Parcours

Le vice-Recteur Albert Corhay s'est installé il y a quelques semaines place du 20-Août


Photo: ULg-Tilt Houet

Le 15e jour du mois : Vous rentrez du Tchad et vous repartez en Afrique du Sud et au Congo. Est-ce ainsi que se dessine la fonction de vice-Recteur ?

Albert Corhay : Non, pas vraiment. Même si mes voyages en Afrique paraissent assez habituels, c'est partiellement circonstanciel. Pour ce qui est de l'habituel, je coordonne dans le cadre de mes fonctions de professeur un DEA en sciences de gestion à l'université d'Abomey Calavi au Bénin avec le Pr François Pichault et, à ce titre, je me rends à Cotonou une fois par an pour y dispenser un cours. J'ajoute encore que j'ai des contacts fréquents avec le Liban dans le cadre de collaborations financées par l'AUF. Cette année, il se fait que j'ai eu le privilège de faire partie du jury d'agrégation en sciences de gestion du Conseil africain et malgache pour l'enseignement supérieur, qui s'est réuni à N'Djamena, au Tchad. Quant à mes autres déplacements à l'étranger, ils sont liés à mes nouvelles fonctions qui me conduiront là où le Recteur n'a pas le temps de se rendre et où il faut que les autorités soient représentées, ce qui a déjà été le cas à plusieurs reprises. Il est certain que la nouvelle équipe rectorale compte bien intensifier les activités de collaboration de l'université de Liège dans les prochaines années, et dans ce but, le Recteur a décidé de se faire aider par un conseiller aux relations internationales.

Le 15e jour : Pouvez-vous nous résumer votre parcours académique ?

A.C. : J'ai obtenu une licence en administration des affaires en 1978 et ai commencé, début 1979, ma carrière au service du Pr Christian De Bruyn comme chercheur dans le domaine des méthodes quantitatives de gestion. Ensuite, et après avoir réalisé une maîtrise en administration des affaires (1981), j'ai travaillé comme chef de projet informatique à Tubemeuse puis suis revenu à l'ULg en 1984 en tant qu'assistant chez le Pr Pierre-Armand Michel, au service d'analyse financière, et ai présenté l'année suivante le concours du Collège interuniversitaire pour les sciences du management afin d'obtenir une bourse d'études doctorales. Cette bourse m'a permis d'entreprendre et de décrocher un Ph.D. en économie financière à l'université de Cambridge. J'ai été ensuite nommé 1er assistant au service d'analyse financière en 1990, chargé de cours en comptabilité et finance en 1991 et puis professeur ordinaire en 1999. Je suis actuellement professeur à HEC-Ecole de gestion de l'ULg. Parallèlement à cela, j'ai occupé un poste académique au département de finance de l'université de Maastricht depuis 1990 et ce, jusqu'à mon entrée en fonction au vice-rectorat. J'ai dû en effet suspendre mes activités d'enseignement à Maastricht tout en conservant mon statut, mais à titre honoraire, car je souhaitais garder un pied dans cette institution que je connais bien et avec laquelle l'ULg nourrit de grands desseins.

Le 15e jour : Un parcours qui se double de responsabilités administratives...

A.C. : Effectivement. De 1996 à 2002, j'ai été président du conseil des études en administration des affaires (EAA). C'est une fonction très prenante qui nécessite une connaissance approfondie des programmes de cours et qui demande énormément de disponibilités vis-à-vis des étudiants. J'ai aussi été élu président de l'EAA en 1997. A ce titre, j'ai pris part au bureau facultaire de la faculté d'EGSS où se prenaient la plupart des décisions importantes concernant la Faculté. Par ailleurs, j'ai effectué un passage au conseil d'administration de l'Université pendant l'année académique 2001-2002, avant de laisser mon siège de président de département à Yves Crama, et de devenir Doyen de la Faculté en octobre 2002. J'ai occupé ce poste jusqu'au 31 décembre 2004, date à laquelle la Faculté a disparu pour faire place à l'Institut des sciences sociales et humaines, ainsi qu'à la nouvelle Ecole de gestion issue de la fusion entre l'Ecole d'administration des affaires ou département de gestion de la Faculté avec HEC.

Le 15e jour : Avez-vous déjà défini vos priorités ?

A.C. : Je me permets de rappeler les quatre thèmes que le Recteur et moi-même avons évoqués avant notre élection : la recherche, l'enseignement dans une université publique et complète, l'épanouissement personnel et sa contribution au prestige et développement de l'ULg, et enfin le rôle économique et culturel de notre Alma mater dans sa région. Ces thèmes n'ont pas bien sûr tous la même priorité, mais nous avons déjà quelques projets en chantier. Je ne reviendrai pas sur l'incitation au multilinguisme. Par contre, l'ULg, dont le visage a changé depuis quelques années, doit encore confirmer son assise dans la région, tant en recherche qu'en enseignement. Nous devons faire vivre notre Académie et relancer le Pôle mosan, car le rapprochement des universités avec les Hautes Ecoles est inscrit dans le ciel de la Communauté française. Dans cette optique, nous resserrons encore les liens avec la Haute Ecole Charlemagne, en collaboration avec la Faculté universitaire des sciences agronomiques de Gembloux ainsi qu'avec la Haute Ecole Schuman, en province de Luxembourg cette fois. Ce processus est sans nul doute au cœur du mandat des nouvelles autorités.

 

Propos recueillis par Patricia Janssens