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Certains milieux flamands remettent aujourd’hui en doute les compétences du Prince Philippe, amené à succéder à son père. Il n’en faut pas plus pour faire frétiller les moustaches du Pr Francis Balace (histoire contemporaine), « patriote et monarchiste », qui a livré au Soir (27/3) une interview avec sa verve habituelle. Rappelant que le roi est le seul citoyen belge à jurer de défendre l’intégrité du pays, il estime que le souverain et son successeur sont dans leur rôle lorsqu’ils dénoncent les dangers du séparatisme. On ne voit tout de même jamais un prêtre monter en chaire et dire que Dieu n’existe pas ! Et Philippe, sera-t-il un bon roi ? Philippe est le seul Belge auquel on demande d’être bon en tout ! Il doit être ingénieur commercial de luxe, connaître toutes les têtes des patrons de PME , être un parfait constitutionnaliste , être un chef militaire exceptionnel, un paracommando et un pilote de chasse… On ne demande à personne de faire tout ça ! On ne lui pardonne rien ! Tous les coups sont portés contre lui parce qu’il est le maillon fort de la dynastie. Et non le maillon faible !
Les derniers chiffres du chômage ne montrent rien de très neuf dans le royaume : légère diminution en Wallonie mais avec un lourd volume de demandeurs d’emploi, relative stabilisation à Bruxelles et nette baisse en Flandres. Pourtant pour Jean-Pierre Voos, chargé de cours HEC-ULg, on peut lire les chiffres autrement : nous dirons que la Wallonie et Bruxelles ont un énorme réservoir de main d’œuvre disponible, particulièrement au niveau des jeunes et que la Flandre, voyant fondre ses ressources de population active, dispose désormais là d’un énorme vivier alternatif de moyens humains qu’elle ne semble pas assez exploiter. Vu comme ça, effectivement …
Mais la thèse de J.-P. Voos, dans une carte blanche parue dans La Libre Belgique (29/3), est d’inciter les différents services en charge de l’emploi et de la formation à s’échanger davantage les informations, plutôt que multiplier les mesures. Cet appel à l’échange d’informations et au renforcement de l’attractivité de certaines filières paraît d’autant plus urgent, à la lumière des nouvelles contraintes qui pèseront sur les entreprises en restructuration, notamment avec la mise en place des ASBL et nouvelles “cellules d’emploi” qui devront, demain, être mises sur pied et fonctionner au moins 6 mois pour reclasser les travailleurs excédentaires en dialoguant avec des instances publiques.
Les prochaines élections communales sont programmées en octobre. Plane déjà le spectre de l’extrême-droite, en Flandre bien sûr où l’on observera les scores du VB à Anvers et dans d’autres communes (avec le maintien ou non du « cordon sanitaire »), mais aussi en Wallonie, où de derniers sondages indiquent une progression dans l’électorat. Les situations ne sont cependant pas identiques de deux côtés de la frontière linguistique, comme le note le politologue Pierre Verjans dans une interview au journal La Meuse (28/3). Les sondages représentent un électorat important alors qu’il n’y a pas de parti, pas de programme, pas de leader. Il n’y a rien, juste un électorat. En Flandre, un groupe de leaders connaît très bien le système politique. En Wallonie, il y a une opinion qui se fabrique sur la base du rejet du système. C’est, pour moi, au moins aussi inquiétant que le succès du Vlaams Belang jusqu’à ce jour.
D.M.
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