Cahiers de l'urbanisme

Le domaine universitaire du Sart-Tilman



Comprendre l'installation de l'université de Liège au Sart-Tilman, apprécier son architecture et mesurer les enjeux du développement de ce quartier "hors les murs" de Liège, tel est l'objectif des Cahiers de l'urbanisme. Un numéro spécial, "Le domaine universitaire du Sart-Tilman", sortira de presse en juin.


Photo gratuite
Le domaine du Sart-Tilman comporte aussi des installations sportives

C'est au début des années 50, alors que le nombre d'étudiants était en hausse constante, que le groupe d'architectes-urbanistes "L'équerre" propose de transférer l'université au Sart-Tilman. Installée dès l'origine au cœur de la Cité ardente, sur l'actuelle place du 20-Août, notre Institution n'a en effet cessé de d'aménager ses instituts partout dans la ville : au jardin botanique, rue de Pitteurs, sur la place Delcourt, au quai Van Beneden, sur le site du Val-Benoît. " Elle a perpétuellement besoin d'espace, explique Pierre Frankignoulle, auteur d'une thèse sur "L'ULg dans sa ville 1917-1989 - Etude d'histoire urbaine". Or le prix du m2 à Liège devient dissuasif dans les années 50. "

La décision du transfert de l'Université est ainsi prise en 1959. Nombreux sont ceux qui s'en réjouissent. Tout en permettant les activités scientifiques et académiques, l'ULg maintient le caractère public du domaine qui s'étend sur 760 ha. Elle restaure le site forestier, accueille le Musée en plein air et ouvre des installations sportives. Elle va également - avec l'aide des pouvoirs publics - établir un "cordon sanitaire vert" autour du site pour le protéger des lotissements. A l'inverse de Louvain-la-Neuve, il n'a jamais été question de construire une ville au Sart-Tilman, mais bien de valoriser son cadre naturel.

En conséquence, de manière volontaire et cohérente, les autorités de l'époque se sont toujours opposées à la construction d'une cité étudiante à l'intérieur du domaine, s'éloignant ainsi de façon radicale du modèle des campus américains. Le recteur Marcel Dubuisson et l'architecte coordinateur de l'urbanisme du Sart-Tilman, Claude Strebelle, ne voulaient pas vider la ville de ses habitants. Ils comptaient sur les transports en commun pour assurer les liaisons entre le domaine universitaire et la ville de Liège.

Mais c'est ici que le bât blesse. Aujourd'hui, plus de
20 000 personnes se rendent quotidiennement au Sart-Tilman… en voiture pour la plupart, ce qui a notamment entraîné la destruction de quelques zones boisées. Pour le recteur Willy Legros - qui signe la préface de l'ouvrage - " l'accessibilité du Sart-Tilman est l'enjeu majeur des prochaines années ". Le Pr honoraire Jean Englebert imaginait à cet égard - dès 1970 - des liaisons par train, tram ou ascenseur… afin d'éviter l'asphyxie. " Pourquoi pas ? s'interroge aujourd'hui le Recteur. Le Sart-Tilman pourrait devenir la vitrine technologique belge de nouveaux modes de transport, modernes, efficaces et non polluants. " Car le campus abrite aussi le "LIEGE Science park", lequel compte déjà plus de 60 entreprises high tech.

Reste qu'aux portes de Liège, le Sart-Tilman réalise le double exploit d'offrir au public un site naturel exceptionnel abritant une architecture intéressante et de promouvoir la recherche, synonyme de reconversion.

 

Pa.J.