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Le nouveau champion du monde de Formule 1, Fernando Alonso, doit-il son titre à l'ingéniosité des chercheurs de l'université de Liège ? Sans aller jusque-là, bien sûr, il faut cependant reconnaître que flotte, parmi tous les ingrédients qui ont conduit le jeune Espagnol sur la plus haute marche du podium, l'étendard de l'ULg.
Mise au point
Depuis les changements de réglementation en Formule 1 imposant, entre autres, l'utilisation d'un moteur unique pour deux sessions complètes de grand prix, la fiabilité de la mécanique est assurément un élément primordial dans la course au sacre mondial. La mise au point du moteur est donc essentielle, et c'est à ce niveau que l'équipe réunie autour du Pr Henri-Pierre Garnir intervient. Le moins que l'on puisse dire, c'est que ce partenariat s'est révélé payant : en remportant le championnat du monde "pilote" et "constructeur", l'écurie Renault a réalisé un remarquable doublé.
En étroite collaboration avec la société Delta services industriels (DSI) de Tournai et Renault F1, l'Institut de physique nucléaire, atomique et de spectroscopie (Ipnas) met son savoir-faire et son expérience au service de la Formule 1 de la marque au losange. Cet institut est, en effet, spécialisé dans la préparation des pièces mécaniques dont l'usure sera mesurée grâce à la méthode TLA (Thin Layer Actiavation), laquelle permet de quantifier le degré d'abrasion d'un objet dans une zone préalablement marquée par des radio-isotopes.
Concrètement, par l'intermédiaire d'un cyclotron (appareil capable de projeter des protons à très grande vitesse), les physiciens "activent" en surface des pièces d'un moteur (bielles, pistons, arbres à cames etc.) : ils les rendent - à très faible dose - "radioactives". Une fois ces pièces activées, " deux techniques permettent de mesurer l'usure due au frottement à l'intérieur du bloc moteur, explique le Pr Garnir. Nous pouvons soit tenir compte de la décroissance d'activité de la pièce concernée ou alors mesurer, au contraire, la croissance d'activité induite par les particules arrachées qui se retrouvent dans le liquide lubrifiant. C'est cette deuxième technique, plus aisée et plus précise, qui est le plus souvent utilisée".
Photo: Renault
La méthode TLA représente une avancée fulgurante dans
le domaine de la mise au point. " Avant les motoristes n'avaient
pas le choix : lorsqu'ils testaient un nouveau moteur, ils devaient le démonter
à intervalles réguliers pour mesurer manuellement le niveau
d'usure. Ces tests se terminaient lorsque la mécanique rendait l'âme.
L'atout principal de notre système est qu'il permet, outre un évident
gain de temps, de connaître en temps réel l'usure de différentes
pièces du moteur ", précise encore Henri Garnir,
responsable de l'unité Ipnas.
Souplesse et dynamisme
A côté de cette vitrine technologique que représente la Formule 1, c'est plus généralement avec les constructeurs français que l'équipe de l'université de Liège collabore. Renault et Peugeot-Citroën (PSA) font, en effet, appel aux compétences de l'équipe liégeoise depuis plusieurs années. " En plus de notre sérieux, ils apprécient principalement notre souplesse, se réjouit le professeur, car ils exigent un temps de réponse très rapide. Un petit laboratoire comme ici permet de garder cette dynamique. Mais nous sommes loin d'être saturés, nous pouvons encore grandir... "
L'appel étant lancé, des amateurs pourraient venir pousser la porte du laboratoire au Sart-Tilman. D'autant plus que le prix de l'innovation technologique 2005 de la Région wallonne vient d'être remporté par Delta Service Industrie, partenaire commercial de l'Ipnas. Les augures sont favorables pour les Liégeois.
Jean-François Christiaens
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Contacts : tél. 04.366.37.64, courriel hpgarnir@ulg.ac.be, sites www.ipnas.org et www.deltabeam.net (DSI) |
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