même façon dans la réalité. Conscients que, dans nos sociétés, les rôles des uns et des autres se distribuent toujours significativement au gré de leur appartenance sexuelle, des associations et des groupes de recherche travaillent et luttent pour une plus grande égalité homme-femme. Parmi eux, le Fer ULg qui organise fin août une université d'été sur le thème "Femmes et Mobilités". Selon Claire Gavray, l'une des organisatrices, attachée à la faculté de Psychologie et des Sciences de l'éducation, " le but d'un tel projet est d'apporter des pistes de réflexion et d'attirer par la même occasion l'attention des décideurs politiques sur un phénomène - la mobilité - devant lequel hommes et femmes ne sont pas encore égaux ".

Trois aspects essentiels ont été retenus : la mobilité sociale et professionnelle, la mobilité géographique, les processus de réalité migratoires. Certes, en moyenne, la mobilité professionnelle - et sociale qui en découle - s'est accrue ces dernières années pour les femmes. Mais, en même temps, les inégalités entre les femmes se sont accrues, spécialement en fonction de leur niveau de formation. De plus, elles sont restées tributaires de la sphère domestique : mener de front une carrière professionnelle et une vie de famille relève encore de l'exploit. Pour articuler activités et responsabilités quotidiennes, les mères, plus que les pères, se trouvent souvent contraintes de travailler près de leur domicile et d'accepter de moins bons statuts de travail ainsi que des perspectives de carrière inférieures. L'immigration met en évidence d'autres disparités. Selon Claire Gavray, " on n'évoque pas suffisamment cette problématique au féminin ". Or, les femmes aussi émigrent, et pas toujours pour suivre un conjoint.

L'enjeu de la réflexion consiste à prendre en compte les rapports sociaux de sexe dans l'articulation de leurs différentes dimensions et de faire comprendre le profit que les hommes et les femmes peuvent retirer du nécessaire rééquilibre des responsabilités, ressources et investissements identitaires. On le voit, il n'est pas question ici de démarche féministe "revancharde". Dans ce monde régi par l'économique et la mondialisation, il s'agit de favoriser, dans une vision de cohésion sociale, des rapports plus harmonieux, tant au niveau social qu'individuel.

Cette université d'été, telle qu'elle est conçue, vise à favoriser la rencontre de chercheurs et de travailleurs de terrain, ce qui n'est pas toujours le cas dans un colloque classique souvent caractérisé par des contraintes temporelles importantes, un repli et une "concurrence" académique. Elle se donne également un objectif clair de formation et d'encadrement des doctorants et jeunes chercheurs, cela grâce aux échanges approfondis qui pourront s'instaurer avec des spécialistes reconnus dans les différentes disciplines et problématiques abordées.

 

Liliana Alexandre et Sandrine Yodts


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