Résister au feu

Nouvelle station d’essai


La météo a voulu que l’ULg choisisse l’un des jours les plus chauds de l’année pour présenter sa nouvelle station d’essais au feu au Sart-Tilman ! Pourtant, le 3 juillet dernier, dans la vaste enceinte de béton de la nouvelle halle, la fraîcheur de l’air contrastait avec la canicule extérieure. Las ! Il n’a fallu que quelques minutes d’un test de démonstration spectaculaire sur des vitrages high tech de Glaverbel pour inverser les courbes de températures et transformer la halle en four, amenant inexorablement le public, dont la ministre Simonet et le recteur Rentier, à rechercher à l’extérieur un air paraissant soudainement plus respirable.

Si la station est nouvelle, le mariage de l’ULg avec le feu remonte déjà aux années 70. A l’époque, sur le campus du Val-Benoît, les ingénieurs de notre Alma mater ont commencé à étudier et simuler le comportement des matériaux soumis au feu. De ces études est sorti le logiciel Safir, constamment amélioré et qui est aujourd’hui une référence internationale, utilisée par exemple par la Princeton University. Parallèlement aux études théoriques et numériques, le besoin s’est très vite fait sentir de disposer d’une infrastructure permettant de réaliser des tests en conditions réelles. Dès la fin des années 70, l’Université disposait ainsi au Val-Benoît d’un premier four. Depuis lors, les contacts avec les industriels, les PME et les services publics de prévention n’ont cessé de se multiplier. A la fin des années 90, la faculté des Sciences appliquées a réalisé sa migration au Sart-Tilman, et grâce à des fonds de la Région wallonne, du Feder et du FNRS pour un montant de près d’un million d’euros, une station d’essais... flambant neuve a pu être aménagée.

Combinant essais et études, cette nouvelle station est unique en son genre en Wallonie. Fonctionnelle depuis quelques mois, elle réalise entre 30 et 50 tests par an et compte déjà 140 clients dont plus du tiers à l’étranger (France, Allemagne, Espagne, Finlande etc.). « Nous pouvons désormais offrir à nos clients la gamme complète des essais », se réjouit le Pr Jean-Claude Dotreppe, président du département mécanique des matériaux et structures, responsable académique du laboratoire d’essais. « Nos contacts sont dans l’industrie mais surtout dans les PME, pour lesquelles nous réalisons les tests de résistance dont elles ont besoin pour certifier leurs produits aux normes anti-incendie. » Au-delà des tests, le laboratoire intervient aussi pour une mission de conseil auprès des entreprises. « Nous les aidons, par exemple, à appréhender la problématique des normes anti-incendie, matière de plus en plus complexe », souligne Eric Wellens, ingénieur responsable de la station.

Au service des entreprises, la station l’est aussi pour la région et son redéploiement. Elle veut être un outil pour tester les nouveaux matériaux qui sont et seront mis au point, dans la construction ainsi que dans d’autres secteurs. En effet, on assiste à un renforcement des normes anti-incendie au niveau européen. Certains produits déjà certifiés devront subir de nouveaux tests tandis que de jeunes matériaux se verront imposer un parcours plus contraignant. Les perspectives sont donc bonnes pour une infrastructure qui a déjà fait la démonstration de son intérêt, et qui est désormais pleinement engagée dans le processus de sa propre accréditation au niveau européen.

Didier Moreau

Contacts : tél. 04.366.91.38, courriel e.wellens@ulg.ac.be