Echo

Réfugiés environnementaux

Cet été, le journal Le Soir a ouvert ses colonnes à de jeunes chercheurs universitaires, en leur donnant la possibilité de publier des cartes blanches sur des sujets les plus divers. Parmi eux, François Gemenne, aspirant du FNRS, doctorant au Centre d’études de l’ethnicité et des migrations (Cedem) de l’ULg, s’est penché (8/8) sur la question des “réfugiés environnementaux”, c’est-à-dire ces personnes qui, en raison des changements climatiques, se trouvent dans l’obligation de migrer pour se mettre à l’abri. François Gemenne prend comme exemple l’archipel de Vanuatu, dans l’océan Pacifique sud, là où TF1 enregistre les épisodes du jeu de téléréalité Koh-Lanta. Si le lieu est exotique à souhait, ce que l’on sait moins, c’est que l’archipel, qui compte 211 000 habitants, est l’un des premiers à voir l’une de ses communautés forcées de se déplacer à cause du changement de climat. Les habitants d’une centaine de villages ont ainsi dû trouver de nouveaux logements sur des terres plus hautes à l’abri des inondations. L’exemple n’est pas anecdotique. En Afrique subsaharienne, en Alaska, ... des populations entières ont commencé à migrer pour des raisons climatiques, insiste François Gemenne. Certains experts évaluent à 50 millions le nombre de ces “migrants” d’ici à 2010. Ces migrants ne sont pourtant pas des “migrants” au sens de la Convention de Genève. Dès lors, n’étant pas “réfugiés”, ceux-là ne peuvent prétendre à un quelconque statut ou à une protection particulière, explique François Gemenne. Paradoxalement, alors que leur nombre ne cesse d’augmenter, le nombre de réfugiés “conventionnels” ne cesse, lui, de baisser, pour atteindre aujourd’hui son plus bas niveau depuis 1980.

Binge drinking

Emmanuel Pinto, docteur en médecine de l’ULg et psychiatre au CHU, avait déjà mis en garde contre le phénomène de l’alcoolisation excessive mais espacée, ce que l’on appelle le “binge drinking”, caractéristique du milieu estudiantin (voir son interview sur www.presse.ulg.ac.be/eld). Dans une carte blanche au Soir (30/8), son collègue Pierre Maurage, doctorant en psychologie à l’UCL, confirme le danger du phénomène : il peut mener à des problèmes d’attention, de concentration, voire pire à des lésions au cerveau, et être la meilleure porte d’entrée vers l’alcoolisme chronique ! Les recherches récentes prouvant les effets délétères du “binge drinking” devraient mener chacun à réévaluer sa position au sujet de l’alcool, et devraient conduire les instances politiques universitaires et médicosociales à mettre en œuvre des réactions préventives et curatives marquées, conclut-il.

D.M.

 

D.M.