Inspiration

Dans les représentations les plus courantes, la culture est souvent perçue comme un simple ornement, une petite valeur symbolique ajoutée, un luxe en somme. Il suffit de penser à cet égard à la portion congrue qu'elle occupe dans les médias de masse, journaux télévisés en tête, ou à la fonction décorative que lui réservent le milieu des affaires et les banques, toujours friands du moindre supplément d'âme.

Est-il besoin de dire que cette place, trop réduite, fait fi du rôle essentiel qu'elle joue dans la construction personnelle de ceux qui en sont nourris ? Dans nos sociétés démocratiques, si promptes à reprendre l'antienne "les mêmes chances pour tous", tout le monde n'y a pourtant pas accès : une inégalité criante subsiste dans ce domaine. Constat d'autant plus déplorable que celui qui est privé de biens culturels ne s'en rend pas compte. Au contraire de celui, généralement le même au demeurant, à qui manque le minimum matériel pour vivre décemment.

Bref, la culture, inégalement répartie au départ, est un bagage qui ne s'acquiert pas par enchantement. Elle requiert initiation et apprentissage. Certains y baignent dès leur enfance ; d'autres, moins favorisés et condamnés à des plaisirs formatés, n'ont pas l'occasion de se frotter aux œuvres littéraires, aux compositions musicales et aux chefs-d'œuvre artistiques que les siècles antérieurs nous ont légués. Pas question pour eux, a fortiori, d'être interpellés par les productions actuelles.

D'où la mission qui incombe à l'école. Centre de diffusion et sanctuaire de résistance contre l'utilitarisme à tout crin, elle se doit d'enrichir la sensibilité des jeunes étudiants qu'elle accueille et de les aider ainsi à se forger une identité solide. Tout autant que la musique, les lettres et les arts ne contribuent-ils pas à adoucir les mœurs ? Jusqu'à nouvel ordre, ils sont le meilleur rempart contre la barbarie.

Après des années où c'est surtout l'entreprise qui a servi de modèle pour l'Université, le nouveau Recteur a tenu à rappeler dans son discours de rentrée académique que la culture constitue une des priorités de l'Institution dont il vient de prendre la direction. Cette dimension n'enlève évidemment rien à sa vocation de lieu de recherche, de formation et d'enseignement.

Dans cette perspective, on ne peut que se réjouir de l'ouverture, à terme, d'un musée des sciences quai Van Beneden et de la création d'un espace d'expositions place du 20-Août, espace permanent destiné à rendre visibles les trésors artistiques de l'ULg. Laquelle a tout à y gagner, au même titre que le grand public que ces initiatives ne manqueront pas d'attirer.

 

La rédaction