Plan Marshall

Les universités actrices de la croissance wallonne

Pour relancer son économie, la Wallonie mise sur des actions prioritaires condensées dans le célèbre (mais mal nommé) "Plan Marshall wallon". Au cœur du dispositif : une combinaison étroite entre les entreprises et les universités afin de créer de nouvelles activités économiques profitables à la croissance wallonne. Un milliard d'euros est en principe mobilisé par le gouvernement wallon pour les quatre prochaines années afin de financer des projets répartis dans cinq axes.

Pôles de compétitivité

La création de pôles de compétitivité est le plus médiatisé de ces axes. Cinq domaines stratégiques ont été définis : les sciences du vivant, l'agroalimentaire, l'ingénierie mécanique, le transport-logistique et la mobilité, l'aéronautique et le spatial.

Comment les universités vont-elles articuler leurs actions dans ce Plan Marshall ? Rappelons d'abord que l'idée n'est pas neuve : les industriels et les universitaires travaillent déjà ensemble depuis quelques années dans des grappes technologiques (les clusters). Ils se connaissent bien et, avec les pôles, c'est un peu comme si le gouvernement les incitait à enclencher la 4e vitesse dans leurs relations, en les structurant mieux autour des domaines qui paraissent réellement les plus porteurs pour l'avenir de la région.

Annoncé à la rentrée à grands renforts de publicité, le plan doit rapidement se concrétiser pour créer un climat de confiance dans la population, chez les entrepreneurs, etc. Le gouvernement a immédiatement demandé aux opérateurs de s'organiser. Leur première mission est de fixer leur mode de gouvernance (les structures de gestion) et de sélectionner les thèmes porteurs (pas plus de trois ou quatre par domaine).

De leur côté, les Recteurs, très conscients de l'importance des enjeux, ont décidé en septembre dernier de s'unir et de structurer leur participation en désignant une seule université coordinatrice du potentiel scientifique wallon par pôle de compétitivité. C'est ainsi que l'ULg assurera la coordination interuniversitaire pour les pôles aéronautique et spatial (pro-recteur Willy Legros) et transport-logistique-mobilité (Luc Etienne), tandis qu'elle délègue des représentants dans tous les autres pôles : Claude Jamar dans le premier, Alassane-Ballé Ndiaye dans le deuxième, Pr Joseph Martial et Isabelle Rausin dans le pôle biotechnologie-santé, le doyen Pierre Lekeux et Valérie Debois pour l'agroalimentaire et Pierre Duysinx et Michel Saint-Mard pour l'ingénierie mécanique. Il est à noter que l'ULg a choisi de faire bénéficier chaque académique d'une expertise "technique", généralement celle d'un membre de l'Interface Entreprises-Université qui connaît déjà bien le secteur en question et ses acteurs.

Les pôles de compétitivité seront mis en place en mars 2006 au plus tard. C'est alors que les appels à projets seront lancés. Le choix sera très sélectif car si la Région wallonne investit des moyens supplémentaires (280 millions d'euros sur quatre ans pour les pôles de compétitivité), ceux-ci restent limités. " Le but, rappelle Michel Morant, directeur de l'Interface Entreprises-Université, est de créer rapidement une dynamique nouvelle, un effet d'engrenage pour aller vers une masse critique suffisante, qui renforce à terme la visibilité internationale de la Wallonie dans les cinq domaines ciblés. "

Stimulation technologique

Un autre axe du Plan Marschall vise à doper la recherche et l'innovation en Wallonie. 150 millions d'euros seront consacrés à des initiatives nouvelles comme l'engagement de nouveaux chercheurs "Fria", la mise en place de programmes d'excellence et mobilisateurs ou l'aide à la création de spin-offs et de spin-outs.

La volonté est aussi de coordonner davantage les nombreux outils d'intermédiation technologique et scientifique qui existent déjà dans les différentes provinces. La coordination de cette mission est notamment confiée pour l'ULg à Michel Morant. Elle aboutira à la création de l'Agence wallonne de stimulation technologique, basée sur les réseaux en place actuellement et offrant toute la palette des services. " Cette agence unique, explique Michel Morant, devra forger l'image technologique pour l'ensemble de la Wallonie. " Sur la base des recommandations d'action Prométhée, les métiers et les opérateurs de cette agence unique sont d'ores et déjà identifiés (valorisation de la recherche, guidance technologique, sensibilisation à l'innovation). Sa mise en place motivera plus d'entreprises à se tourner vers l'innovation et les aidera très concrètement dans leurs démarches, l'accès aux réseaux et aux services.

 

Didier Moreau

Le document "Actions prioritaires pour l'Avenir wallon" (nom officiel du Plan Marshall) est téléchargeable sur le site http://gov.wallonie.be/code/fr/text.asp