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Et c'est vrai qu'on la voit multiplier les conférences et les ateliers pour tous âges, écrire des articles dans des revues destinées aux spécialistes ou diffusées dans le grand public. Au cours de ce mois d'octobre, elle fait paraître dans Space Connection (n° 51), revue de la Politique scientifique fédérale, un dossier sur la vie extra-terrestre intitulé "L'Exobiologie et la Complexité".
Pour
l'heure, le grand événement est la publication, aux éditions
Belin, de sa première uvre d'écrivain scientifique.
Sous le titre Les couleurs de l'Univers, elle convie ses lecteurs
à une odyssée originale dans le cosmos : au fil de l'arc-en-ciel
- en déclinant la lumière dans tout l'éventail du spectre
électromagnétique -, elle les familiarise à de nouvelles
astronomie et astrophysique, en pleine révolution.
" C'est un sujet que l'on a peu abordé dans son ensemble,
de façon synthétique, confie-t-elle. On ne se rend
pas bien compte que, depuis 50 ans, on assiste à l'éclosion
d'autres astronomies : la radioastronomie, l'astronomie dans l'infrarouge,
dans l'ultraviolet, dans les rayonnement X, dans les rayons gamma. Les premiers
astronomes ont observé le ciel dans le visible qui n'est qu'une très
petite partie de la lumière. Le champ d'observation est bien plus
vaste dans les autres bandes du spectre. C'est la synergie des diverses
astronomies qui permet de découvrir ces phénomènes
violents et surprenants que sont les pulsars, quasars, trous noirs... Avec
les nouveaux outils d'observation que sont l'astronomie des ondes gravitationnelles
et l'astronomie des neutrinos, l'Univers n'a pas fini de nous étonner.
"
L'ouvrage, abondamment illustré, est à la portée du
grand public. " Un jeune qui commence le secondaire peut en saisir
le contenu. Et il y en a pour tous les goûts : l'historien qui prend
conscience de l'évolution, l'enseignant et l'étudiant désireux
de savoir comment on observe, le technicien auquel on explique la technologie
des détecteurs jusque dans l'espace. J'ai privilégié
le détour par des anecdotes parfois cocasses pour ce voyage dans
les couleurs de l'Univers. "

Photo: Spitzer image
Une région sombre de l'espace ... qui cache une étoile en train de naître
- et qui n'est visible qu'en infrarouge!
Ainsi, elle évoque l'histoire belge du télescope pour TD-1A,
le premier satellite européen d'astronomie :
" C'est à ce jour le seul observatoire qui ait fourni une
vue d'ensemble du ciel dans le rayonnement ultraviolet; je rappelle que
son télescope a vu le jour à l'université de Liège.
"
Théo Pirard
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Mystère "à la liégeoise" : le quasar solitaire Les chercheurs de l'Institut d'astrophysique et de géophysique de Liège (IAGL) s'illustrent régulièrement par des découvertes pour la science mondiale : le phénomène de détérioration de l'environnement atmosphérique, le phénomène des lentilles gravitationnelles, la caractérisation des exo-planètes... L'équipe de Pierre Magain s'est spécialisée dans le traitement numérique de l'image qui permet, "par déconvolution", de tirer parti du moindre pixel. Elle a développé le logiciel MCS (les initiales de Magain-Courbin-Sohy, les trois auteurs), dont l'utilisation sur des images de l'Univers très lointain a donné lieu à une surprenante révélation dans l'hebdomadaire Nature du 15 septembre : l'existence d'un quasar solitaire, auquel on a donné le nom de catalogue HE0450-2958 et qui se trouve à plusieurs milliers d'années-lumière du centre de la galaxie la plus proche. Le quasar, qui est la manifestation lumineuse de l'effondrement d'étoiles au sein d'un énorme trou noir, est l'astre le plus énergétique de tout l'Univers et l'un des plus mystérieux. Voici que les astrophysiciens liégeois Pierre Magain et Géraldine Letawe, en collaboration avec des chercheurs d'instituts en Suisse, Allemagne et France, ont pu constater, en étudiant dans les moindres détails les prises de vue du Hubble Space Telescope sur orbite et du Very Large Telescope au Paranal, que ce quasar n'était pas comme les autres... Jusqu'ici, on notait que chaque quasar, tourbillon de matière échauffée, se trouvait accouplé à une galaxie massive et en perturbait le comportement. Cette fois, on a affaire à un quasar qui est trop éloigné d'une galaxie et qui trahit la présence d'un trou noir... solitaire. Ce qui suscite bien des questions très troublantes. Ce quasar et trou noir solitaires ne seraient-ils pas au cur d'une galaxie invisible, faite de "matière sombre" ? Existerait-il de gigantesques trous noirs solitaires qui se baladent dans l'Univers et comment, lors de la traversée d'une galaxie, seraient-ils capables de lui arracher suffisamment de matière pour se transformer en quasars ? Grâce à sa méthode d'analyse minutieuse, jusque dans le moindre pixel, d'observations des confins de l'Univers, l'IAGL vient d'entrouvrir une nouvelle porte dans la connaissance de l'infiniment grand. |
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