Les profs au tableau

Création de l'Institut de formation et de recherche en enseignement supérieur

Conscient du rôle de la pédagogie à l'Université et désireuse de se mettre en conformité avec le décret "Bologne" (mars 2004) impliquant l'organisation d'un Centre de didactique supérieure dans chaque Académie, le conseil d'administration de l'ULg du 19 octobre a porté sur les fonts baptismaux l'Institut de formation et de recherche en enseignement supérieur (Ifres). Rencontre avec l'un de ses artisans, le Pr Jacques Boniver.

Le 15e jour du mois : Quelles sont les missions du nouvel Institut ?

Jacques Boniver : Les objectifs de l'Ifres sont d'organiser des activités de pédagogie de l'enseignement supérieur universitaire et non universitaire, et ce en mettant en place des activités d'enseignement, en offrant des services et en stimulant la recherche dans ces domaines.

Le 15e jour : Des initiatives avaient déjà vu le jour en la matière. Pourquoi créer un Institut ?

J.B. : Notre Université n'a pas attendu l'injonction gouvernementale pour proposer aux enseignants du supérieur une formation pédagogique. En faculté de Psychologie et des Sciences de l'éducation existe un cursus spécifique - le DES Formasup - et un laboratoire, le Labset, qui s'est impliqué avec succès dans l'enseignement à distance (e-learning). Le Smart apporte en outre son expertise quant à l'évaluation de l'enseignement et des étudiants. Par ailleurs, la faculté de Médecine s'est beaucoup investie au cours de ces cinq dernières années dans une réforme intégrale de sa pédagogie. De plus, le Centre interfacultaire de formation des enseignants (Cifen) organise, sous l'autorité du Pr Bernadette Mérenne, le certificat d'aptitude pédagogique approprié à l'enseignement supérieur (Capaes). Toutes ces initiatives sont intéressantes et il a paru judicieux de les fédérer au sein d'un Institut indépendant des Facultés, relié directement au conseil d'administration. Mais à terme, et ce dans l'esprit du décret "Bologne", l'Ifres dépendra vraisemblablement de l'Académie.

Le 15e jour : Quels sont ses enjeux ?

J.B. : Deux axes sous-tendent la structure de l'Institut : la formation et les services. Dans le premier volet se développera le Centre de didactique supérieure (CDS). Selon le décret de Bologne, chaque Académie doit organiser un tel centre dont les missions sont de trois ordres : conseiller, encadrer et former les enseignants qui s'adressent aux étudiants primants, c'est-à-dire les professeurs donnant cours en première année du premier cycle, celui de bachelier.

Avant d'établir un programme précis, le Pr Mérenne - qui dirigera le CDS - se propose de faire un tour d'horizon des enseignants de premier bachelier afin de répondre aux besoins exprimés. Des séminaires de réflexion sur la problématique elle-même et des ateliers confrontant les expériences des enseignants constitueront l'aspect "recherche" du CDS, Bernadette Mérenne travaillant déjà dans ce cadre avec les Facultés universitaires en sciences agronomiques de Gembloux. L'Ifres intègrera bien sûr le Capaes et créera, dès la rentrée 2007, dans le cadre de l'Académie, le master complémentaire en pédagogie de l'enseignement supérieur sur la base du DES Formasup existant. L'Ifres s'efforcera aussi de stimuler les innovations pédagogiques dans les Facultés en leur proposant son aide par exemple, grâce à l'expertise acquise par les professeurs de la faculté de Médecine. Le deuxième volet consacré aux "services" comprendra les activités du Smart pour l'évaluation et du Labset pour l'enseignement à distance.

Le 15e jour : Pensez-vous que la pédagogie aujourd'hui mise en œuvre en Médecine soit applicable dans toutes les Facultés ?

J.B. : Certainement. Aujourd'hui, cette méthode est adoptée également en pharmacie et en dentisterie. Par ailleurs, je sais que les universités de Maastricht, de Rouen ou de Sherbrooke au Canada ont opté pour une réforme de ce type dans différentes filières d'études. L'acquis le plus positif de ce changement étant incontestablement la constitution d'équipes d'enseignants veillant à la cohérence des matières ou à la lisibilité des programmes. Tout le monde y gagne ! Ce sera certainement un beau sujet de débat pour l'Ifres dans les prochaines années.

 

Propos recueillis par Patricia Janssens