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Composante récente de la psychopathologie, la psychopathologie cognitive se propose d’utiliser les concepts et les méthodes de la psychologie cognitive, et plus généralement des sciences et neurosciences cognitives, afin d’étudier les dysfonctionnements de type émotionnel et relationnel qui accompagnent les états pathologiques. « Le terme “ cognition” englobe toute une série d’aspects, explique Frank Laroi, assistant au sein de l’unité de psychopathologie cognitive. Nous distinguons notamment les déficits et les biais cognitifs, ainsi que les croyances dysfonctionnelles. Les premiers désignent des perturbations des fonctions de base comme la mémoire ou les fonctions exécutives, anomalies non influencées par le contenu de l’information traitée : ne pas se souvenir du contexte dans lequel nous avons entendu une nouvelle, par exemple. En ce qui concerne les biais (d’attention, de mémoire ou de jugement), ils renvoient aux situations dans lesquelles les personnes traitent préférentiellement certaines informations – celles relatives au danger notamment – par rapport à d’autres. Enfin, les croyances dysfonctionnelles constituées d’un ensemble complexe d’associations entre concepts, stockées en mémoire à long terme, modulent le fonctionnement affectif et relationnel : si je pense qu’une erreur peut me valoir l’ostracisme de mes collègues de bureau, mon attitude à l’égard du travail peut devenir très crispée. Ces trois types de troubles cognitifs peuvent s’exprimer de façon consciente ou non. »
Cette démarche novatrice et originale se traduit, pour les chercheurs, par une collaboration avec d’autres services universitaires comme le centre du Cyclotron entre autres, lequel réalise de nombreux travaux de neuro-imagerie.
Le cas de la schizophrénie
Parmi les patients, les schizophrènes présentent une série de carences et connaissent de graves problèmes de mémoire, ce qui engendre bien évidemment des répercussions négatives dans la vie quotidienne. « Eprouver des difficultés à suivre une conversation peut avoir pour effet d’être exclu d’un groupe d’amis », poursuit le chercheur. Mettre au point de nouvelles techniques favorisant l’autonomie de ces patients est l’objectif d’un projet Interreg auquel participe, depuis 2003, l’unité de psychopathologie cognitive, le CHU de Liège et les hôpitaux universitaires de Strasbourg et de Luxembourg. « Nous utilisons quelques méthodes particulières pour tenter de faciliter l’apprentissage, continue Frank Laroi. Les patients obtiennent ainsi progressivement une meilleure capacité mnésique et une plus grande confiance en eux. »
L’efficacité de ces interventions est-elle reconnue? « Pour le moment, nous sommes très satisfaits des résultats, conclut Frank Laroi. Il faut maintenant voir si les améliorations se généralisent dans la vie quotidienne et évaluer dans quelle mesure les patients utilisent spontanément les stratégies et techniques acquises chez nous. »
Sophie Fafchamps
Martial Van der Linden et Grazia Ceschi, Traité de psychopathologie cognitive, Marseille éditions Solal ( à paraître)
Colloque au château de Colonster le 29 avril Contacts : courriel michel.hansenne@ulg.ac.be Conférence le 12 mai Contacts : courriel flaroi@ulg.ac.be |
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