Autopsie

Une baleine à bosse échoue à l’ULg


Photo: Vincent Ardies

Dimanche 5 mars, une baleine à bosse fut retrouvée morte à proximité du port de Nieuport. Arrivée sur place, l’équipe de Thierry Jauniaux commença l’autopsie mais, à cause de la marée montante, elle dut se résoudre à emmener les pièces intéressantes à la faculté de Médecine vétérinaire de Liège.

Deux tonnes de morceaux furent découpés, dont la tête de l’animal, et analysés à l’ULg. Le reste du corps fut envoyé vers le clos d’équarrissage avec la collaboration de la Protection civile. Quelques pièces osseuses seront conservées au musée d’anatomie de la Faculté et mises à la disposition des étudiants. L’autopsie a révélé que le cétacé était en bonne santé. Les chercheurs ont trouvé une couche de graisse importante et du contenu alimentaire dans l’intestin, ce qui indique que le mammifère marin a très probablement succombé à une collision avec un bateau, d’autant que de nombreux hématomes parsèment le corps et que des fractures affectent les membres antérieurs.

« De nombreuses baleines viennent de l’Atlantique se perdre dans les méandres de la mer du Nord, explique Thierry Jauniaux. Ces animaux restent parfois longtemps en surface, sans bouger ou presque, ce qui constitue un vrai danger car les bateaux ne les distinguent pas et dès lors ne peuvent les éviter. » L’expansion du transport maritime menace à l’évidence les grands cétacés : selon le chercheur, les polluants déversés en mer tuent moins que les filets des pêcheurs...

Un événement rare

Sur le tronçon de côte surveillé et qui s’étend sur plus de 150 km (France, Belgique et Pays-Bas), il y a en moyenne un cas similaire par an. Pourtant, l’échouage d’une baleine reste tout de même un événement impressionnant, a fortiori lorsqu’il s’agit d’une baleine à bosse, espèce rarissime dans la région. En 15 ans, le Dr Jauniaux souligne que c’est seulement la seconde fois qu’il a l’occasion d’autopsier une baleine à bosse avec la collaboration du céto-club de l’ULg.

 

Junior Akotschi