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Le 15 octobre dernier, un laboratoire britannique confirmait la présence d'un orthomyxovirus aviaire de sous-type H5N1 en Roumanie. Depuis 2003, le fléau de la peste aviaire sévit en Asie. Jusqu'à présent, les autorités locales, ne parvenant pas à éradiquer le phénomène, avaient isolé les élevages touchés, évitant ainsi la propagation du virus dans le reste du monde. Mais depuis quelques semaines, de nouveaux cas d'oiseaux infectés ont été détectés en Turquie, en Roumanie et en Russie. En outre, un perroquet malade fut découvert durant une quarantaine en Russie.
" La transmission de la maladie semble pour l'instant se faire selon les voies de migration, explique Didier Marlier, chef de travaux au service de Médecine aviaire et cunicole de l'ULg. Certains volatiles peuvent être infectés mais ne présenter aucun signe clinique : ils peuvent alors se déplacer et contaminer d'autres oiseaux"sur leur route". Néanmoins, la résistance du virus dans des matières organiques (par exemple les fientes) et son transport mécanique par déplacement d'animaux vivants ou morts, de personnes, de matériel en provenance des zones contaminées ne peuvent pas être totalement exclus à ce stade. Une transmission par l'air est également décrite mais est limitée à une transmission entre élevages très proches. " Toutes les mesures d'assainissement des régions atteintes sont mises en uvre : mise en quarantaine pendant les analyses, incinération des animaux infectés, surveillance des volailles avoisinantes, interdiction d'importer des oiseaux provenant de ces zones...
Si
la transmission entre espèces avicoles inquiète les éleveurs,
la contamination de la population est devenue la crainte des Etats européens
et de l'OMS. Le virus peut en effet - dans certaines conditions - être
transmis de l'animal à l'homme. Certes les cas sont peu nombreux
et souvent bénins, le plus souvent une simple conjonctivite. En outre,
il n'y a pas de cas avéré de transmission d'homme à
homme du virus aviaire H5N1 circulant pour l'instant.
Par contre, poursuit Didier Marlier , " la menace la plus inquiétante
est la possible apparition d'un réassortant viral, c'est-à-dire
un"combiné" de la grippe humaine et de la grippe aviaire,
fortement transmissible d'homme à homme avec une pathogénicité
pour l'homme comparable à celle du virus aviaire pour la volaille.
Cela pourrait arriver si un homme grippé entre en contact avec le
virus animal et est donc co-infecté par les deux virus au même
moment. Les conséquences seraient alors considérables : on
pourrait assister à une épidémie comme celle de l'influenza
après la première guerre mondiale. "
A ce jour (ndlr : le 7 novembre), aucun cas de grippe aviaire n'a été détecté en Belgique. Si la prudence est de rigueur, Didier Marlier ne veut pas être trop alarmiste : " Le phénomène est inquiétant parce que la grippe aviaire s'étend de plus en plus et parce que, climatiquement, nous entrons dans une période propice à la grippe humaine, mais parler de pandémie est inapproprié. Pour l'instant, rien ne permet de dire que la maladie va arriver jusqu'à nous, d'autant que de nombreuses mesures sont prises pour tenter de l'éradiquer. "
Sophie Fafchamps
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Mesures de sécurité Le ministère de la Santé tient à rappeler que
le vaccin contre la grippe humaine n'est pas efficace contre la grippe
aviaire. Cependant, les professionnels de la santé et les personnes
confrontées aux oiseaux sont appelés à se faire
vacciner contre la grippe humaine afin de limiter le risque de réassortiment
viral. De plus, la fréquentation des élevages avicoles
est interdite aux personnes extérieures. Dans les zones naturelles
sensibles, les oiseaux domestiques ne peuvent entrer en contact avec
les oiseaux sauvages. Les pays contaminés sont, dans la mesure
du possible, à éviter. Contacts : Pr Etienne Thiry, tél. 04.336.42.63, ou Didier Marlier, |
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