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Photographe
amateur, Jérôme Leboutte n'aime pas forcément voir sa
tête collée sur des clichés. Pourtant, en acceptant
la présidence de la Fédé, cet étudiant de 2e
licence en philosophie devra camper de temps en temps de l'autre côté
du viseur. Alors que certains poussent des cris d'orfraie à l'avènement
d'un nouveau conseil d'administration jugé lapidairement comme "trop-trop
à gauche", cela lui offre au moins une garantie de ne pas sombrer
dans le travers du culte de la personnalité. D'autant que le nouveau
président, au nom d'un sens immanent de la collectivité, a
le mot "assemblée" en permanence sur le bout de la langue.
Le 15e jour du mois : Il aura fallu deux tours de scrutin pour élire l'assemblée générale en avril dernier. Ce manque d'engouement des étudiants n'écorne-t-il pas la légitimité d'une présidence redevenue unique après avoir été bicéphale pendant plusieurs années ?
Jérôme Leboutte : Le premier tour fut effectivement annulé, puisque le quorum de 20% d'étudiants inscrits n'avait pas été atteint, à un demi-pour-cent près. Mais cette diminution du taux de participation est une constante que l'on peut également observer dans les autres universités francophones. A l'UCL, le score est de l'ordre de 35%, ce qui n'est pas beaucoup plus élevé. Il semble en effet que les étudiants s'intéressent moins à leur représentation. Mais il s'agissait des premières élections sous le régime du nouveau décret de participation, dont la mise en application reste encore à améliorer. Pour reprendre l'exemple de l'UCL, les bureaux y étaient ouverts deux jours, contre une courte journée clôturée à 15h en ce qui nous concerne. C'est peu. Pour ce qui est du retour à une présidence au singulier, il s'agissait pour nous de passer outre les simulacres de collégialité dont font habituellement preuve les co-présidents et d'offrir une visibilité plus efficace vis-à-vis de l'extérieur, autour d'un seul porte-parole relayant les décisions d'une assemblée générale plus souveraine.
Le 15e jour : A l'heure où d'anciens membres du conseil d'administration s'alarment à l'idée que la Fédé ait été noyautée par des étudiants d'extrême-gauche et où des problèmes de gestion ont été révélés à la presse, quels sont vos rapports avec l'ancienne équipe ?
J.L. : Il est un fait que six membres du CA sur huit sont membres du Syndicat autonome des étudiants liégeois (Sael), constituant une alliance de candidats de gauche. Mais la tendance au Sael est très majoritairement écolo et socialiste plutôt que trotskiste. Par ailleurs, je ne suis membre d'aucun parti. Quant à savoir si un colorant rouge passera sur la Fédé, c'est à l'assemblée générale de le décider car, dans la mesure où les orientations que nous prenons relèvent d'un débat que nous voulons plus intense, c'est évidemment de la politique. D'ailleurs, Geoffrey Piette, l'un des anciens co-présidents, est toujours membre de l'assemblée. Nos rapports restent courtois mais, sans parler de putsch de notre part, il est clair que nous avons la volonté de marquer une rupture avec les orientations, fortement socio culturelles, de nos prédécesseurs.
Le 15e jour : Quelles-sont alors les grandes lignes de vos propres orientations ?
J.L. : D'abord, améliorer la transparence et la démocratie interne de la Fédé en augmentant le rythme des assemblées qui restent le lieu de débat et l'organe décisionnel prioritaire. Ensuite, nous visons à recentrer notre travail sur des thématiques plus sociales comme la défense du minerval intermédiaire. Cela nous permettra peut-être de nous rapprocher des étudiants, en nous appuyant également sur une véritable permanence au Sart-Tilman, appuyant de meilleures actions de communication sur la campus. Enfin, nous souhaiterions travailler davantage avec les cercles en invitant notamment leurs présidents à nos assemblées générales. Car il est maintenant de notre compétence de trouver des représentants motivés pour occuper les sièges étudiants au sein des conseils des Facultés. Et ce n'est pas encore gagné dans les plus grosses facultés.
F.T.
Photo: ULg - Tilt Houet
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